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Ruche connectée

Installation de balances connectées dans les ruchers-écoles

De plus en plus d’apiculteurs s’équipent de balances « connectées » ou « automatiques » dans leur rucher. Ce sont des dispositifs de pesée qui renvoient des données numériques sur un serveur consultable à distance, selon une certaine périodicité (chaque heure par exemple).

Les intérêts sont nombreux :

  • suivi d’une miellée en cours ;

  • détection de l’essaimage (grâce à la variation de poids) ;

  • contribution à l’analyse de la biologie d’une colonie (par exemple, diminution du poids durant l’hivernage) ;

  • alerte transmise par SMS ou mail en cas de forte variation de poids (vol, malveillance…).

Après plusieurs contacts (dont certains infructueux) et après nous être documentés et renseignés, nous avons retenu un modèle proposé par la société CBK1 (Connected Beekeeping) qui propose un module pouvant équiper 4 ruches pour un coût de 400€, utilisant le « signal » Sigfox2 (il faut que ce dernier soit présent dans le rucher pour ce modèle).

Les trois ruchers-écoles du département vont être équipés et, le samedi 13 février, nous avons installé ces balances à Saint-Lô (il faisait froid !).

La ruche est déplacée.

Balance posée sur une dalle, recouvrant deux parpaings. Ensuite, un carreau de carrelage de 45×45 sera placé sur la balance et la ruche sera installée sur l’ensemble. Plus tard, le câble sera relié à un boîtier.

Les 4 balances sont connectées à un boîter fixé sur l’une des ruches équipées, il transmettra les données numériques. Pas de piles ou de batterie, tout fonctionne grâce à l’énergie solaire.

 

Voici les données consultables sur l’interface développée par le fabricant. Les 4 lignes du haut représentent les résultats de pesée qui ont lieu chaque heure (précision de 200 g), celle du bas étant la température enregistrée sur le boîtier (exposé à l’Ouest, d’où une température élevée en fin de journée). Cet enregistrement ayant eu lieu en février, les données sont bien sûr stables. L’échelle peut être modifiée comme l’apiculteur le souhaite et il est également possible de générer un fichier reprenant toutes les données pour les exploiter sous un tableur.

Nous sommes impatients d’observer les premières variations de poids liées à l’activité des abeilles ! De même, nous publierons et commenterons ces données dans la rubrique mensuelle « Au fil des mois ».

KL

: https://www.connectedbeekeeping.fr

2 : Sigfox est un opérateur de télécommunications français.

AU FIL DES MOIS… MARS 2021

Le mois de février n’a pas failli à sa réputation : alternance de périodes froides ou pluvieuses, avec une dernière semaine presque printanière durant laquelle on a vu des journées à plus de 15° qui ont fait sortir de leur léthargie nos colonies et ont favorisé la reprise de la ponte de la reine. Les chatons des noisetiers commencent à roussir, ceux des aulnes et des saules prennent le relais, quelques fleurs de pissenlit commencent à marquer d’un jaune intense les versants abrités des fossés. Le réveil est bel et bien là, soyons prêts à intervenir.

Fleur d’amandier

Nous commençons à avoir les doigts qui démangent d’aller ouvrir pour voir si tout se passe bien à l’intérieur des ruches, mais attention : il ne faut surtout pas le faire à moins de 16° pour cette première visite de l’année qui sera non pas appliquée mais très brève pour constater la densité de la ponte. Les abeilles d’hiver vont petit à petit disparaître pour donner naissance à celles d’été qui iront chercher le pollen et le nectar tant convoités.

Plusieurs points importants  :

  • Vérifier si la nourriture est suffisante, car la consommation, dans les semaines à venir ne va que s’accentuer. Si besoin, ajouter un pain de candi ou si les températures le permettent, à plus de 16° vous pouvez donner en fin de journée aux colonies les plus faibles un peu de sirop épais et tiède pour compléter les réserves (à faire avec parcimonie).

  • Un beau couvain, bien compact est signe que la colonie est prometteuse.

 

Beau couvain bien compact

  • Un couvain clairsemé est le signe que la reine est soit âgée ou qu’elle a été mal fécondée. Si vous avez la certitude que c’est une jeune reine, c’est une non-valeur qu’il ne faudra pas garder, mais attendez le mois d’avril avant de la pincer afin que les mâles soient aptes à la reproduction.

