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AU FIL DES MOIS… MAI 2020

Malgré la fraîcheur, souvent présente, due au petit vent de nord-est au cours du mois d’avril, nous avons tous remarqué la précocité des floraisons et nous constatons à peu près deux semaines d’avance par rapport à la normale. Les colonies se sont rapidement développées, des cires ont pu être mises à construire, vérifiées quelques jours plus tard pour les recentrer dans le nid à couvain afin, d’une part, avoir au centre de la ruche des cadres avec de la cire neuve et d’autre part, pour éviter que les abeilles les chargent de miel si vous les laissez entre le couvain et un cadre de pollen. Autre précision sur ce sujet, cela permet également de faire développer plus rapidement la colonie car au centre du nid à couvain, la reine viendra très rapidement pondre. La pose des hausses a été faite dès la première quinzaine d’avril et des essaims artificiels ont pu également être constitués pour augmenter son cheptel ou pallier aux pertes hivernales.

 

Hausses dans la Hague en 2019

Un fait marquant cette année : des récoltes ont été faites fin avril… il y a quelques années, faire une récolte de printemps faisait partie de l’utopie, mais aujourd’hui, non seulement il y a possibilité d’en faire une, mais cela est indispensable si l’on ne veut pas voir partir sur l’ensemble des colonies, des essaims.

Essaim au rucher école de Saint Lô en 2019

Récolte de l’essaim avec les moyens du bord

La période tant redoutée de tous les apiculteurs reste l’essaimage et même si vous avez été prévoyants, donné de la cire à étirer, posé des hausses, fait des essaims, quelques départs vont quand même être constatés malgré tous ces efforts. L’essaimage reste le mode de reproduction naturel des colonies d’abeilles, mais voir ou constater une ruche se vider d’une grande partie de sa population peut engendrer un certain découragement, soyons donc vigilants. Un dicton à méditer : essaim de mai vaut vache à lait…

En ce début de printemps, l’euphorie qui règne au sein de la ruche est également appelée fièvre d’essaimage, car rien ou presque ne peut contrer ce rituel ancestral. Les ouvrières, poussées par cet instinct, édifieront des cellules en nombre qui pourront potentiellement donner naissance à autant de reines et de surcroît à plusieurs essaims secondaires. En fonction de la météo, quelques jours avant l’éclosion de la première cellule, la vieille reine, mise à la diète pour alléger son poids et lui permettre de s’envoler, partira avec pratiquement la moitié de la population ; de la première éclosion sortira la reine de la colonie et les ouvrières procéderont à la destruction des cellules restantes (sauf en cas d’essaimage secondaire).

Cellules royales d’essaimage

Quelques jours après sa naissance, si les conditions météorologiques le permettent, la jeune reine s’envolera pour le vol nuptial, accompagnée d’une vingtaine d’abeilles. Elle sera alors fécondée par plusieurs mâles ou faux bourdons, une vingtaine, provenant de diverses souches génétiques. Durant sa vie, ce sera sa seule sortie de la ruche (en dehors de l’essaimage).

A noter qu’il faudra surveiller, dans une ruche ayant essaimé, le « remérage », c’est-à-dire le fait que la nouvelle reine ait bien commencé sa ponte. Si, au bout de 3 ou 4 semaines après l’essaimage, l’on n’observe pas de ponte dans la ruche « souche », il faudra introduire dans celle-ci un cadre de couvain ouvert avec œufs, provenant d’une bonne colonie, afin que les abeilles élèvent une nouvelle reine.

C’est un peu l’effervescence au rucher et la présence de l’apiculteur est indispensable pour :

  • Surveiller l’essaimage et essayer de le prévenir

  • Préparer des ruchettes et des cadres de cire gaufrée.

  • La cueillette des essaims et la mise en ruche.

  • Surveiller les colonies en développement et pour celles qui ont des hausses, surveiller le remplissage.

  • Effectuer les premières récoltes. Les miels de printemps, et en particulier celui de colza, sont très riches en glucose. Cette caractéristique fait qu’ils cristallisent rapidement, y compris dans les hausses. Il faut envisager les premières récoltes dès la défloraison des colzas (il faut, si possible, extraire dans un local chauffé et déshumidifié).

