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AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2022

Malgré les quelques pluies observées sur la deuxième moitié d’août, nous sommes toujours en période de sécheresse et n’avons pas eu de réelles précipitations depuis la première quinzaine de juin. Tout a « grillé » dans notre Normandie si verte habituellement… Malgré cette année sèche, globalement, une belle saison apicole qui touche maintenant à sa fin. Les récoltes sont maintenant terminées, quelques confrères espèrent encore récolter sur le sarrasin ou la luzerne, mais cela retarde la mise en place du traitement anti-varroas… Les colonies ont été resserrées pour celles qui ne garnissaient pas la totalité du corps de ruche, la visite complète effectuée pour vérifier l’état sanitaire, les portières mises. C’est l’heure maintenant du bilan.

Nid de frelon asiatique

Le frelon asiatique : une vraie calamité cette année, sa présence est exponentielle, les relevés faits par la FDGDON relatent plus de 4700 nids à la fin août, autant qu’en fin de saison 2018. Les colonies souffrent, 4-5 frelons sont souvent présents devant chaque ruche. Espérons qu’il ne perturbera pas trop nos colonies car la nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Piège à frelons

Piège à frelons

Piéger sur les ruchers où il est présent est primordial, même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles mais réduira la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Portière anti-frelons

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir faites lécher sur les corps de vos ruches (en aucun cas ne pas les mettre à lécher à l’air libre, cela crée une grande excitation, favorise le pillage et attire les abeilles des ruchers voisins avec un risque d’échange de maladie…). Vous pouvez ainsi positionner jusqu’à 4 hausses en même temps par colonie en attendant, surtout, la tombée de la nuit. Le trou de nourrissement ouvert, vous les laissez trois ou quatre jours, pas plus car les abeilles peuvent à nouveau stocker, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré, et, de plus cela peut contribuer à relancer la ponte.

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant dans chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Hausses préparées pour la prochaine saison

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaing, une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

Fausse teigne

Toile de fausse teigne

Larves de fausse teigne

On trouve également chez les détaillants apicoles le bacille de Thuringe, ennemi des larves de lépidoptères, utilisable en agriculture biologique.

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes et d’autres non. Il ne faut pas hésiter à les répartir dans d’autres plus faibles et apporter un complément en sirop non-dilué à celles qui sont vraiment légères (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

Pillage dans une ruchette

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, beaucoup auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2022, il n’y a eu aucun problème à fondre les cires, le soleil était tellement présent que plusieurs fournées pouvaient être mises en place le même jour). Elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Cérificateur solaire

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

La louche de cire est étalée

Le traitement contre les varroas. À cette époque, il devrait déjà être réalisé… Si tel n’était pas le cas, cela devient très urgent…

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

Compte rendu de l’assemblée générale du samedi 4 décembre 2021.

Compte rendu de l’assemblée générale du samedi 4 décembre 2021.

Après une année blanche, sans assemblée générale, nous avons enfin pu nous retrouver le samedi 4 décembre, en respectant, bien sûr les mesures sanitaires. Le matin, nous avons assisté à une conférence donnée par le Eric DARROUZET, enseignant-chercheur à l’université de Tours, qui avait pour thème : ‘’Le frelon asiatique : actualité et perspectives’’. Depuis qu’il est arrivé dans notre pays, des études de comportement ont pu voir le jour et se peaufiner au fil des années. Le conseil départemental de la Manche, depuis trois années, a participé financièrement à des recherches sur la destruction des nids par la vapeur d’eau ainsi que sur l’attractivité des phéromones pour la capture des frelons, des résultats encourageants se dessinent.

Suite à la conférence, de nombreuses questions ont pu être posées et le débat a été animé.

L’après-midi était consacré à notre assemblée générale statutaire qui a débuté à 14h30. Une minute de silence a été observée suite au décès de Louis DUBOS, expert dégustateur surnommé le « chien de chasse », tant son odorat était développé.

Valérie BIGET, notre secrétaire, a procédé à la lecture du compte rendu moral, approuvé à l’unanimité. Pour faire suite aux deux courriers envoyés au conseil départemental pour une demande d’aide exceptionnelle aux apiculteurs, nous avons eu un retour positif de notre administration dans ce sens, sans en connaître pour l’instant le montant. Nous vous tiendrons au courant.