  • Pas de ponte du tout : il n’est même pas nécessaire de garder la colonie. Si les cadres sont beaux, sans anomalie et sains (pas plus de 3 ans de service), vous pouvez les conserver, ce sera un gain de temps appréciable pour faire augmenter une ponte dans une autre colonie. Les abeilles pourront être secouées au loin en déplaçant la ruche de son emplacement initial, les ouvrières restantes se répartiront dans les autres ruches à proximité et seront facilement acceptées car leur jabot sera plein.

  • Pensez à aller sur votre rucher en amenant des plateaux propres, ils seront échangés pour éviter toute propagation de maladies.

Plancher ou plateau avec ventilation totale et tiroir

  • Attention au pillage ! Tout apiculteur rêve de n’avoir que des ruches populeuses et productives, mais malheureusement, sans en connaître la cause, des colonies plus ou moins faibles et sans surveillance particulière, peuvent se faire piller et un pillage organisé ne dure que quelques heures… Vous allez perdre à la fois une colonie et vous risquez de contaminer une ou plusieurs autres s’il y a un problème sanitaire.

Pillage

  • A la fin du mois, les ruches faibles avec un couvain peu développé mais compact, peuvent facilement repartir avec un nourrissement de stimulation, 50-50 donné tiède et le soir à raison de 20 cl tous les 2 jours ; pensez également à réduire le trou de vol pour éviter tout pillage. Si c’est un sirop du commerce, le risque est moindre car il est sans odeur, mais attention à celui que vous fabriquez avec du sucre !

Candi posé sur le couvre cadre

Candi posé directement sur les cadres

  • À la reprise de la ponte, les colonies vont avoir besoin de beaucoup d’eau pour la fabrication de la bouillie larvaire, mélange de pollen, miel et eau. Mettez-leur à disposition des abreuvoirs avec de l’eau saine ; avec un peu d’imagination, vous pourrez facilement trouver le moyen pour que les abeilles ne se noient pas… Changez l’eau régulièrement et si les abreuvoirs sont mis suffisamment tôt, elles en prendront l’habitude et n’iront pas chercher cette eau sur des flaques qui ont pu contenir des traitements agricoles, des hydrocarbures ou tout autre produit polluant…

     

     

    Point d’eau avec flotteurs

  • Ne soyez pas impatients, attendez impérativement la fin du mois pour agrandir le nid à couvain, il ne faut pas augmenter prématurément le volume car les nuits sont encore fraîches et la population encore insuffisante. Attendez le bon moment (température adaptée et absence de vent) pour faire une visite approfondie et pour changer les cadres de rives noircis et souvent moisis.

    Partition en position 10

  • Dans le même ordre d’idée, n’hésitez pas à réduire le volume des colonies faibles et à ajouter des partitions isolantes et réfléchissantes, cela va considérablement aider les abeilles dans leur développement en maintenant la chaleur dans le nid à couvain.

Rendez-vous au mois d’avril. A.L. et K.L.

Initiative Citoyenne Européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

 

LInitiative Citoyenne Européenne (I.C.E.) est un outil de démocratie participative à l’échelle européenne. Si cette I.C.E réuni au moins 1 million de citoyens et citoyennes européen(nes) issu(es) d’au moins 7 pays de l’Union Européenne, la Commission européenne devra présenter une proposition d’acte législatif portant sur la problématique portée par l’Initiative Citoyenne Européenne.

« sauvons les abeilles et les agriculteurs » demande à la Commission européenne :

– une élimination progressive des pesticides de synthèse dans l’Union européenne d’ici 2035.

– des mesures de restauration de la biodiversité dans les zones agricoles.

– un soutien aux agriculteurs dans la transition vers un modèle agricole durable en privilégiant les petites exploitations, les pratiques biologiques et agroécologiques.

Une centaine d’ONG sont à l’initiative de cette ICE « sauvons les abeilles et les agriculteurs » dont le but est de récolter un million de signatures dans toute l’union européenne d’ici mars 2021.