Comment prévenir l’essaimage ? Sans les détailler, voici quelques conseils, facilement applicables :

  • A la visite de printemps, bien apprécier les provisions et enlever les cadres de rives, un ou deux bien souvent pourvus de réserves et les remplacer par un ou deux cadres de cire gaufrée à placer juste après le cadre de pollen.

Cadre de cire gaufrée

  • Au-delà de cinq cadres de couvain, prélever des cadres pour faire des essaims. C’est une stratégie « payante » : on limite l’essaimage et, à la fois, on obtient de nouvelles colonies.

Prélever des cadres pour faire un essaim artificiel

  • Poser des hausses pour donner du volume

  • Surveiller chaque semaine pour voir l’apparition des premières cellules et les détruire ; au bout de deux ou trois passages avec destruction, la fièvre sera normalement retombée. Attention : vérifier la présence d’œufs ou de très jeunes larves avant de détruire les cellules royales ! Cette pratique demande du temps et peut parfois perturber la colonie.

Oeufs dans les cupules Kemp

Marquer la reine en bleu cette année

Reine de 2019

Grille à reine ou pas : à chacun sa méthode, mais sur le plan sanitaire, il est incontestable que les grilles à reine empêchent la ponte dans les hausses et ainsi le miel contenu dans les cellules n’est pas en contact avec celles qui ont contenu du couvain. Par ailleurs, le goût du miel peut en être un peu altéré et il peut dans certains cas, avoir un goût dit animal. De même, le travail lors de la récolte est grandement facilité grâce à l’absence de couvain.

Grille à reine métallique

C’est également la période favorable pour poser des grilles à propolis pour ceux qui veulent en récupérer pour leur consommation personnelle et également les trappes à pollen, qu’elles soient intégrées dans le plateau ou celles de façade. Un conseil : attendez la défloraison du pissenlit, car son pollen est très amer. Ce pollen pourra être utilisé de deux façons : pour la consommation de l’apiculteur, ou pour distribuer aux colonies à la sortie de l’hiver en le mélangeant avec du candi, il aura un effet dynamisant.

Récolte de pollen

Maintenant que les fleurs sont bien présentes, espérons que la météo sera de la partie !

Rendez-vous maintenant en juin. A.L.et K.L.

Mise en ligne de l’Abeille de France

Information communiquée par l’Abeille de France

« Chères collègues, Chers collègues, 

Nous avons le plaisir de vous informer que le numéro d’avril de l’Abeille de France  a pu être imprimé, et ceci, malgré des conditions de travail compliquées par les précautions sanitaires.  La revue  est maintenant en cours de distribution, et ne devrait plus tarder à arriver dans vos boîtes aux lettres.

En cette période de confinement, afin de permettre à tous vos amis de découvrir notre revue et de satisfaire les plus impatients d’entre vous, nous avons décidé de mettre exceptionnellement ce numéro en accès libre sur notre site internet www.labeilledefrance.com  et, vous joignons l’éditorial de ce numéro. N’hésitez pas à faire circuler cette information autour de vous.

Nous vous en souhaitons une très bonne lecture et restons à l’écoute de vos suggestions. 

Recevez nos cordiales salutations et l’assurance de notre dévouement à la cause apicole. »

Pascal GUICHE et Frank ALÉTRU

 

ÉDITORIAL DE Frank ALÉTRU, Président du Syndicat National d’Apiculture

Plus d’écologie pour moins de pandémies

Mes premiers mots sont d’exprimer la pensée émue que nous avons tous envers ceux qui ont perdu des proches, emportés par la vague mortelle de la pandémie du coronavirus. 

Cette épidémie démontre la fragilité de l’espèce humaine. Ce n’est pas la première, mais aucune des précédentes n’avait à ce point déstabilisé et fragilisé la vie humaine au niveau mondial. Notre société devra en tirer les leçons. Nous ne vivrons plus jamais comme “avant le coronavirus”. Il y aura un après. 

