La Manche Apicole

AU FIL DES MOIS : AOÛT 2026

Abeille sur des fleurs de luzerne

Cette année, les mois se suivent et se ressemblent… Même si l’on remonte loin dans les décennies précédentes, jamais, peut-être mise à part l’année 1976, nous n’avons eu autant de jours ensoleillés et brûlants. Nous avons pu observer plusieurs conséquences :

  • Peu d’essaimages, liés sûrement au fait que les butineuses pouvant sortir, le temps n’était pas au musardage…
  • Floraisons courtes mais intenses, les hausses ont pu se remplir rapidement ; rarement nous n’avions observé des hausses d’un tel poids.
  • Constat également d’un très fort besoin en eau, ce qui a permis à nos protégées de passer ce cap de fournaise dans de meilleures conditions… certes certainement pas suffisant car des cadres entiers ont fondu, mais il est certain que l’apport d’abreuvoirs ou la proximité d’un point d’eau leur a facilité la tâche.

 

  • Arrêt très précoce de la miellée : habituellement, elle s’arrête entre le 15 et le 20 juillet et, cette année, grâce aux balances connectées, nous avons pu constater son arrêt vers le 25 juin…

 

Si l’on récapitule, un beau printemps qui a eu comme conséquence un développement très rapide de nos colonies, ainsi les hausses ont pu se garnir de miel assez rapidement et vu la précocité des floraisons, dès le début mai il a fallu extraire. Le creux de miellée s’est à peine fait ressentir, et malheureusement cette année, le trèfle blanc n’a pas donné beaucoup de nectar, faute de pluie. La chaleur de juillet a également été favorable à nos petites protégées, à part bien sûr tous ces jours de canicule où nous avons pu les voir recouvrir l’avant des ruches et ventiler, pour à la fois retirer l’humidité du nectar et également maintenir une température raisonnable pour maintenir le couvain dans de bonnes conditions et éviter que la cire ne fonde, fait qui a été constaté sur certaines ruches….

Le bilan sera fait à la fin de ce mois, mais nous pouvons quand même écrire que malgré cette sécheresse durable sur la saison, l’année a été dans l’ensemble propice à une bonne récolte mais ce constat ne sera pas valable partout.

À partir de maintenant, nos avettes vont doucement se préparer à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, peu probable qu’il y ait encore, comme les années précédentes, quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin.

Nourrissement au sirop, nourrisseur dans une hausse vide.

 

Nourrissement. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu. Attention aux réserves, juste après la récolte, ne pas hésiter à donner du sirop, non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères à soupe de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Une grande énergie est demandée aux abeilles pour le transformer, il vaut mieux réserver cet effort aux vieilles butineuses pour qu’elles le stockent et le transforment. N’hésitez pas à revenir une semaine plus tard pour leur donner un sirop de stimulation cette fois, un sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Pillage

Pour les puristes et ceux qui ne veulent pas donner du sirop fait d’amidon de betterave ou de maïs, vous pouvez leur laisser la dernière hausse en grattant tous les cadres operculés, intercaler un nourrisseur couvre-cadres, les abeilles redescendront ce miel qu’elles ont produit et chacun sait que les substituts de nourrissement ne remplaceront jamais le miel, nourriture de base de l’abeille.

Ne tardez pas à récolter, car moins il y a à butiner et plus les ardeurs agressives des colonies se feront ressentir. Une récolte trop tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel.

 

Hausses à lécher : mise en garde. C’est commettre une imprudence que de faire lécher à tout vent les hausses extraites, prenez soin à les poser sur le couvre-cadres et à la tombée de la nuit pour éviter le pillage, en laissant bien sûr un trou de passage. Vous pouvez en disposer deux ou trois par ruche, ce qui présente deux gros avantages : relancer la ponte avec l’apport de miel frais et reconstruction des cadres abîmés lors de l’extraction. Vous pouvez les laisser trois ou quatre jours.

Varroas

Traitement contre varroa. Il doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux et de pertes hivernales de colonies. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Harpe et muselière anti-frelons

Frelon asiatique. D’après les premiers échos, pour l’instant il est peu présent, mais nous ne sommes que début août, alors ? Il n’en reste pas moins vrai que la chaleur a sûrement eu un impact sur les nids…

Les jours diminuent de plus en plus, pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre que nous aurons probablement plus tôt que d’habitude.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

 

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *

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