A ce jour 450 000 signatures

Comment soutenir l’ICE

Signer l’initiative

Partager l’information

Le site est en français

Afin d’être sûrs de la validité du nombre de signatures, il vous sera demandé d’attester de votre statut de citoyen·ne européen·ne (passeport, carte d’identité). La liste des signataires ne sera en aucun cas rendue publique.

https://www.savebeesandfarmers.eu/fra/

Il est possible d’imprimer un document papier et de l’envoyer à l’adresse indiquée.

https://www.savebeesandfarmers.eu/w/files/paper-signature-form/fr_paper-signature-form.pdf

AC


Comptage collectif Varroas destructor dans la région Normandie

Ci-dessous un communiqué de la Section Régionale Apicole de Normandie…
Je vous invite à en prendre connaissance et à participer nombreux à ce comptage régional, les enseignements tirés de ces statistiques seront nombreux et les répercussions seront très certainement intéressantes pour nous apiculteurs Normands…
Je me charge de compiler les résultats de vos comptages, et ensuite de les retransmettre au représentant de la section régionale.
Vous aurez connaissance des retours de cette étude bien entendu… Tout est indiqué dans le texte ci-dessous.
Stéphan BABIN
Secrétaire GDSA 50
Pour information aux éventuels participants : La date limite d’envoi des résultats est fixée au 21 mars 2021
Pour les participants non adhérents au GDSA50 : merci de le préciser lors de l’envoi des résultats au référent de la Manche
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Comptage de Varroa destructor 

dans la région Normandie

Madame, Monsieur,

La Section Apicole Régionale vous invite à participer à un comptage collectif des Varroa destructor pendant trois jours de votre choix du 22 février au 14 mars 2021.

Pourquoi ? Parce que le taux d’infestation au Varroa est indicateur très important pour l’avenir d’une colonie d’abeilles. Cet indicateur peut conduire à agir en conséquence, notamment par la sélection de colonies et par l’utilisation de traitements appropriés. Le taux d’infestation est une information essentielle pour la conduite sanitaire d’un rucher.

Comment ? En utilisant un lange graissé (ex : planche en tôle, tiroir plastique) sous le plancher aéré de votre ruche. Les varroas qui chutent régulièrement de la colonie vont rester fixés au lange. Les compter permet d’évaluer l’infestation de la colonie. 

  • Recouvrir le lange de matière grasse (graisse à traire, huile végétale sans odeur, vaseline)
  • Insérer le lange sous le plancher grillagé 
  • Retirer le lange après 3 jours
  • Compter les varroas et transmettre ses résultats à la section apicole du GDS ou au GDSA de son département.
Photo varroa

Pour plus d’informations sur le comptage par chutes naturelles : 
Fiche technique GDS Normandie : Chutes naturelles sur lange.
Fiche technique GDS France : Détermination du taux  d’infestation par comptage  de chutes naturelles.

Quand ? 

  • Du 22 février au 14 mars 2021, avant la fin de l’hivernage des colonies. 
  • Entre ces deux dates, choisissez 3 jours consécutifs : installez un tiroir sous un plancher aéré, puis revenez 3 jours plus tard pour compter les varroas. En divisant par 3, vous obtiendrez le nombre de varroas tombés par jour. À cette période, on considère que le seuil d’alerte est atteint dès lors que l’on compte 1 varroa par jour. Testez le nombre de colonies de votre choix.

À qui envoyer le comptage ? A la section apicole du GDS ou au GDSA de votre département. Les résultats peuvent être envoyés par mail, aux adresses indiquées ci-dessous. Vous préciserez : votre nom, les dates des trois jours de comptage, le nombre de colonies comptées, le nombre total de varroas tombés pour chaque ruche.

14 (Calvados) : 

27 (Eure) : 

50 (Manche) : stephbab1@hotmail.com

61 (Orne) : 

76 (Seine-Maritime) : 

Pour toutes questions, nous vous invitons à vous adresser à la section apicole du GDS ou au GDSA de votre département.

Une restitution du comptage à l’échelle régionale sera envoyée aux participants.

Après ce comptage collectif, la section apicole régionale vous incite à compter fréquemment les varroas sur des périodes de plusieurs jours. Une durée globale minimale d’une semaine est recommandée pour ce suivi, l’idéal étant de porter la période de comptage à 2 semaines. 

Cordialement,

La Section Apicole Régionale Normande

Journée technique de la FNOSAD

Retransmise depuis Agen, le 15 janvier 2021

En rediffusion sur le site de La FNOSAD : https://www.fnosad.com/videos

Au programme, des conférences pour tous les apiculteurs sur des sujets majeurs du sanitaire apicole et en particulier sur la lutte contre le varroa : informations sur les phénomènes de résistance aux acaricides, sur des méthodes alternatives, partage d’expérience de stratégies de lutte, etc.

AC

AU FIL DES MOIS… FEVRIER 2021

 

En attendant la période normalement la plus froide dans notre département, nous avons connu un mois de janvier assez frais, avec un radoucissement en fin de mois, pluvieux avec tout de même quelques journées ensoleillées qui nous ont permis d’aller voir si tout allait bien dans nos ruchers.

