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Le miel local se fera rare cette année…

Article paru dans Ouest France

Entretien avec Alain Lesclavec président du syndicat « la Manche apicole »


AC

AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2021

Champ de luzerne

Pluie, froid et vent dominant de nord-est, voilà ce que nous retiendrons de cette fin juillet et première quinzaine du mois d’août. Les récoltes (sûrement petites pour beaucoup d’entre nous) sont maintenant terminées, quelques retardataires espèrent encore récolter sur le sarrasin, la luzerne ou la bruyère callune (peu présente dans la Manche). Au moment du traitement anti-varroas, ce que nous avons remarqué cette année, c’est le nombre de colonies sans couvain, à surveiller tout de même, et beaucoup où la nourriture présente dans les corps était juste… Les colonies ont été resserrées pour celles qui ne garnissaient pas la totalité du corps de ruche, la visite complète effectuée pour vérifier l’état sanitaire, les portières mises. C’est l’heure maintenant du bilan.

Le frelon asiatique : malgré sa timide apparition à la fin août, il est néanmoins à surveiller car sa présence peut devenir exponentielle. Espérons qu’il ne perturbera pas trop nos colonies car la nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Quelques frelons asiatiques piégés.

portière anti frelon

Vous pouvez quand même piéger sur les ruchers là où il est présent, même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles mais réduira la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches, vous pouvez en positionner jusqu’à 4 en même temps par colonie. Surtout, attendez la tombée de la nuit. Le trou de nourrissement ouvert, vous les laissez trois ou quatre jours, pas plus car les abeilles peuvent à nouveau stocker, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant dans chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Hausses préparées pour la prochaine saison

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaings, une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

Dégâts occasionnés par la fausse teigne

Larves de fausse teigne

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes, ne pas hésiter à répartir les réserves sur d’autres plus faibles et apporter un complément en sirop non-dilué à celles qui sont vraiment légères (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

Évolution du poids d’une ruche sur le mois d’août. Durant les 3 premières semaines, on note une forte baisse de ce poids : consommation de réserves et disparition d’une partie des butineuses. Un nourrissement important a eu lieu le 22 août puis un autre, plus léger, une semaine plus tard.

Cadre nourrisseur en bois

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, beaucoup auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition en position 10

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2021, les moments ensoleillés n’ont pas été nombreux). Elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Fondre la cire au bain-marie

La louche de cire est étalée

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

Mesures de soutien dans le cadre des calamités agricoles

Au vu des difficultés rencontrées cette année quant à la récolte, le non remérage des colonies et le surplus de nourrissement, un courrier sera envoyé aux différentes administrations départementales afin de mettre l’accent sur cette année particulière.

Un questionnaire a été envoyé à chaque adhérent(e). Vérifiez dans les spams.

Nous vous demandons de répondre à ce questionnaire et nous le retourner, une synthèse sera faite et avec cet appui, nous pouvons espérer avoir une aide. Nous vous remercions pour votre implication.

AL et le CA

AU FIL DES MOIS…AOÛT 2021

Fleur de luzerne

 

Après un printemps froid et pluvieux, un vent de nord-est dominant, un début d’été avec peu de journées favorables pour que les abeilles puissent profiter des floraisons, un essaimage plus important que les années précédentes, nous nous retrouvons en ce mois d’août avec un bilan très en-deçà de nos espérances : petites productions dans l’ensemble du département et beaucoup de découragement chez nos jeunes apiculteurs…

Lorsque sur la planche d’envol les abeilles musardent, c’est le signe que la récolte est terminée… Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, restent encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Attention aux réserves : juste après la récolte, ne pas hésiter à donner du sirop, non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Évolution du poids d’une ruche située dans le centre-Manche en juillet. Bien que les floraisons aient été là durant la première quinzaine, le temps maussade n’a pas permis de récolte. La situation a changé après le 14 juillet, mais trop tardivement. On constate une baisse du poids à partir du 25 et la récolte est intervenue le 28. Après celle-ci, on constate une nouvelle baisse de poids et cette colonie, assez forte, aura besoin d’être nourrie.