La question qui nous vient immédiatement à l’esprit est : “Pourquoi cette succession de pandémies (VIH, EBOLA, ZIKA, SARS-Cov, et aujourd’hui Covid-19), de plus en plus rapprochées ?” Ces virus pathogènes ne proviennent pas directement de l’homme, mais c’est bien la croissance de l’activité humaine, son emprise non maîtrisée qui semble sans limite sur les différents milieux naturels, l’augmentation des déplacements des populations qu’elles se fassent par la terre, la mer ou les airs, et la surpopulation dans certaines zones du globe qui nous les amènent et en sont responsables. Nos politiques n’ont plus le choix, ils doivent impérativement prendre en compte l’écologie dans les programmes de développement. 

La moitié des agents infectieux des dernières grandes pandémies proviennent d’animaux sauvages, non pas qu’ils en soient tous malades car ils vivent avec eux sans dommage. Oui, la responsabilité, la faute principale en revient à l’homme qui, en raison de son expansion invasive non contrôlée sur les milieux naturels (réduction des habitats, déforestation, industrialisation, urbanisation), engendre un rapprochement animal/homme facilitant les voies d’accès aux agents pathogènes vers l’espèce humaine chez qui ils peuvent devenir mortels. 

Ces ennemis, invisibles à l’oeil nu, incolores, inodores et sans saveur, ont franchi la barrière des espèces. Ils étaient prévisibles, mais l’homme ne s’y était pas préparé. Pire, certains pays les défiaient comme les États-Unis qui annonçaient en février dernier vouloir réduire de moitié sa participation au fonds de l’Organisation Mondiale de la Santé. 

Cette pandémie nous amène à devoir vivre un confinement inédit, inimaginable sur une telle durée, et avec des conséquences économiques et sociales qui laisseront des séquelles très profondes. 

Notre activité apicole bénéficie d’une souplesse légitime et logique pour nous permettre de suivre nos colonies et travailler dans nos ruchers. Cet aménagement a été obtenu grâce à la réaction immédiate, au travail collectif et au dynamisme du secrétariat de notre interprofession InterApi auprès des services (Dgal) du ministère de l’Agriculture. La note technique rédigée par le ministère a permis à tous les apiculteurs quelque soit leur nombre de ruches de pouvoir intervenir dans leurs ruchers. 

Autre beau résultat d’un engagement collectif en cette période où simplement vouloir faire son travail devient compliqué, voire impossible pour certains : bien que de nombreuses revues ne seront pas acheminées, nous avons relevé le défi que nos abonnés puissent recevoir leur revue l’Abeille de France “espace de liberté et d’ouverture” dans ce contexte difficile. Grâce à la détermination de toutes les équipes, des rédacteurs, des graphistes, des chasseurs d’images, des annonceurs, de tous les techniciens de notre imprimeur sans oublier le service de routage, cette revue vous est parvenue avec un délai de distribution rallongé. 

Par solidarité, nous mettrons ce numéro en accès libre sur Internet à partir de notre site www.labeilledefrance.com. Faites-en profiter vos collègues et vos amis.

 Au moment où j’écris ces lignes, nous apprenons avec tristesse et émotion la disparition de notre excellent collègue “Jean FEDON”. Jean aura marqué de son dynamisme, de sa volonté d’innovation et de progrès dans la connaissance, toute une génération d’apiculteurs qui ne l’oubliera jamais. 

En cette période intensive de travail au rucher, Jean n’aurait pas économisé ses conseils. Le moment est décisif pour la suite de la saison, ne le loupons pas malgré le contexte un peu plus compliqué. Les floraisons sont là et abondantes, ainsi que de belles colonies d’abeilles dans les ruchers qui n’attendent plus que le déclenchement de la miellée, pour rentrer de belles récoltes. 

Souhaitons aussi que la réouverture des marchés alimentaires puisse au plus vite se mettre en place dans le respect des conditions de protection sanitaire pour les vendeurs et les clients, afin que les conséquences économiques soient les plus limitées possibles pour notre filière. 

Aujourd’hui, nous vivons un confinement imposé. Faisons tout pour ne pas le “subir” et, au contraire, profitons de cette “retraite” pour analyser en détail cette situation, pour en tirer les leçons et imaginer les solutions de demain afin de pousser les politiques à corriger leurs feuilles de route en vue de sauvegarder notre belle planète qui, elle, profite de ce répit pour “respirer”. À Pékin, le ciel est redevenu bleu !