Retour de pollen

Chacun a pu remarquer que le pollen commençait à rentrer en petites pelotes dans les ruches. De petites pelotes car les brèves sorties dues à la météo encore froide ne permettent pas de stocker dans les corbeilles situées sur les pattes arrières beaucoup de grains de pollen.

 

Les jours rallongent, le soleil va prendre de la puissance et de ce fait, si les températures avoisinent les 13°, les butineuses vont sortir en nombre vers les noisetiers et les premiers saules. À remarquer que plus le pollen rentrera et plus la reine sera sollicitée pour pondre, mais avec ce redémarrage de l’activité, les abeilles vont consommer davantage : il faut absolument surveiller les réserves et ne pas hésiter à les compléter en posant un pain de candi.

Pain de candi maison

En fonction des colonies, l’activité peut être plus ou moins intense. Dans certaines ruches, la reine n’est peut-être plus présente, ou trop vieille, d’où l’importance du marquage pour en connaître son âge signalé soit avec une punaise de la couleur de l’année plantée sur la ruche ou un relevé sur la fiche de conduite…

Couleur de la reine 2021 : blanc

S’il n’y a pas suffisamment d’abeilles pour stimuler sa ponte, il faudra attendre une belle journée à la fin du mois ou en mars pour ouvrir et établir un vrai diagnostic et, éventuellement, stimuler au sirop tiédi à 35° si cela en vaut la peine. Malgré cette stimulation, si la colonie est faible, elle aura du mal à repartir, il faudra alors penser à lui incorporer un cadre de couvain fermé, mais il est encore un peu trop tôt.

Déposez des langes graissés sur le plateau de quelques ruches pour voir si le traitement anti-varroas fait à l’automne et celui éventuellement réalisé à l’acide oxalique avec AMM (Autorisation de mise sur le marché) du début d’hiver ont été suffisants ; faites un comptage et au-delà de 2 varroas/jour, il faudra penser à refaire un traitement.

Varroas sur le tiroir

Si aucune abeille ne sort de la ruche par beau temps, il y a de fortes chances que la colonie soit morte, vous pouvez alors l’ouvrir, retirer les cadres, les fondre pour récupérer la cire qui ne devra pas servir à la confection de cire gaufrée (risque de maladie ou de pollution). En profiter pour ramener tous les éléments vides à l’atelier et les nettoyer, les gratter puis les passer au chalumeau afin de les désinfecter.

Nettoyage du matériel à la flamme

Si vous constatez des mortalités importantes, n’hésitez pas à le signaler à la DDPP. Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ddpp@manche.gouv.fr N’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’apiculteur (NAPI).

Encore une fois, ne négligez pas le traitement contre varroa, il reste le fléau numéro 1 des abeilles. Les mortalités ne paraissent pas importantes cette année, mais l’hiver est loin d’être terminé.

L’acarien Varroa destructor transmet des virus aux abeilles, dont le DWV (virus des ailes déformées), qui entraîne une atrophie alaire empêchant l’abeille de voler.

C’est le moment de passer en revue tout le matériel et faire une remise en état des cadres, ruches et ruchettes, pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Préparez et cirez vos cadres que vous laisserez à température ambiante, faites des partitions en nombre car nous en avons toujours besoin.

Cirer les cadres

Vous pouvez aussi réfléchir à de nouveaux emplacements et prendre contact avec des propriétaires de terrains jouxtant des endroits qui vous paraissent favorables : bois, friches, landes… Il ne faut cependant pas déplacer les colonies par temps trop froid, ce qui désorganiserait la grappe. Dans tous les cas, pensez à respecter la législation en vigueur.

Pensez également à déposer dès maintenant des pièges sélectifs pour capturer des fondatrices frelons asiatiques, car même si 2020 n’a pas connu une invasion sur l’ensemble du département, certains secteurs comme le Saint-Lois, le Granvillais ainsi que le Coutançais ont connu une pression importante. Soyons vigilants.

Rendez-vous en mars.                                                                            

  A.L. et K.L.

BILAN DE LA SAISON DE LUTTE COLLECTIVE 2020 CONTRE LE FRELON ASIATIQUE

Bilan du programme départemental de lutte collective contre les frelons asiatiques pour 2020 dans le département de la Manche confiée à la FDGDON (Fédération Départementale de Défense contre les Organismes Nuisibles).

