
Dès la mi-juin, la météo a été favorable pour débuter la grande miellée d’été. Certes, une relative sécheresse a marqué cette période et par conséquent a pu contrarier les floraisons de trèfle blanc, mais en général, la récolte a été bien présente. Vu l’avance prise sur les floraisons, cette miellée d’été s’est arrêtée vers le 10 juillet et le constat de récolte paraît tout à fait honorable.
Plusieurs apiculteurs, voulant débuter leur récolte, se sont aperçus que le nectar rentrait toujours, pas en abondance mais rentrait tout de même. Tout n’est pas operculé et il faudra faire un peu de tri sur les cadres pour l’extraction. Les abeilles musardent depuis un moment, signe de la fin des grandes récoltes, assez intenses pour les colonies qui n’ont pas déserté leurs ruches.

Après toute cette activité, du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, restent encore quelques petites miellées sur la bruyère (peu généreuse cette année), la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Humeur agressive. Les hausses pleines, les corps de ruches bien garnis, vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.
Dès les hausses de miel retirées, et en fonction de l’état des provisions (qui semblent être correctes cette année), pensez à nourrir avec un sirop non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie. Si vous le préparez vous-mêmes, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémentés de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille (toujours à raison de quelques litres par colonie). Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers. L’utilité du nourrissement est parfois contestée mais, au fil des années, il devient de plus en plus nécessaire, notamment du fait des sécheresses de plus en plus fréquentes (en 2025, nous avons été épargnés).

Hausses à lécher. C’est commettre une imprudence que de faire lécher à tout vent les hausses extraites, prenez soin à les poser sur le couvre-cadres et à la tombée de la nuit pour éviter le pillage, en laissant bien sûr un trou de passage. Vous pouvez en disposer deux ou trois par ruche, ce qui présente deux gros avantages : relancer la ponte avec l’apport de miel frais et reconstruction des cadres abîmés lors de l’extraction. Vous pouvez les laisser trois ou quatre jours.

Traitement contre varroa. C’est l’heure de traiter ! Plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement et sans attendre, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

De même, manipulez ces produits avec précaution en respectant les préconisations du fabricant (port de gants, notamment).
Au moment de faire le traitement, si vous ne constatez pas de ponte, n’hésitez pas à introduire un cadre de couvain ouvert ou un « carré d’œufs » afin que les abeilles puissent élever une reine si la colonie était devenue orpheline. Les remérages sont encore possibles au mois d’août.

Les jours diminuent de plus en plus, il n’y a pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison importante qui est celle du lierre, débutant généralement à la fin du mois de septembre.
Rendez-vous maintenant le mois prochain.
A.L. et K.L.