Les hausses pleines ou pas, les corps de ruches bien garnis (ce n’était pas le cas à la mi-juin, à surveiller) vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.

Lanières de traitement anti-varroas

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux et de pertes hivernales de colonies. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Portière anti-frelon asiatique

Les jours diminuent fortement et il n’y a pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

Lutte contre la varroose

Après la récolte du miel, vient la lutte contre le varroa. 

Celle ci concerne toutes les apicultrices et tous les apiculteurs.

Et doit être mise en route le plus tôt possible après la récolte en respectant les protocoles, en fonction des méthodes de lutte choisies.

Chacune et chacun se doit d’y veiller pour le bien collectif.

Le varroa destructor qui porte bien son nom est redoutable pour nos colonies.

La FNOSAD vient de publier (en juin 2021) un guide de 198 pages sur le varroa et la varroose :

guide_fnosad_varroa_et_varroose

AC

Pour une mobilisation générale

Information du SNA :
Bonjour, à toutes et à tous,Dans le cadre de la consultation publique, relative au projet de l’Arrêté Abeilles, il est vraiment très important qu’il y ait une mobilisation générale.Vous pouvez répondre à la consultation publique en laissant un commentaire (démarche très simple) sur le site : https://www.vie-publique.fr/consultations/280568-projet-arrete-protection-des-abeilles-exposition-produits-phyto

En reprenant tout simplement les arguments que vous trouverez dans le document ci-joint : ARRETE ABEILLE Plan Pollinisateurs CONSULTATION PUBLIQUE 01 07 21

et dont voici une sélection de passages utiles :

« Le texte omet notamment de prendre en considération deux conditions primordiales, ce qui le rend moins protecteur encore que la réglementation obsolète actuellement en vigueur !

Pour les pesticides bénéficiant d’une dérogation d’usage sur cultures en fleurs, le texte prévoit d’autoriser les traitements « 2 heures avant le coucher du soleil », sans qu’aucune condition particulière ne permette de réduire le risque d’exposition des abeilles et autres pollinisateurs !

Si cette autorisation d’horaire – contraire à l’avis de l’Anses et des apiculteurs, était maintenue, deux conditions indispensables devraient y être impérativement associées pour sauvegarder les pollinisateurs :
– La notion de température extérieure maximale, qui ne doit pas excéder 12°C.
Car les abeilles et autres pollinisateurs sortent et butinent les fleurs dès que la température atteint le seuil de 12°C.
– La notion d’absence d’abeilles et autres pollinisateurs.

Une notion qui doit s’appliquer sur le terrain et aussi sur l’étiquetage des pesticides, mais qui ne figure même plus dans le nouveau texte soumis à consultation !

La définition des zones de butinage, d’autre part, ne présente aucun critère d’amélioration pour la protection des pollinisateurs par rapport à la réglementation précédente.

Il est à déplorer, enfin, en matière d’évaluation du risque :
– Que la révision des insecticides et acaricides bénéficiant déjà d’une dérogation ne soit pas systématique – alors que celle-ci a été octroyée à partir de tests insuffisants
– Des délais de saisie de l’Anses pour examen des autres catégories de pesticides beaucoup trop longs… jusqu’à 4 ans ! »

Merci pour votre engagement et n’hésitez pas à entrainer le plus grand nombre autour de vous dans cette démarche.

Bien cordialement.

Frank ALETRU
Président


AU FIL DES MOIS… JUILLET 2021

Abeille sur fleurs de thym blanc

Disette jusqu’à la mi-juin puis temps froid, pluvieux, avec peu de périodes propices au butinage, voici donc le bilan de ce mois de juin qui annonce l’été. Les semaines passent et les hausses présentes sur les ruches ont davantage tendance à se vider qu’à se remplir. Le trèfle blanc est magnifique, le tilleul fleurit et le châtaignier arbore de beaux bouquets de chatons prêts à éclore, les bouquets floraux des ronces arrivent, il est vraiment temps maintenant que la météo se mette au beau... Sans avoir vraiment eu de journées très chaudes, les essaimages ont été nombreux pour beaucoup d’entre nous, ils se raréfient maintenant, mais sont néanmoins encore présents, anéantissant le travail de l’apiculteur. Cela reste la loi de la nature, où l’homme peut intervenir, mais ne reste pas maître de la situation.