Diffusion du reportage Abeilles : to bee or not to be – Dimanche 12 avril sur France 2 à 13h20

Communication du SNA à tous les adhérentes et adhérents de La Manche Apicole

Chers collègues,

Nous espérons que vous et vos proches vous portez bien en cette période difficile et que vous pouvez aller rendre visite à vos abeilles qui commencent à bien travailler dans certaines régions avec cette météo favorable.

Le confinement vous permettra peut-être de découvrir ou regarder à nouveau le reportage de France 2 « Abeilles : to bee or not to be » diffusé à 14h20 ce dimanche 12 avril sur France 2 avec la participation de Frank Alétru, Président du SNA.

Nous vous transmettons la présentation du reportage si vous souhaitez transmettre l’information à vos adhérents (https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-12-avril-2020_3887073.html)

Dans le cadre de sa série documentaire « Monde cruel », consacrée à la « sixième grande extinction », le magazine « 13h15 le dimanche »  raconte l’histoire d’une espèce en voie de disparition : les abeilles. Leur déclin, commencé dans les années 1990, est mondial. Ses causes : parasites, pesticides, moindre diversité des fleurs, etc. En France, la mortalité des colonies d’abeilles a atteint 30% en quinze ans.

A la rencontre de deux passionnés qui tentent de les préserver : Frank, un apiculteur vendéen, se bat depuis vingt ans pour faire interdire les insecticides tueurs d’abeilles ; Roch, un apithérapeute, parcourt le monde à la recherche de produits de la ruche pouvant être utiles pour la santé.
Un monde sans abeilles serait-il viable ?

Emmanuelle Chartoire, David Geoffrion et Fanny Martino sont notamment allés jusqu’au Mexique, et à Cuba, un des seuls endroits du monde où les abeilles sont préservées. To bee or not to be… un titre en forme de jeu de mots (bee signifie abeille en anglais), mais une question sérieuse : la vie serait-elle possible dans un monde sans abeilles ?

Frank et Roch se battent pour sauver ces insectes, persuadés qu’à terme, c’est l’Homme qui pâtirait de leur disparition. Ces infatigables travailleuses fabriquent en effet, non seulement le miel, mais aussi d’autres substances très utiles à l’espèce humaine…

Nous vous souhaitons un très bon week-end,  une bonne saison et prenez soin de  vous et des autres.

L’équipe du SNA

AU FIL DES MOIS… AVRIL 2020

 

Les dix derniers jours de mars plutôt froid avec un vent d’est dominant a conduit nos colonies à rester confinées en attendant des jours meilleurs, mais attention, les premières visites ont pu faire ressortir que les réserves s’épuisent petit à petit, la ponte augmente, le couvain prend de plus en plus de place, il va être temps maintenant de faire une bonne visite de printemps par une température d’au moins 16° et en l’absence de vent. Durant cette visite, il faudra mettre des cadres cirés à construire ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 20 pour cette année, et lorsqu’ils sont construits et pondus, les replacer au centre du nid à couvain, ainsi leur renouvellement se fera plus aisément. Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Cadre ciré

Numéroter les cadres

Profitez également de ces premières visites pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau) ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser…

Marquer la reine

Marquer la reine en bleu cette année

La colonie croît rapidement, les naissances se font de plus en plus nombreuses, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles. Il faudra également penser à préparer les hausses,.. car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps et l’an dernier, en certains endroits, cette récolte a été presque aussi bonne que celle d’été.

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie se prépare à essaimer.

Abeille et faux-bourdon

Nous l’avons déjà vu lors des cours du rucher-école, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrétera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, à maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.

  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?

  • Un nouveau statut lui est maintenant défini, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.

Ventileuses

  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Abeille qui butine une fleur de Pittosporum « Garnettii »

RAPPEL : en cette période si particulière d’épidémie de Covid 19, avant de visiter vos ruchers, munissez-vous impérativement de votre attestation de déplacement dérogatoire, de votre déclaration de ruchers et également de la copie (à télécharger sur le site de La Manche Apicole) de l’autorisation de déplacements pour visites de ruchers en période de confinement.

