La Manche Apicole

AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2025

 

Mise en place des harpes anti-frelon au rucher-école de St-Lô

C’est maintenant l’heure du bilan. Malgré les quelques millimètres de pluie relevés par-ci, par-là, sur notre territoire, nous sommes toujours en période sèche, tout a « grillé » dans notre Normandie si verte habituellement… Malgré cette année sèche, et pour résumer l’année apicole 2025, nous pouvons dire aujourd’hui que ce fut une belle saison comme on aimerait en vivre plus souvent, elle touche maintenant à sa fin. Les récoltes sont terminées, quelques confrères espèrent encore récolter sur le sarrasin ou la luzerne, mais cela retarde la mise en place du traitement anti-varroas… Les colonies ont été resserrées pour celles qui ne garnissaient pas la totalité du corps de ruche, la visite complète effectuée pour vérifier l’état sanitaire, les portières, muselières ou autres dispositifs de protection ont été mis en place.

Le frelon asiatique : comme en 2022, une vraie calamité cette année, sa présence est importante, les relevés faits par la FDGDON relatent plus de 2500 nids détruits à la fin juillet, autant qu’en fin de saison 2018. Les colonies souffrent, 4-5 frelons et parfois plus sont souvent présents devant chaque ruche, espérons qu’il ne perturbera pas trop nos colonies car la nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Piège sélectif

Piéger sur les ruchers où il est présent est primordial, pour cela il existe des pièges de plus en plus sélectifs et même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles il permettra de réduire la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires, le jus de pomme…

D’autres dispositifs que le piégeage sont en train de voir le jour : les harpes électriques qui ont un coût certain et les muselières (plusieurs types peuvent être essayés), également celles de fabrication « maison ».

Muselière au rucher-école de St-Hilaire

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches (en aucun cas ne les mettre à lécher à l’air libre, cela crée une grande excitation, favorise le pillage et attire les abeilles des ruchers voisins avec un risque d’échange de maladie…), vous pouvez en positionner jusqu’à 4 en même temps par colonie, mais surtout, attendez la tombée de la nuit. Le trou de nourrissement ouvert, vous les laissez trois ou quatre jours, pas plus car les abeilles peuvent à nouveau stocker, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré, et en plus cela aura un effet stimulant pour relancer la ponte.

Les cadres qui contiennent beaucoup de pollen pourront être conservés au congélateur pour éviter les moisissures ou mis dans les ruches, ce pollen apportera un complément à une période où il se fait rare dans la nature ; la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant au milieu de chaque hausse, un espace vide de deux ou trois cadres qui seront remplacés par des cadres de cire neuve en début de saison.

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaings, une grille à reine, et constituez un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une autre grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne », les larves de fausse-teigne ne pourront ainsi pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

Hausses préparées pour la prochaine saison

L’état des provisions : c’est la période idéale pour évaluer l’état des provisions, c’est maintenant qu’il faut préparer l’hivernage, vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes, ne pas hésiter à répartir les réserves sur d’autres plus faibles et apporter un complément en sirop non-dilué à celles qui sont vraiment légères (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale. Certains y ajoutent du miel… mais attention : risque de pillage et de propagation de maladie !

Nourrisseur pour sirop dans une hausse vide

Les besoins pour une ruche de type Dadant sont de 15 à 18 kg pour passer un bon hiver, mais comment juger si les réserves sont suffisantes ? : la pesée. Si la ruche pèse entre 35 et 40 kg, pas besoin de nourrir ; moins de 35 kg, il faut absolument apporter un complément en sirop non dilué. Attention : certains toits de type « chalet » sont lourds et peuvent biaiser l’interprétation du poids.

Traces de pillage devant une ruchette

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, la très grande majorité auront besoin d’être partitionnées avec des partitions isolantes et aluminisées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition qui peut être aluminisée

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps)  pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire  (en cette année 2025, il n’y a eu aucun problème à fondre les cires, le soleil était tellement présent que plusieurs fournées pouvaient être mises en place le même jour). Cette cire servira à confectionner des bougies, des sujets ou sera vendue à un ébéniste ou à un sculpteur.

Fondre la cire dans une chaudière à cire

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande  pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite l’utiliser pour réaliser des cires gaufrées. La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, ce qui constitue le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien, n’y ajouter aucun intrant. Elle pourra également être revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Gaufrier: la louche de cire est étalée pour faire la feuille

Deux priorités en ce moment : le traitement anti-varroa (qui aurait déjà dû être fait en août, juste après la récolte) et le contrôle des provisions (avec l’appoint si nécessaire). Ces deux opérations sont capitales pour la préparation de vos colonies à l’hivernage.

Prochain rendez-vous en octobre.     A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *

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