Cellules royales

Les essaims faits par division étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pas pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Les jeunes reines ont eu du mal à démarrer leur ponte, parfois jusqu’à six semaines après leur naissance… Maintenant que les floraisons sont là et si la météo est clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses peuvent aller aux champs et travailler sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit. Les ventileuses ne vont plus chômer, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de la reproduction touche à sa fin.

Évolution du poids quotidien d’une ruche (type Dadant 10 cadres avec une hausse) située dans le centre-Manche, durant le mois de juin. On constate une nette augmentation du poids entre le 10 et 17, consécutive au beau temps observé pendant cette période et au début de la miellée d’été. On peut remarquer les évolutions quotidiennes de poids qui correspondent aux phases de récolte puis d’assèchement du nectar. Une importante perte de poids s’est produite du 17 au 22 juin, période qui correspond à des pluies quotidiennes et à une absence de sorties.

Essaim par division

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies, en prenant soin de placer des partitions là où vous aurez pris des cadres. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2021 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire : le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir, sachez que par une belle journée, c’est une dizaine de litres de nectar qui peut rentrer sur les colonies les plus fortes… elles en mettent partout dans le corps de ruche et remontent ce nectar la nuit dans les hausses. Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et pour les plus aguerris, vous reconnaîtrez à l’odeur la plante qu’elles sont allées visiter le plus et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Ventileuses

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou un carré découpé à l’emporte-pièce de très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

Bruyères dans la Hague

Fleurs de luzerne

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin ou de luzerne, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… JUIN 2021

 

Joli mois de mai, quand reviendras-tu ?… Cette année encore, le vent froid de nord – nord-est a dominé dans l’ensemble et les « saints de glace » ont duré les trois quarts du mois. Une petite récolte a pu être faite pour certains pendant que d’autres attendent toujours la première goutte de nectar malgré des colonies bien développées. Les essaims artificiels de fin de saison 2020 ont même dû être nourris.

Essaim naturel

Cadre d’élevage de reines type Miller

Essaim par tapotement

 

Peuplement d’une ruche Kenyane au rucher école de Saint-Lô

Mise en place de la ruche Kenyane

Pour ceux qui ont récolté, un peu de colza mais la dominante reste le pissenlit qui donne un miel jaune qui sent légèrement l’étable. Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides cirés ou juste avec une amorce de cire, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique de par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Le miel de printemps est facilement tartinable, mais attention à la cristallisation : il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte.

Cadre de miel operculé

Le beau temps est revenu pour les cinq derniers jours du mois et nous sommes au début de la période creuse, voire de disette (à part les ruches des villes) où les fleurs de jardins donnent encore du nectar avant celles de tilleul, châtaignier, trèfle blanc, ronce qui pointent mais ne sont pas encore ouvertes. Nous aurons probablement cette année un peu de retard pour cette miellée d’été tant attendue qui démarre chez nous aux alentours du 10 juin. Pour celles qui n’ont pas essaimé, les colonies sont prêtes, au summum de leur activité, avec leurs milliers d’abeilles (environ 70000 à cette période). Le pic de l’essaimage est normalement passé, alors patience… Surveillez bien vos essaims artificiels, ils peuvent manquer de nourriture et les reines ont pris du retard pour pondre, n’hésitez pas à les renforcer en couvain ouvert qui ne pénalisera pas la récolte.

Saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années a un potentiel énorme en production de nectar ? D’où l’utilité de planter également des arbres mellifères pour ceux qui possèdent un peu de terrain. Liste_Plantes_attractives-abeilles

Abeille sur fleur d’olivier de Bohème

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux car la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

À partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain ne refroidisse.

