La Manche Apicole

AU FIL DES MOIS… NOVEMBRE et DECEMBRE 2025

 

Frelon en prédation
Installation de pièges dans les ruchers-écoles

Un début d’automne marqué par le vent, la pluie et une relative douceur, ce qui aura permis à nos petites protégées, pour celles qui n’ont pas trop subi les assauts du frelon asiatique, de faire le plein de pollen et de nectar sur le lierre qui a fleuri en abondance, deux éléments indispensables pour favoriser la relance de l’élevage vers le 15 janvier. À la fin du mois d’octobre, pratiquement 7000 nids de frelons asiatiques ont été recensés, avec pour conséquences une prédation intense sur certains ruchers et des abeilles qui ne sortent plus, même si la météo est clémente. Il va falloir être très vigilant pour apporter des compléments alimentaires à nos abeilles, sous forme de pains de candi et/ou de pâte protéinée, si vous voulez qu’elles aient suffisamment d’éléments nourriciers pour redémarrer la saison 2026.

Candi posé sur le couvre cadre
Candi posé directement sur les cadres

Une mise en place de harpes, pièges sélectifs « dernière génération » et muselières a eu lieu dans les ruchers-écoles pour les protéger et contrer l’assaillant, et en ce début d’automne, nous avons constaté que les colonies y étaient plutôt en forme avec de belles populations.

Harpe et muselière au rucher-école de St Hilaire

Même si vous le savez déjà, il faut impérativement que les colonies aient entre 15 et 18 kg de provisions pour passer cette période hivernale dans de bonnes conditions, un pain de candi peut être posé car il est trop tard pour donner du sirop de nourrissement. Nous allons rentrer dans la trêve hivernale et il faudra attendre maintenant le mois de janvier pour voir l’éclosion des premiers chatons de noisetiers, le premier pollen qui symbolisera la reprise de l’élevage.

Traitement varroa. Si vous avez traité avec une molécule de synthèse (Apivar ou Apitraz) juste après la récolte, les 12 semaines sont maintenant écoulées (ou presque). Il faut absolument retirer les lanières car les laisser trop longtemps ne ferait qu’apporter une pollution certaine à la cire et favoriserait l’accoutumance pour les varroas à la matière active. Profitez d’une belle journée comme nous en avons en ce moment pour ouvrir les ruches et les enlever. Par ailleurs, il faut toujours manipuler les lanières avec des gants. Un conseil : ne plus manipuler les cadres, source de refroidissement de la colonie, recherchez plutôt à leur apporter un maximum de confort thermique.

Isolation des ruches. Dans la nature, l’abeille se satisfait de l’endroit qu’elle a trouvé et choisi pour s’installer, mais comme chacun le sait, la chaleur a tendance à monter et le fait de poser une plaque isolante type Apifoam sous le toit (certains la collent), permettra de conserver la chaleur. En plus de cette précaution, vous pouvez également poser directement sur le dessus des cadres une plaque « Isoruch », composée d’aluminium et de bulles d’air, idéale pour faire un barrage au froid, sachant que l’aluminium a la particularité d’être réflecteur, donc de renvoyer la chaleur qui voudrait s’échapper…

Film réfléchissant directement sur les cadres

 

Entretien du rucher. C’est la période où vous allez pouvoir élaguer si nécessaire l’environnement de votre rucher, rajouter des plots si vous souhaitez l’agrandir, passer un dernier coup de tondeuse ou de débroussailleuse pour être prêt au printemps.

Entretien du matériel. Profitez de ces mois de répit pour nettoyer tout le matériel qui a déjà servi ; pour tous les éléments en bois et en métal, type grille à propolis, utilisez la flamme d’un chalumeau pour détruire tous les spores et bactéries. Pour tout le matériel en plastique, utilisez en dilution un verre de 250 ml d’eau de Javel à 2,6° dans 1 litre d’eau, concentration suffisante pour être efficace. Cette préparation sera à utiliser dans les 24 heures après la préparation (la manipulation de l’eau de Javel doit se faire avec précaution).

Commande de matériel. C’est le bon moment, les fournisseurs peuvent davantage  satisfaire leur clientèle car en pleine saison apicole, c’est l’euphorie et les délais peuvent être longs. L’hiver, on peut également trouver du matériel d’occasion. Pour les ruches et les ruchettes, le temps de séchage peut être long avec certaines peintures, il est donc intéressant de les acquérir dès le début de l’année. Si le bois de construction utilisé est de bonne qualité (type douglas), il n’est pas nécessaire de les peindre, vos ruches vont « griser » et elles seront aussi résistantes que si elles avaient été peintes. Avantage de les laisser en bois brut, les ruches seront plus facilement dissimulées dans l’environnement, et ainsi les tentations moins grandes de se les faire voler…

Réservation des essaims. Pas toujours facile d’en trouver dans notre département. Là aussi, si vous en avez besoin, il faut les réserver le plus tôt possible ; ce sera trop tard quand les beaux jours reviendront. Attention à leur provenance, un commerce avec des essaims venant de pays étrangers se pratique, essayez de rester local et achetez au juste prix…

Avec les coups de vent de plus en plus fréquents, n’hésitez pas à passer une fois par semaine sur votre rucher, pour s’assurer que tout est en bon ordre.

Déclaration d’emplacement des ruchers : à faire obligatoirement avant le 31 décembre !

http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr/demarches/exploitation-agricole/obtenir-un-droit-une-autorisation/article/declarer-la-detention-et-l-294

Passez de joyeuses fêtes de fin d’année et rendez-vous maintenant en janvier.

 A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *

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