Rendez-vous maintenant en mai. A.L. et K.L.

 

Instructions DGAL concernant les déplacements dérogatoires

La présente instruction décline les activités apicoles jugées prioritaire, autorisées et les activités reportées. Ces mesures concernent à la fois les apiculteurs professionnels et les apiculteurs de loisirs

Ci-dessous le PDF officiel à télécharger

Instruction_DGAL_deplacements_derogatoires_apiculteurs_20032020

Déplacements pour visites de ruchers en période de confinement

Communiqué du SNA à propos du déplacement dérogatoire

 

« Chers Présidentes, Chers Présidents,

Chères administratrices et administrateurs,

Pour vous déplacer, vous devez avoir dans votre véhicule :

– Votre tenue d’apiculteur complète et votre matériel apicole

– Votre attestation de déplacement dérogatoire en cochant la case déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle

– Ainsi que votre déclaration télé ruchers qui fait apparaître votre numéro SIRET qui correspond à l’identification d’une activité économique et d’élevage, ou votre NAPI.

De plus, vous pouvez cocher la case déplacements pour effectuer des achats de première nécessité les magasins de fournitures agricoles (donc apicoles) étant autorisés à rester ouverts (voir liste sur www.gouvernement.fr). Utile si vous avez besoin d’aller acheter du sirop de nourrissement ou du matériel

L’ensemble de ces déplacements s’inscrivent dans la continuité de l’activité apicole donc agricole et relèvent du bien-être animal.

L’interprofession InterApi à laquelle adhère le SNA, a formulé une demande auprès du ministère de l’Agriculture afin d’obtenir un texte plus clair en matière de suivi des animaux d’élevage.  Ce document devra être aussi validé par le ministère de l’Intérieur, le pas de temps risque d’être long.

Dès que nous en serons en possession, nous le ferons circuler.

Bien cordialement.

Frank Alétru,
Président »

 

Communication du Syndicat National d’Apiculture

Nouvelle reconnaissance internationale du travail réalisé par

le Syndicat National d’Apiculture

De gauche à droite : Josef STICH (précédent Président du syndicat autrichien), Frank ALÉTRU (Président de l’EPBA), Manfred STURM (apiculteur pro autrichien), Walter HAEFECKER (Président d’honneur de l’EPBA)

Chères Présidentes et Chers Présidents,
Chères Secrétaires et Chers Secrétaires,
Chères Trésorières et Chers Trésoriers,

C’est avec un grand honneur et conscience de l’immense charge et de la responsabilité que représente la présidence de l’EPBA, le syndicat européen des apiculteurs professionnels, que j’ai accepté d’être candidat à ce poste.

Cette élection inattendue à l’unanimité confirme la confiance et l’espoir qu’accordent nos collègues européens dans la capacité d’action du SNA.

Lors de son assemblée générale qui s’est tenu les 20 et 21 février dernier à Graz en Autriche, l’EPBA, European Professional Beekeepers Association qui représente 18 États membres, a renouvelé son équipe.

Pour reprendre le flambeau derrière Walter HAEFECKER, figure emblématique de l’apiculture en Europe, les membres m’ont témoigné toute leur confiance.

Réunie en amont du Congrès national autrichien organisé par l’association des apiculteurs professionnels autrichien, l’EPBA a fait un point sur la situation apicole au sein des pays de l’union européenne.

Un rapide tour d’horizon qui a permis de se rendre compte qu’à travers l’Europe, les apiculteurs font face aux mêmes problèmes et préoccupations :

  • Des cours du miel en gros insoutenables pour les exploitations professionnelles
  • Une nécessaire amélioration de la transparence des origines sur les miels en mélange
  • La nécessité d’améliorer la lutte contre la fraude (miel/cire)
  • La montée des extrémismes apicoles en matière de races d’abeilles qui conduisent à des relations compliquées sur le terrain
  • Des populations d’ours grandissantes (les pays d’Europe du Nord et de l’Est)
  • L’expansion du frelon asiatique qui inquiète nos collègues.

À ces thématiques s’ajoutent les sujets omniprésents : les pesticides (évaluation de la toxicité et réduction de l’exposition), la politique agricole commune et la déshumidification du miel.