Le bilan financier a été présenté par notre trésorier Antoine CHAPRON, il en ressort un solde positif vu qu’il y a eu peu de dépenses depuis ces deux dernières années.

Michel LECHARPENTIER, référent du rucher-école du Sud-Manche a fait un bilan assez positif sur les cours de l’année passée et Louis LETERRIER, responsable du rucher-école dans le Nord-Cotentin, a quant à lui évoqué le problème d’une salle de cours. Effectivement, celle du centre culturel est fermée pour deux ans suite à des travaux de rénovation.

Dans les projets pour 2022, La Manche Apicole fêtera son centenaire, nous avons un extrait du journal officiel de l’époque du 30 janvier 1922.

Election du tiers sortant du bureau avec Jacques BRAULT, Lucien LIOT, Louis LETERRIER, Michel LECHARPENTIER et l’entrée de Alexandra Ulhmann.

Antoine METAYER, directeur de la FDGDON Manche a présenté un état des lieux de la situation dans le département, de la lutte contre le frelon asiatique. Il y a 96 % des collectivités, soit 416 communes qui participent à la lutte. Fin novembre, 4112 nids ont été signalés avec la destruction de 3963 nids, c’est la deuxième année la plus forte depuis 2018 (6000 nids).

Bernard PONCET, vice-président du GDSA 50 a pris la parole pour faire un point sur la situation du GDSA qui est toujours en recherche d’un président… Un rapprochement du GDS multi-espèces est dans les perspectives… à suivre. Trois médicaments seront reconduits pour la lutte contre varroa : l’apivar, le varromed et l’apitraz.

Alain LESCLAVEC

BILAN DE LA SAISON DE LUTTE COLLECTIVE 2020 CONTRE LE FRELON ASIATIQUE

Bilan du programme départemental de lutte collective contre les frelons asiatiques pour 2020 dans le département de la Manche confiée à la FDGDON (Fédération Départementale de Défense contre les Organismes Nuisibles).

Le frelon asiatique, espèce exotique envahissante, et danger sanitaire de 2ème catégorie au titre de la santé des abeilles, est apparu dans le Sud-Manche en 2011 et le Nord-Cotentin en 2013.

Le programme de lutte collective a été créé et mis en application dès 2016.

En 2020 96% des collectivités se sont engagées dans la lutte collective contre le frelon asiatique.

Le nombre de nids de frelon localisés était en 2018 de 5898, en 2019 de 2503 et en 2020 de 4034.

D’après la FDGDON les colonies de frelons asiatiques ne sont pas réparties de façon uniforme dans l’espace et dans le temps.

Les densités restent cependant liées à l’urbanisation et la proximité de la mer.

Granville-Terre-et-Mer est l’intercommunalité qui est impactée par une densité nettement supérieure aux autres.

La plus forte progression observée en 2020 est sur Coutances-Mer-et-Bocage.

L’agglomération Saint-loise reste toujours très impactée.

A noter que Cherbourg-en-Cotentin est en régression en 2020.

Informations détaillées à lire dans le bilan complet de la FDGDON de la Manche pour 2020

Le bilan complet de la FDGDON saison 2020 : Bilan Frelons Asiatiques – Manche – Saison 2020

Assemblée générale du Groupement sanitaire apicole de la Manche :

Salle comble au centre culturel

le GDSA est à la peine…

Le samedi 7 mars, a eu lieu la traditionnelle assemblée générale du Groupement ; ce fut l’occasion pour une grande partie des 316 adhérents de venir retirer leurs médicaments.

L’organisation pour la distribution des médicaments

Un public nombreux a pu ensuite assister à l’AG statutaire le matin et après le déjeuner échanger sur l’exposé de la biosécurité en apiculture avec le Dr Hélène Lemoine. Un forum des questions a alimenté ensuite le reste de l’après-midi.

Le Groupement traverse une période difficile ; en effet la présidence se trouve vacante et après le retrait de notre trésorier, le bateau GDSA a une voie d’eau… qui mérite une grande attention de votre part. Appel est lancé pour que la structure revive…

Après le rapport moral et d’activités présenté par l’ancien président, un point a été fait sur l’évolution de la loque américaine dans notre département. Notre vétérinaire conseil s’est centré en 2019 sur le secteur saint-lois et 6 apiculteurs ont été impactés. 7 APDI ont été mis en place.