Le frelon asiatique, espèce exotique envahissante, et danger sanitaire de 2ème catégorie au titre de la santé des abeilles, est apparu dans le Sud-Manche en 2011 et le Nord-Cotentin en 2013.

Le programme de lutte collective a été créé et mis en application dès 2016.

En 2020 96% des collectivités se sont engagées dans la lutte collective contre le frelon asiatique.

Le nombre de nids de frelon localisés était en 2018 de 5898, en 2019 de 2503 et en 2020 de 4034.

D’après la FDGDON les colonies de frelons asiatiques ne sont pas réparties de façon uniforme dans l’espace et dans le temps.

Les densités restent cependant liées à l’urbanisation et la proximité de la mer.

Granville-Terre-et-Mer est l’intercommunalité qui est impactée par une densité nettement supérieure aux autres.

La plus forte progression observée en 2020 est sur Coutances-Mer-et-Bocage.

L’agglomération Saint-loise reste toujours très impactée.

A noter que Cherbourg-en-Cotentin est en régression en 2020.

Informations détaillées à lire dans le bilan complet de la FDGDON de la Manche pour 2020

Le bilan complet de la FDGDON saison 2020 : Bilan Frelons Asiatiques – Manche – Saison 2020

AU FIL DES MOIS … JANVIER 2021

En cette période hivernale, certes pas très froide, que se passe-t-il donc à l’intérieur de la ruche ? Tout apiculteur, novice ou expérimenté, doit bien connaître le « fonctionnement » de ses colonies. Le froid va arriver dans notre département mais après un mois de décembre globalement doux qui a généré encore quelque activité, la grappe est maintenant bien formée avec, en son centre, la reine et les provisions autour.

Pendant les mois d’hiver, les abeilles savent moduler la température, celles présentes à l’extérieur de la grappe constituent une « couche isolante » alors que celles du centre, en consommant le miel qui est désoperculé au fur et à mesure de leur besoin, réchauffent la grappe en contractant certains muscles pour maintenir une température qui oscille aux alentours de 35°. Attention, il ne faut en aucun cas les déranger, elles assurent leur survie en étant groupées, toute perturbation de la grappe peut mettre la colonie en péril. Lorsque le soleil sera bien présent et les températures un peu plus élevées, elles sortiront rapidement pour vider leur ampoule rectale ; pour ceux qui ont leurs ruches dans leur jardin, attention au linge qui est étendu, il pourrait se trouver maculé de tâches brunâtres…

La théorie voudrait que la ponte se soit complètement arrêtée et que le couvain ne soit plus du tout présent, c’est donc le moment de faire un traitement complémentaire contre varroa (acteur principal dans la mortalité des colonies), à l’acide oxalique par dégouttement ou par fumigation,(en utilisant des médicaments avec une Autorisation de Mise sur le Marché, comme Apibioxal, Oxybee, Varromed), mais ATTENTION : protégez-vous en mettant un masque qui protège des vapeurs d’acides organiques, des lunettes de protection adaptées. Mettez également des gants et une combinaison car l’acide pénètre dans l’organisme par les pores de la peau. Avant ce traitement d’hiver, pensez à poser une plaque graissée sur le fond de la ruche, afin de faciliter l’observation des chutes de varroas pour avoir une idée de l’infestation et de l’efficacité du traitement d’été. Il n’est pas rare de constater la chute de plusieurs centaines voire de quelques milliers de ces parasites qui font des ravages dans nos colonies. Moins le nombre de varroas sera important et mieux se portera la colonie à son réveil.

Varroas

Varroa sur une larve de faux bourdon

Si vous avez bien surveillé cet automne l’état des provisions, vous n’avez pas à vous inquiéter, mais si l’élevage a débuté avec l’apparition des premiers chatons sur les noisetiers, la consommation va nettement augmenter ; n’hésitez pas à soupeser délicatement vos ruches et si vous jugez qu’elles n’ont pas suffisamment de provisions, vous pouvez déposer un demi-pain de candi posé sur le trou de nourrissement, en ayant pris soin de ne faire qu’un trou d’environ un centimètre pour éviter que le candi ne coule et englue la grappe avec la chaleur que dégage celle-ci. Pour ceux qui utilisent des nourrisseurs couvre-cadres, soulevez-le, posez délicatement le pain de candi ramolli au préalable sur la grappe d’abeilles, en ayant pris soin d’enfumer pour éviter les écrasements, mettre un journal ou une ou deux feuilles d’aluminium ménager pour calorifuger et retourner le nourrisseur (cette opération n’est possible que s’il fait suffisamment doux).