Au lendemain de mon élection, j’ai pu échanger avec Jeff PETTIS, le Président d’Apimondia sur les controverses latentes relatives à la conservation des races d’abeilles au sein du monde apicole.

Impossible de suivre tous ces dossiers seul. Pour y parvenir j’ai divisé l’Europe en trois grandes zones Nord, Centrale et Sud assisté par une équipe dynamique de vice-présidents et différents groupes de travail, qui en auront désormais la charge :

  • Président : Frank ALÉTRU (France)
  • Représentants Zone Nord :
    Sandris AKMANS (Lettonie)
    Matt OLLOFSON (Suède)
  • Représentants Zone Centrale :
    Berhnard HEUVEL (Allemagne)
    Peter BROSS (Hongrie)
  • Représentants Zone Sud :
    Vasileios NTOURAS (Grèce)
    Henri CLÉMENT (France)

Bien cordialement.

Frank ALÉTRU

Assemblée générale du Groupement sanitaire apicole de la Manche :

Salle comble au centre culturel

le GDSA est à la peine…

Le samedi 7 mars, a eu lieu la traditionnelle assemblée générale du Groupement ; ce fut l’occasion pour une grande partie des 316 adhérents de venir retirer leurs médicaments.

L’organisation pour la distribution des médicaments

Un public nombreux a pu ensuite assister à l’AG statutaire le matin et après le déjeuner échanger sur l’exposé de la biosécurité en apiculture avec le Dr Hélène Lemoine. Un forum des questions a alimenté ensuite le reste de l’après-midi.

Le Groupement traverse une période difficile ; en effet la présidence se trouve vacante et après le retrait de notre trésorier, le bateau GDSA a une voie d’eau… qui mérite une grande attention de votre part. Appel est lancé pour que la structure revive…

Après le rapport moral et d’activités présenté par l’ancien président, un point a été fait sur l’évolution de la loque américaine dans notre département. Notre vétérinaire conseil s’est centré en 2019 sur le secteur saint-lois et 6 apiculteurs ont été impactés. 7 APDI ont été mis en place.

Des rappels sur la tenue du registre d’élevage pour les apiculteurs qui commercialisent du miel ainsi que sur le traitement des colonies contre varroa (essentiel pour la sauvegarde de ses colonies), car des échos nous sont parvenus où de grosses pertes sur certains ruchers ont été constatées, essentiellement dues au manque de traitement ou à un traitement réalisé trop tardivement.

Après le bilan financier exposé, il en ressort un déficit lié en partie aux frais engagés pour les formations de nouveaux TSA (Techniciens sanitaires apicoles).

Antoine Métayer faisant le bilan sur le frelon asiatique

Antoine Métayer, directeur de la FDGDON nous a fait le bilan de l’année 2019 sur le frelon et présenté les travaux de recherche d’Eric Darrouzet, enseignant chercheur à l’université de Tours sur les appâts sélectifs à partir d’hormones émis par le frelon ainsi que sur la destruction thermique des nids.

Un pot de l’amitié a clôturé cette journée.

A.L.

Cours perfectionnement rucher-école Saint-lô

Les cours du rucher-école de Saint-Lô pour la session perfectionnement débuteront le samedi 18 avril 2020 dans les locaux du Musée du Bocage Normand Boisjugan, boulevard de la Commune selon le calendrier et le programme suivants :

Calendrier et programme des cours de perfectionnement :

Avril :  Samedi   18 à 14h00 – Essaimage naturel – Créer un essaim artificiel.

Mai  :   Mercredi 13 à 14h00 – Vérification des essaims artificiels – Essaim par tapotement.

Juin : Mercredi  17 à 14h00 – Vérification des essaims artificiels – Elevage de reines.

            Samedi  27 à 14h00 – Introduction de cellules royales – Vérification de la ponte.

Sept :  Samedi  26 à 12h00 – Barbecue.

