La Manche Apicole

AU FIL DES MOIS… FEVRIER 2026

 

Une bonne pause hivernale s’est opérée dans notre région en ce mois de janvier, neige, gelée, pluie et vent ont agrémenté ce mois. Lorsque les rayons du soleil finissent par percer, dans le rucher, on observe une petite activité de nettoyage et de rentrées de pollen s’effectuent, c’est le signe incontestable que l’élevage a repris…

Nous avons gagné plusieurs minutes de soleil, les jours rallongent de façon significative et si les températures avoisinent les 13°, les butineuses vont sortir en nombre vers les noisetiers et les premiers saules. À remarquer que si le pollen rentre abondamment, la reine sera sollicitée pour pondre, mais attention, ce redémarrage de l’activité va faire consommer davantage les abeilles : il faut absolument surveiller les réserves et ne pas hésiter à les compléter en posant un pain de candi.

Candi posé sur le couvre cadre
Ou Candi posé directement sur les cadres

Ce qu’il faut savoir sur le pollen. Avant que les floraisons deviennent abondantes, le « b.a.-ba » commence par la récolte du pollen, aliment incontournable et indispensable pour la vie de la colonie, le pain d’abeilles est le pollen lactofermenté présent dans les rayons

Récolte de pollen

Il est récolté sur les étamines des fleurs visitées, l’abeille reste durant plusieurs jours  sur la même variété florale pour récolter cette source de protéine indispensable, ce qui permet également que nos fruitiers et autres plantes puissent être fécondés. De plus, cette source protéinique essentielle est un concentré de lipides et de vitamines.

 

Récolte de pollen sur chatons de noisetier

D’après les écrits, il faudra, pour la vie d’une colonie sur une année, une récolte de 50 à 60 kg de ce produit magique, un apport considérable qui apportera à nos abeilles, force, vitalité et longévité. Pour que tous ces éléments soient réunis, il faut également une grande diversité de fleurs car chaque pollen a ses caractéristiques nutritionnelles.

En fin d’été 2025, le frelon asiatique était tellement présent que les abeilles sortaient peu, et de ce fait la rentrée en pollen a pu être perturbée, n’hésitez pas à leur apporter un complément protéinique pour combler ce manque et si elles en ont besoin, elles viendront le chercher pour le nourrissement des jeunes larves.

Une observation minutieuse devant le trou de vol vous permettra d’avoir une idée de ce qu’il se passe à l’intérieur de la ruche ! En fonction des colonies, l’activité peut être plus ou moins intense. Dans certaines, la reine n’est peut-être plus présente, ou trop vieille, d’où l’importance du marquage pour en connaître l’âge et pour ceux qui ne sont pas encore aguerri au marquage, vous pouvez soit planter sur le corps de ruche, une punaise de la couleur de l’année, une inscription au feutre Posca (feutre à l’eau) sur le toit ou un relevé sur la fiche de conduite.

Marquer la reine, en blanc cette année

S’il n’y a pas suffisamment d’abeilles pour stimuler sa ponte, il faudra attendre une belle journée début mars pour ouvrir et établir un vrai diagnostic et, éventuellement, si c’est une jeune reine, stimuler tous les 2-3 jours, en petite quantité au sirop tiédi à 35°, la valeur d’un verre à chaque passage, si cela en vaut la peine. Malgré cette stimulation, si la colonie est faible, elle aura du mal à repartir, il faudra alors penser à lui incorporer un cadre de couvain fermé, mais ne soyez pas trop impatient, il est encore un peu trop tôt.

Varroas

Déposez des langes graissés sur le plateau de quelques ruches pour voir si le traitement anti-varroas fait à l’automne et celui éventuellement réalisé à l’acide oxalique avec AMM (Autorisation de mise sur le marché) du début d’hiver ont été suffisants. Faites un comptage et au-delà de 2 varroas/jour, il faudra penser à refaire un traitement.

Traitement acide oxalique rucher-école Saint-Lô

Si aucune abeille ne sort de la ruche par beau temps, il y a de fortes chances que la colonie soit morte, vous pouvez alors l’ouvrir, retirer les cadres, les fondre pour récupérer la cire qui ne devra pas servir à la confection de cire gaufrée (risque de maladie ou de pollution). En profiter pour ramener tous les éléments vides à l’atelier et les nettoyer, les gratter, les laver à l’eau javellisée, puis les passer au chalumeau afin de les désinfecter.

Si vous constatez des mortalités importantes, n’hésitez pas à le signaler à la DDPP. Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ddpp@manche.gouv.fr N’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’apiculteur (NAPI).

Nous ne le rappellerons jamais assez, ne négligez pas le traitement contre varroa, il reste le fléau numéro 1 des abeilles. Les mortalités hivernales ne paraissent pas importantes cette année, mais l’hiver est loin d’être terminé. En règle générale, lorsque l’année précédente a été bonne, les pertes sont moins élevées.

Varroa phorétique sur abeille adulte

C’est le moment de passer en revue tout le matériel et faire une remise en état des cadres, ruches et ruchettes, pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Préparez et cirez vos cadres que vous laisserez à température ambiante, n’hésitez pas à faire des partitions en nombre car nous en avons toujours besoin.

Cirer un cadre

 

Vous pouvez aussi réfléchir à de nouveaux emplacements et prendre contact avec des propriétaires de terrains jouxtant des endroits qui vous paraissent favorables : bois, friches, landes… Regardez les annonces sur le site, il y a parfois des propositions en ce sens. Il ne faut cependant pas déplacer les colonies par temps trop froid, ce qui désorganiserait la grappe. Dans tous les cas, pensez à respecter la législation en vigueur.

 

Pensez également à déposer dès maintenant des pièges sélectifs pour capturer des fondatrices frelons asiatiques, une proposition d’achat en nombre a été faite avec un prix proposé inférieur à celui du marché. En 2025, ce prédateur redoutable a été très impactant sur certaines zones de notre département, les villes et littoral ont connu une pression importante. Soyons vigilants.

Avant le « grand réveil » de la Nature, vérifiez que vous êtes à jour sur le plan administratif : registre d’élevage, assurances, carnet de miellerie… Il faut rappeler que les obligations légales restent les mêmes, que le miel soit donné ou vendu.

Rendez-vous en mars.                                                                              A.L. et K.L.

 

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *

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