
Rarement, au cours des années précédentes, nous avons connu autant de pluie que pendant ce mois de février… Les terrains étaient tellement gorgés d’eau que nous connaissons des apiculteurs qui se sont retrouvés embourbés en allant surveiller leurs colonies sur les ruchers. Qui dit pluie dit en général températures douces, ce qui a permis à nos protégées de démarrer la ponte et qui dit ponte dit consommation abondante des réserves. La dernière semaine de février a vu une certaine embellie, les bourgeons et chatons de pollen se sont beaucoup développés. Soyons prêts à intervenir, sans bousculer les colonies mais restons vigilants.
Malgré cette météo printanière en ce début mars, ne soyez pas trop pressés tout de même avant d’aller voir ce qui se passe à l’intérieur des ruches. Nous avons tous hâte, après cette longue période sans manipulation, de découvrir l’état des colonies, mais pas d’ouverture possible sans que les températures aient atteint les 16-17°, sans vent. Soyez rapides dans vos mouvements pour faire le premier bilan après un hiver qui nous paraît toujours trop long, vous ferez le constat de la ponte, des plaques de couvain, des rentrées de pollen et l’état des réserves. En ce moment, les vieilles abeilles dites d’hiver sont remplacées petit à petit par celles qui consacreront leur temps entre l’élevage, l’apport de pollen, de nectar et d’eau pour relancer cette magie de l’élevage qui aboutira à la fois à la multiplication des abeilles au sein de la ruche pour la prochaine saison, et la récompense pour l’apiculteur de voir ses colonies en pleine expansion.

Piégeage des reines frelon asiatique ! Il est fortement recommandé aux apiculteurs, de procéder à un piégeage sélectif des reines frelon asiatique ; nous avons proposé aux adhérents, des pièges BeeVital à un prix relativement intéressant, il est temps maintenant de préparer le bon appât et placer au bon endroit ces pièges. Pour information, la première reine a été vue le 8 février et une capture, lundi 2 mars…
Ne négligez pas ces 10 points très importants :
- Vérifier si la nourriture est suffisante, les semaines à venir vont voir une consommation s’accentuer. Si besoin, ajouter un pain de candi et après constat, pour certaines, c’est le deuxième pain de 2,5 kg qui a été posé ou si les températures le permettent, à plus de 16° vous pouvez donner en fin de journée aux colonies les plus faibles un peu de sirop épais et tiède pour compléter les réserves (à faire avec parcimonie).

- Un beau couvain, bien compact sur 3 ou 4 cadres, à cette période de l’année, est signe que la colonie est prometteuse.
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Cadre de couvain operculé Un couvain clairsemé est le signe que la reine est soit âgée ou qu’elle a été mal fécondée. Si vous avez la certitude que c’est une jeune reine, c’est une non-valeur qu’il ne faudra pas garder, mais attendez le mois d’avril car un élevage royal ne peut être réussi sans avoir suffisamment de mâles aptes à la reproduction.

- Pas de ponte du tout : c’est une non-valeur, ne perdez pas de temps à vouloir essayer de sauver la colonie, vous serez déçus. Nous savons tous, que lorsque c’est le début de la grande aventure de l’apiculture, il est toujours difficile de se séparer d’une colonie. Si les cadres sont beaux, sans anomalie et sains (pas plus de 3 ans de service), vous pouvez les conserver, ce sera un gain de temps appréciable pour faire augmenter une ponte dans une autre colonie, sans avoir à faire construire au préalable des cadres cirés. Les abeilles pourront être secouées au loin en déplaçant la ruche de son emplacement initial, les ouvrières restantes se répartiront dans les autres ruches à proximité et seront facilement acceptées car leur jabot sera plein de miel.

- Plateaux à changer. Pensez à aller sur votre rucher en amenant des plateaux propres, ils seront tous changés pour éviter toute propagation de maladies.

- Attention au pillage ! Tout apiculteur rêve de n’avoir que des ruches populeuses et productives, mais malheureusement, sans en connaître la cause, des colonies plus ou moins faibles et sans surveillance particulière, peuvent se faire piller et un pillage organisé ne dure que quelques heures… Vous allez perdre à la fois une colonie et vous risquez de contaminer une ou plusieurs autres s’il y a un problème sanitaire.
- Les colonies faibles. A la fin du mois, les ruches faibles avec un couvain peu développé mais compact, peuvent facilement repartir avec un nourrissement de stimulation, 50-50 donné tiède et le soir, à raison de 20 cl tous les 2 jours ; pensez également à réduire le trou de vol pour éviter tout pillage. Si c’est un sirop du commerce, le risque est moindre car il est sans odeur, mais attention à celui que vous fabriquez avec du sucre, il a une odeur et peut développer le risque de pillage !

- Pourvoyeuses d’eau. Dès la reprise de la ponte, les colonies ont besoin de beaucoup d’eau pour la fabrication de la bouillie larvaire, mélange de pollen, miel et eau. Mettez-leur à disposition des abreuvoirs avec de l’eau saine ; avec un peu d’imagination, vous pourrez facilement trouver un moyen pour que les abeilles ne se noient pas… bouchons en liège, mousse végétale, paille peuvent être déposés dans les abreuvoirs… Changez l’eau régulièrement et si les abreuvoirs sont mis suffisamment tôt, elles en prendront l’habitude et n’iront pas chercher cette eau sur des flaques qui ont pu contenir des traitements agricoles, des hydrocarbures ou tout autre produit polluant…

- Agrandir le nid à couvain. Ne soyez pas impatients, attendez impérativement la fin du mois pour agrandir le nid à couvain, toujours penser à la chaleur, nous ne le répèterons jamais assez mais une perturbation calorique peut mettre à mal une colonie, il ne faut pas augmenter prématurément le volume car les nuits sont encore fraîches et la population encore insuffisante. Attendez le bon moment (température adaptée et absence de vent) pour faire une visite approfondie et pour changer les cadres de rives noircis et souvent moisis, par des cadres neufs et cirés.
- Partitions réfléchissantes. Dans le même ordre d’idée, n’hésitez pas à réduire le volume des colonies faibles et à ajouter des partitions isolantes et réfléchissantes, cela va considérablement aider les abeilles dans leur développement en maintenant la chaleur dans le nid à couvain. Ce qu’il faut savoir après une intervention de l’apiculteur dans le nid à couvain, c’est au moins 48 heures de perturbation que les abeilles vont devoir gérer…
Rendez-vous au mois d’avril. A.L. et K.L.
