La Manche Apicole

AU FIL DES MOIS… AVRIL 2026

Fleur de Camélia

Nous avons connu une météo assez clémente sur l’ensemble du mois, avec une dizaine de jours où des pics de température ont été constatés et une fin de mois plutôt fraîche. Durant les belles journées, ce fut le moment d’ouvrir quelques ruches pour constater un très bon développement pour certaines colonies, 5, 6, voire 7 cadres de couvain pour les plus fortes… alors que d’autres avaient du mal à « décoller ».

Après quelques visites succinctes, force est de constater que l’homogénéité sur l’ensemble du rucher n’était pas de mise : maigre ressource en pollen qui facilite le relancement de la ponte, provisions très peu fournies pour quelques-unes, un apport en candi a été indispensable… Ne négligez pas cet aspect, vous pourriez le regretter et une colonie morte de faim, c’est un acte impardonnable que vous regretterez. Certaines colonies ont beaucoup souffert des attaques du frelon asiatique l’an passé et elles ont besoin de l’apiculteur…

Candi posé sur le couvre cadre

Visite de printemps. Attention avant de faire votre visite complète de printemps, pas d’affolement, laissez les températures atteindre les 16° sur quelques jours, en prévoyant de la faire sans vent, qui peut dessécher le couvain ouvert. C’est le moment pour remplacer vos cadres de rive, pas plus de deux, où des moisissures sont apparues durant ces mois d’hiver. Utilisez des cadres cirés avec votre propre cire gaufrée ou des cadres à jambage pour ceux qui ont fait ce choix, ils seront à placer entre le cadre à pollen et celui du couvain. Numérotez-les, par exemple 26 pour cette année, et lorsqu’ils seront construits et pondus, toujours par une belle journée, les replacer au centre du nid à couvain.

Numéroter les nouveaux cadres 26 pour cette année

Pourquoi ces ajustements ?  Leur renouvellement se fera plus aisément car les cadres neufs se trouveront au centre de la ruche et les plus anciens se rapprocheront des rives, les futures pontes se feront dans des cellules « neuves » et non dans celles ayant déjà contenu du couvain à plusieurs reprises. De ce fait, la succession des différentes générations de cocons diminue de façon non négligeable la dimension des cellules et de ce fait les abeilles deviennent de plus en plus petites ! Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Beau cadre de couvain operculé

 

Repérage de la reine. Profitez également de ces premières visites où la population n’est pas encore trop importante pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau), certains d’entre vous préfèreront coller une pastille numérotée, moins facile et peut-être plus risqué car il faut utiliser de la colle, laissons cette méthode aux plus aguerris… ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez par une aile la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser… Rappel : les reines de 2026 seront marquées en blanc.

Reine marquée blanc, couleur des années 1 et 6

Avec les jours qui rallongent et le soleil qui commence à réchauffer l’atmosphère, les naissances se font de plus en plus nombreuses et la colonie croît rapidement. Il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles cirières, elles sont dans la première quinzaine de leur vie, productrices de cire en quantité, donnez-leur des cadres à bâtir, les retirer avant la ponte et remettez-en d’autres, car ces cadres construits pourront toujours vous servir pour mettre dans les colonies plus faibles. Il faudra également penser à préparer les hausses en mettant également des cadres cirés, deux ou trois par hausse,.. car même si la récolte de printemps reste aléatoire en fonction de la force des colonies, les abeilles ont besoin de travailler. Espérons que le refroidissement de ce début avril n’aura pas eu ou peu de conséquences sur la récolte de printemps et surtout sur l’aubépine, très présente dans notre bocage et qui donne un miel très apprécié. Autrefois, on disait qu’à la floraison des lilas, les hausses devaient être posées ; aujourd’hui, ces repères ne sont plus d’actualité car avec le changement climatique, les premières floraisons ont considérablement été avancées…

Cadre de cire gaufrée à placer au bord du couvain

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un signe avant-coureur que la colonie se  prépare à prendre le large…

Cadre avec beaucoup de cellules de mâles

Rappel des différents stades d’évolution de l’abeille. Pour ceux qui ont suivi des cours au rucher-école, ce sont des sujets qui ont été abordés, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, elle sera « nettoyeuse » afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrètera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, à maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.
  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de « cirière » ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?
  • Un nouveau statut lui est maintenant attribué, celui de « ventileuse et gardienne ». Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.
Abeilles ventileuses sur la planche d’envol
  • Son dernier rôle, celui de « butineuse » pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.
Abeille butineuse sur fleurs de Rhamnus

« En avril, ne te découvre pas d’un fil… ». Même si nous avons hâte de visiter nos ruches et de côtoyer nos avettes, prenons garde à ne pas trop les perturber et attendons les conditions favorables. Si les conditions météorologiques du moment comptent pour une intervention, ne pas oublier que celles des jours qui suivent comptent également.

 

Rendez-vous maintenant en mai.                                                           A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *

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