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative (sans résultat probant signifierait que ni l’une ni l’autre ne donne satisfaction). En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol. Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Cellules royales d’essaimage

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa, avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-la, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse. Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2022 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près. Et même si l’année apicole est loin d’être terminée, vous préparez déjà celle de 2022…

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… MAI 2021

Depuis maintenant plusieurs années, un vent dominant de nord-est souffle au printemps, même si nous avons constaté de très belles journées ensoleillées, la fraîcheur est bien présente et malgré les abondantes floraisons, nos abeilles sortent très peu. Un constat tout de même : les colonies sont très bien développées et à chaque visite, des cires neuves ont pu leur être fournies, pour d’une part leur donner du travail et d’autre part assurer cette rotation des cadres, nécessaire au bien-être de la colonie. Une fois construites, vous allez, quelques jours plus tard, les recentrer dans le nid à couvain afin, d’une part, avoir au centre de la ruche des cadres avec de la cire neuve et d’autre part, pour éviter que les abeilles les chargent de miel si vous les laissez entre le couvain et un cadre de pollen. Pensez à numéroter les cadres pour faciliter cette rotation. Autre précision sur ce sujet, cela permet également de faire développer plus rapidement la colonie car au centre du nid à couvain, la reine viendra très rapidement pondre. La pose des hausses a été faite dès la première quinzaine d’avril avec parfois, par précaution, la pose d’un isolant sur une partie des cadres (papier aluminium, morceau de couverture de survie…) et des essaims artificiels ont pu également être constitués pour augmenter son cheptel ou pallier aux pertes hivernales.

Numéroter les cadres

Sur quelques secteurs bien protégés, les hausses se sont remplies, mais rien à voir avec les miellées de printemps précédentes… il y a quelques années, faire une récolte de printemps faisait partie de l’utopie, mais aujourd’hui, non seulement il y a possibilité d’en faire une, mais cela est indispensable si l’on ne veut pas voir partir sur l’ensemble des colonies, des essaims.

Deux corps de Warré sur une grille à reine font office de hausses

La période tant redoutée de tous les apiculteurs reste l’essaimage et même si vous avez été prévoyants, donné de la cire à étirer, posé des hausses, fait des essaims, quelques départs vont quand même être constatés malgré tous ces efforts. L’essaimage reste le mode de reproduction naturel des colonies d’abeilles, mais voir ou constater une ruche se vider d’une grande partie de sa population peut engendrer un certain découragement, soyons donc vigilants. Un dicton à méditer : essaim de mai vaut vache à lait…

Très bel essaim

En ce début de printemps, l’euphorie qui règne au sein de la ruche est également appelée fièvre d’essaimage, car rien ou presque ne peut contrer ce rituel ancestral. Les ouvrières, poussées par cet instinct, édifieront des cellules en nombre qui pourront potentiellement donner naissance à autant de reines et de surcroît à plusieurs essaims secondaires. En fonction de la météo, quelques jours avant l’éclosion de la première cellule, la vieille reine, mise à la diète pour alléger son poids et lui permettre de s’envoler, partira avec pratiquement la moitié de la population ; de la première éclosion sortira la reine de la colonie et les ouvrières procéderont à la destruction des cellules restantes (sauf en cas d’essaimage secondaire).

Cellules royales d’essaimage

Quelques jours après sa naissance, si les conditions météorologiques le permettent, la jeune reine s’envolera pour le vol nuptial, accompagnée d’une vingtaine d’abeilles. Elle sera alors fécondée par plusieurs mâles ou faux bourdons, une vingtaine, provenant de diverses souches génétiques. Durant sa vie, ce sera sa seule sortie de la ruche (en dehors de l’essaimage). Dans certains écrits, il est relaté le fait que la reine pourrait faire plusieurs sorties…

A noter qu’il faudra surveiller, dans une ruche ayant essaimé, le « remérage », c’est-à-dire le fait que la nouvelle reine ait bien commencé sa ponte. Si, au bout de 3 ou 4 semaines après l’essaimage, l’on n’observe pas de ponte dans la ruche « souche », il faudra introduire dans celle-ci un cadre de couvain ouvert avec œufs, provenant d’une bonne colonie, afin que les abeilles élèvent une nouvelle reine.