AU FIL DES MOIS… MARS 2020

Nous venons de traverser un mois de février, habituellement le mois le plus froid dans notre région, mais, cette année, extrêmement doux, pluvieux et venteux… avec de belles et inquiétantes journées à plus de 15° qui ont fait sortir de leur léthargie nos colonies et ont favorisé la reprise de la ponte de la reine (qui d’ailleurs n’a que très peu voire pas du tout cessé cet hiver). Les noisetiers sont encore en fleurs, les aulnes et les saules commencent à fleurir, quelques fleurs de pissenlit commencent à marquer les prairies d’un jaune intense. Le réveil est bel et bien là, soyons prêts à intervenir.

Tout apiculteur est impatient d’aller voir si tout son petit monde va bien, mais attention : il ne faut surtout pas ouvrir à moins de 16° pour cette première visite de l’année qui sera non pas appliquée mais très brève pour constater la densité de la ponte. Les abeilles d’hiver vont petit à petit disparaître pour donner naissance à celles d’été qui iront chercher le pollen et le nectar tant convoités.

Plusieurs points importants  :

  • Vérifier si la nourriture est suffisante, car la consommation, dans les semaines à venir ne va que s’accentuer. Si besoin, ajouter un pain de candi ou si les températures le permettent, à plus de 16° vous pouvez donner en fin de journée aux colonies les plus faibles un peu de sirop épais et tiède pour compléter les réserves.

 

Pain de candi maison

  • Un beau couvain, bien compact est signe que la colonie est prometteuse.

  • Un couvain clairsemé, c’est le signe que la reine est soit âgée ou qu’elle a été mal fécondée. S’il s’agit d’une jeune reine, c’est une non-valeur qu’il ne faudra pas garder, mais attendez le mois d’avril avant de la pincer.

  • Pas de ponte du tout : il n’est même pas nécessaire de garder la colonie. Si les cadres sont beaux, sans anomalie et sains, vous pouvez les conserver, ce sera un gain de temps appréciable pour faire augmenter une ponte dans une autre colonie. Les abeilles pourront être secouées au loin en déplaçant la ruche de son emplacement initial, les ouvrières restantes se répartiront dans les autres ruches à proximité et seront facilement acceptées car leur jabot sera plein.

  • Pensez à aller sur votre rucher en amenant des plateaux propres, ils seront échangés pour éviter toute propagation de maladies.

  • Attention au pillage ! Tout apiculteur rêve de n’avoir que des ruches populeuses et en pleine possession de leurs moyens, mais malheureusement, sans en connaître la cause, des colonies plus ou moins faibles et sans surveillance particulière, peuvent se faire piller et un pillage organisé ne dure que quelques heures… Vous allez perdre à la fois une colonie et vous risquez de contaminer une ou plusieurs autres s’il y a un problème sanitaire.

  • A la fin du mois, les ruches faibles avec un couvain faible mais compact, peuvent facilement repartir avec un nourrissement de stimulation, 50-50 donné tiède et le soir à raison de 20 cl tous les 2 jours ; pensez également à réduire le trou de vol pour éviter toute intrusion. Si c’est un sirop du commerce, le risque de pillage est moindre car il est sans odeur, mais attention à celui que vous fabriquez avec du sucre !

  • A la reprise de la ponte, les colonies vont avoir besoin de beaucoup d’eau pour la fabrication de la bouillie larvaire, mélange de pollen, miel et eau. Mettez-leur à disposition des abreuvoirs avec de l’eau saine ; avec un peu d’imagination, vous pourrez facilement trouver le moyen pour que les abeilles ne se noient pas… Changez l’eau régulièrement et si les abreuvoirs sont mis suffisamment tôt, elles en prendront l’habitude et n’iront pas chercher cette eau sur des flaques qui ont pu contenir des traitements agricoles, des hydrocarbures ou tout autre produit polluant…

  • Attendez impérativement la fin du mois pour agrandir le nid à couvain, il ne faut pas augmenter prématurément le volume car les nuits sont encore fraîches et la population encore insuffisante, ce sera le moment de faire une visite approfondie et de changer les cadres noircis.

  • Dans le même ordre d’idée, n’hésitez pas à réduire le volume des colonies faibles et à ajouter des partitions isolantes et réfléchissantes, cela va considérablement aider les abeilles dans leur développement en maintenant la chaleur dans le nid à couvain.

Rendez-vous au mois d’avril. A.L. et K.L.