Des rappels sur la tenue du registre d’élevage pour les apiculteurs qui commercialisent du miel ainsi que sur le traitement des colonies contre varroa (essentiel pour la sauvegarde de ses colonies), car des échos nous sont parvenus où de grosses pertes sur certains ruchers ont été constatées, essentiellement dues au manque de traitement ou à un traitement réalisé trop tardivement.

Après le bilan financier exposé, il en ressort un déficit lié en partie aux frais engagés pour les formations de nouveaux TSA (Techniciens sanitaires apicoles).

Antoine Métayer faisant le bilan sur le frelon asiatique

Antoine Métayer, directeur de la FDGDON nous a fait le bilan de l’année 2019 sur le frelon et présenté les travaux de recherche d’Eric Darrouzet, enseignant chercheur à l’université de Tours sur les appâts sélectifs à partir d’hormones émis par le frelon ainsi que sur la destruction thermique des nids.

Un pot de l’amitié a clôturé cette journée.

A.L.

Un livre consacré au frelon asiatique

Sortie prochaine (septembre-octobre) du livre du Dr ERIC DARROUZET consacré au frelon asiatique aux éditions du SNA (Syndicat National d’Apiculture): “Le frelon asiatique, un redoutable prédateur”.
Celui-ci fait le bilan des connaissances sur la biologie et l’écologie de ce frelon, il présente les outils de lutte actuels et prochains et se termine en donnant de nombreux conseils.
L’ouvrage fait 206 pages avec des textes accessibles au plus grand nombre, avec une riche iconographie de plus de 200 photos, schémas et cartes.
Le conseil départemental de la Manche est cité dans la partie remerciements de l’ouvrage.
Fiche de présentation de l’ouvrage avec son sommaire : Livre frelon asiatique Dr Darrouzet
Dr Eric Darrouzet
Université de Tours, Faculté des Sciences
Parc de Grandmont
37200 Tours, France
Pré-commande
Envoyez votre règlement par chèque
5 rue de Copenhague – 75008 Paris
ou par CB sur le site internet du SNA
www.snapiculture.com
AC

Premiers nids primaires de frelons asiatiques

Les premiers nids primaires de cette espèce sont signalés dans notre département. Ils sont situés dans des endroits abrités et, souvent, près des habitations. Rappelons que ce nid primaire ne comprend que peu d’individus et sera rapidement abandonné par la fondatrice qui le quittera, accompagnée d’ouvrières, pour fonder le nid secondaire.

N’hésitez pas à inspecter les bâtiments auxquels vous avez accès (dépendances, abris de jardins, greniers…) pour les détecter et incitez votre entourage à le faire.

Le signalement, conformément au plan de lutte existant dans la Manche en partenariat avec la FDGDON, doit être effectué en mairie.

Ce nid primaire avait la taille d’une balle de ping-pong et était situé dans un abri de jardin. Photo prise le 3 avril 2019 à Bourgvallées (centre-Manche)

Texte et photo KL

Pétition en ligne contre le frelon asiatique

Le syndicat national d’apiculture (SNA) vient de mettre en ligne une pétition afin de faire pression auprès de nos responsables politiques sur ce nouveau fléau qu’est le frelon asiatique. Si vous désirez signer cette pétition, suivez les indications du lien ci-dessous. Merci pour votre participation active.

“Halte au frelon asiatique”.https://www.snapiculture.com/petition-frelon/

A.L.

 

Lutte contre le frelon asiatique. Etudes menées par l’ITSAP

Évaluation du piégeage des reines fondatrices au printemps.

Une étude est menée depuis plus de 2 ans maintenant sur trois départements – le Morbihan, la Vendée et les Pyrénées-Atlantiques par une équipe de l’ITSAP (Institut de l’abeille).

Développement d’une méthode de destruction des nids par des appâts empoisonnés.

A lire sur le blog de l’ITSAP :

http://blog-itsap.fr/lutte-contre-frelon-asiatique-litsap-mene-deux-etudes/