Œufs

C’est un peu l’effervescence au rucher et la présence de l’apiculteur est indispensable pour :

  • Surveiller l’essaimage et essayer de le prévenir

  • Préparer des ruchettes et des cadres de cire gaufrée.

  • La cueillette des essaims et la mise en ruche.

Récolte d’un essaim au rucher école

  • Surveiller les colonies en développement et pour celles qui ont des hausses, surveiller le remplissage.

  • Effectuer les premières récoltes. Les miels de printemps, et en particulier celui de colza, sont très riches en glucose. Cette caractéristique fait qu’ils cristallisent rapidement, y compris dans les hausses, d’autant plus si les températures sont basses. Il faut envisager les premières récoltes dès la défloraison des colzas (il faut, si possible, extraire dans un local chauffé et déshumidifié).

Comment prévenir l’essaimage ? Sans les détailler, voici quelques conseils, facilement applicables :

  • A la visite de printemps, bien apprécier les provisions et enlever les cadres de rives, un ou deux bien souvent pourvus de réserves et les remplacer par un ou deux cadres de cire gaufrée à placer juste après le cadre de pollen.

Introduction d’un cadre de cire gaufrée

  • Au-delà de cinq cadres de couvain, prélever des cadres pour faire des essaims. C’est une stratégie « payante » : on limite l’essaimage et, à la fois, on obtient de nouvelles colonies.

Prélever des cadres pour faire un essaim artificiel

Essaim par tapotement

  • Poser des hausses pour donner du volume

  • Surveiller chaque semaine pour voir l’apparition des premières cellules et les détruire ; au bout de deux ou trois passages avec destruction, la fièvre sera normalement retombée. Attention : vérifier la présence d’œufs ou de très jeunes larves avant de détruire les cellules royales ! Cette pratique demande du temps et peut parfois perturber la colonie et la rendre agressive.

Grille à reine ou pas : à chacun sa méthode, mais sur le plan sanitaire, il est incontestable que les grilles à reine empêchent la ponte dans les hausses et ainsi le miel contenu dans les cellules n’est pas en contact avec celles qui ont contenu du couvain. Par ailleurs, le goût du miel peut en être un peu altéré et il peut dans certains cas, avoir un goût dit animal. De même, le travail lors de la récolte est grandement facilité grâce à l’absence de couvain.

grille à reine métallique

C’est également la période favorable pour poser des grilles à propolis pour ceux qui veulent en récupérer pour leur consommation personnelle et également les trappes à pollen, qu’elles soient intégrées dans le plateau ou celles de façade. Un conseil : attendez la défloraison du pissenlit, car son pollen est très amer. Ce pollen pourra être utilisé de deux façons : pour la consommation de l’apiculteur, ou pour distribuer aux colonies à la sortie de l’hiver en le mélangeant avec du candi, il aura un effet dynamisant.

Trappe à pollen

Maintenant que les fleurs sont bien présentes, espérons que la météo sera de la partie !

Rendez-vous maintenant en juin. A.L. et K.L.

Arrêt des cours pratiques dans les ruchers-écoles

Communiqué du SNA (Syndicat National d’Apiculture )

En raison de l’absence de baisse du niveau de contamination de la population française par la COVID 19, le ministère de la Jeunesse et des sports en charge de la vie associative suspend l’autorisation  des cours pratiques en ruchers-école, et ceci, jusqu’à nouvel ordre. Les cours théoriques pourront se poursuivre à distance.

Seuls les Ruchers-école reconnus comme organisme de formation pourront poursuivre les cours pratiques.

Le suivi et l’entretien des colonies du rucher-école est autorisé comme pour tout autre rucher.

Le principe est le suivant : les règles de confinement ne permettent pas de réunion physique https://www.associations.gouv.fr/les-activites-des-benevoles-possibles-en-situation-de-confinement.html

En revanche, les réunions par écrit ou visio sous toujours possibles jusqu’au 31/07/2021 https://www.associations.gouv.fr/report-ou-tenue-des-instances-associatives-ag-ca-un-schema-pour-comprendre.html

Restez prudents.

Bien cordialement. 

Frank Alétru,
Président du Syndicat National d’Apiculture