Pain de candi maison

Un été sec (donc pauvre en nectar) et un début d’hiver assez clément (favorisant la consommation de réserves) impliquent une surveillance particulière et une vigilance accrue. Il ne faudra pas hésiter à distribuer du candi. Même si cet apport n’est pas le fruit de la récolte des abeilles, apporter du candi vaut mieux que de laisser une colonie « mourir de faim », c’est à la fois très contrariant et impardonnable…

Si vous voulez déplacer vos ruches de quelques mètres, c’est le moment opportun, mais seulement après une période d’une dizaine de jours assez froid et sans sorties. Les abeilles auront alors perdu la mémoire de leur emplacement, et toujours avec précaution, sans choc, posez vos ruches sur leur nouvel endroit.

Faites le point sur le matériel à renouveler et à acheter, ne vous y prenez pas au dernier moment car vous pourrez, si vous vous y prenez un peu tard, avoir la mauvaise surprise que votre distributeur soit en rupture de stock… et pensez au temps de séchage des lasures ou autres produits protecteurs (ruches, ruchettes). Pour ceux qui ont fait l’acquisition de ruches en pin douglas (plus chères mais plus résistantes), le traitement n’est pas obligatoire.

Chaudière à cire pour fondre les cadres

Il est temps également de fondre les cadres pour récupérer la cire. Surtout, ne mélangez pas tout et faites un tri au préalable afin de différencier celle des corps et celle des opercules. La cire la moins belle servira à fabriquer des bougies ou sera vendue à un artiste sculpteur pour ses moules ou à un ébéniste pour la confection d’encaustique et l’autre pourra, à l’aide du gaufrier mis à disposition par votre syndicat, vous permettre de fabriquer vos propres cires gaufrées qui seront d’ailleurs bien mieux acceptées que celles du commerce.

La louche de cire est étalée

Feuilles de cire gaufrées

Pour conclure, disons que l’automne et l’hiver sont les périodes les plus appropriées pour se cultiver et enrichir sa bibliothèque d’ouvrages apicoles ; vous pourrez y puiser de judicieux conseils car il faut reconnaître que le sujet est complexe ! Plus que jamais, il nous faut être informés. Rendez-vous maintenant en février.

Malgré cette période si particulière que nous traversons en ce moment, bonne année 2021 à toutes les apicultrices, tous les apiculteurs et toutes les abeilles de la Manche !

A.L. et K.L.

Production de miel en France

L’Itsap publie sur son blog une étude sur le marché du miel français

Les 2 cartes suivantes sont extraites de cette étude :

Figure 1 : Répartition régionale de la production. 2015

Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale, FranceAgriMer, 2016.

Figure 2 : Répartition régionale de la production de miel. 2018 & 2019

Source : Observatoire de la production de miel et de gelée royale, FranceAgriMer, 2020.

Selon l’ITSAP suite à la production jugée exceptionnelle de 2018 (27 736 tonnes), la production française de miel est en baisse en 2019 : elle est estimée par l’observatoire de la production de FranceAgriMer à 21 626 tonnes soit -21% par rapport à 2018.

Toujours selon l’ITSAP et l’Observatoire de la production de miel et de gelée royale de FranceAgriMer la consommation de miel en 2019 est de 45 760 tonnes soit une hausse de +5% par rapport à 2018, +9% par rapport à 2017 et surtout + 34% par rapport à 2016.

Pour en savoir plus :

http://blog-itsap.fr/marche-francais-miel-2019-geographie-de-production-segmentation-marche-miels-signe-de-qualite-existant/

http://blog-itsap.fr/wp-content/uploads/2020/11/PPT_March%C3%A9-fran%C3%A7ais_miel_en-2019_ITSAP_VF.pdf

http://blog-itsap.fr/category/etudes/

AC

ASSEMBLEE GENERALE 2020 ANNULEE…

En raison des mesures gouvernementales prises pour lutter contre la pandémie
Covid-19, nous ne sommes pas en mesure cette année d’organiser notre assemblée générale annuelle, nous nous en excusons.

Vous allez recevoir à la fin du mois de novembre, notre bulletin de communication avec, comme à l’habitude, la fiche d’adhésion centrale à détacher et à retourner au plus tard pour le 31 janvier 2021, afin de faciliter l’enregistrement des adhérents, tâche particulièrement prenante pour notre trésorier.

Je vous souhaite des jours meilleurs et restez prudents, prenez bien soin de vous.

Alain LESCLAVEC