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AU FIL DES MOIS… MAI 2022

 

Beau cadre de couvain

Le constat que nous avons pu avoir pour ce mois d’avril a été le suivant : peu de pluie et une fraîcheur relative avec un vent de nord-est toujours dominant, qui depuis plusieurs années maintenant, souffle dès le printemps. Les floraisons ont été abondantes, qu’elles soient fruitières ou bocagères, elles ont permis à nos colonies qui étaient en état, de faire une belle rentrée de nectar.

Les visites ont pu être effectuées dans de bonnes conditions, peu d’anomalies sur le couvain, belles colonies en général. C’était le moment approprié pour changer les cadres de rives et apporter de la cire neuve, afin que la rotation des cadres se fasse pour assurer une bonne conduite apicole et veiller au bien-être de nos protégées. Les cadres neufs positionnés entre celui du pollen et le premier cadre de couvain sera déplacé sans tarder et avant qu’il ne soit rempli de nectar, en le positionnant au centre de la ruche. Pensez à numéroter les cadres pour faciliter cette rotation. Autre précision sur ce sujet, cela permet également de faire développer plus rapidement la colonie car, au centre du nid à couvain, la reine viendra très rapidement pondre.

Insérer un cadre de cire neuve et le numéroter

La pose des hausses a parfois été faite dès la fin du mois de mars. Par précaution, la pose d’un isolant sur une partie des cadres (papier aluminium, morceau de couverture de survie…) est recommandée. Des essaims artificiels ont également pu être constitués pour à la fois « dégonfler » certaines colonies, augmenter son cheptel ou pallier aux pertes hivernales.

Sur quelques secteurs bien protégés, les hausses se sont rapidement remplies, parfois deux par ruche… Nous constatons depuis quelques années que des récoltes de printemps peuvent être faites dans notre département, ce n’est plus de l’utopie, et non seulement il y a possibilité d’en faire une, mais cela est indispensable si l’on ne veut pas voir partir sur l’ensemble des colonies, des essaims.

Bel essaim

La période tant redoutée de tous les apiculteurs reste l’essaimage et même si vous avez été prévoyants, donné de la cire à étirer, posé des hausses, fait des essaims, quelques départs vont quand même être constatés malgré tous ces efforts. L’essaimage reste le mode de reproduction naturel des colonies d’abeilles, mais voir ou constater une ruche se vider d’une grande partie de sa population peut engendrer un certain découragement, soyons donc vigilants. Un dicton à méditer : essaim de mai vaut vache à lait…

En ce début de printemps, l’euphorie qui règne au sein de la ruche est également appelée fièvre d’essaimage, car rien ou presque ne peut contrer ce rituel ancestral. Les ouvrières, poussées par cet instinct, édifieront des cellules royales en nombre qui pourront potentiellement donner naissance à autant de reines et de surcroît à plusieurs essaims secondaires qui au fur et à mesure des départs, affaibliront de façon conséquente la colonie. En fonction de la météo, quelques jours avant l’éclosion de la première cellule, la vieille reine, mise à la diète pour alléger son poids et lui permettre de s’envoler, partira avec pratiquement la moitié de la population ; de la première éclosion sortira la reine de la colonie et les ouvrières procèderont à la destruction des cellules restantes (sauf en cas d’essaimage secondaire).

Cellule royale

Quelques jours après sa naissance, si les conditions météorologiques le permettent, la jeune reine s’envolera pour le vol nuptial, accompagnée d’une vingtaine d’abeilles. Elle sera alors fécondée par plusieurs mâles ou faux bourdons, une vingtaine, provenant de diverses souches génétiques. Durant sa vie, ce sera sa seule sortie de la ruche (en dehors de l’essaimage). Dans certains écrits, il y a de relaté le fait que la reine pourrait faire plusieurs sorties…

A noter qu’il faudra surveiller, dans une ruche ayant essaimé, le « remérage », c’est-à-dire le fait que la nouvelle reine ait bien commencé sa ponte. Si, au bout de 3 ou 4 semaines après l’essaimage, l’on n’observe pas de ponte dans la ruche « souche », il faudra introduire dans celle-ci un cadre de couvain ouvert avec œufs, provenant d’une bonne colonie, afin que les abeilles élèvent une nouvelle reine.

Récupération d’un essaim au rucher-école

  C’est un peu l’effervescence au rucher et la présence de l’apiculteur est indispensable pour :

  • Surveiller l’essaimage et essayer de le prévenir
  • Préparer des ruchettes et des cadres de cire gaufrée.
  • La cueillette des essaims et la mise en ruche.
  • Surveiller les colonies en développement et pour celles qui ont des hausses, surveiller le remplissage.
  • Effectuer les premières récoltes. Les miels de printemps, et en particulier celui de colza, sont très riches en glucose. Cette caractéristique fait qu’ils cristallisent rapidement, y compris dans les hausses, d’autant plus si les températures sont basses. Il faut envisager les premières récoltes dès la défloraison des colzas (il faut, si possible, extraire dans un local chauffé et déshumidifié).

Comment prévenir l’essaimage ?  Sans les détailler, voici quelques conseils, facilement applicables :

  • A la visite de printemps, bien apprécier les provisions et enlever les cadres de rives, un ou deux bien souvent pourvus de réserves et les remplacer par un ou deux cadres de cire gaufrée à placer juste après le cadre de pollen.
  • Au-delà de cinq cadres de couvain, prélever des cadres pour faire des essaims. C’est une stratégie « payante » : on limite l’essaimage et, à la fois, on obtient de nouvelles colonies.
  • Poser des hausses pour donner du volume
  • Surveiller chaque semaine pour voir l’apparition des premières cellules et les détruire ; au bout de deux ou trois passages avec destruction, la fièvre sera normalement retombée. Attention : vérifier la présence d’œufs ou de très jeunes larves avant de détruire les cellules royales ! Cette pratique demande du temps et peut parfois perturber la colonie et la rendre agressive.

Création d’un essaim artificiel

Grille à reine ou pas : à chacun sa méthode, mais sur le plan sanitaire, il est incontestable que les grilles à reine empêchent la ponte dans les hausses et ainsi le miel contenu dans les cellules n’est pas en contact avec celles qui ont contenu du couvain. Par ailleurs, le goût du miel peut en être un peu altéré et il peut dans certains cas, avoir un goût dit « animal ». De même, le travail lors de la récolte est grandement facilité grâce à l’absence de couvain.

C’est également la période favorable pour poser des grilles à propolis pour ceux qui veulent en récupérer pour leur consommation personnelle et également les trappes à pollen, qu’elles soient intégrées dans le plateau ou celles de façade. Un conseil : attendez la défloraison du pissenlit, car son pollen est très amer. Ce pollen pourra être utilisé de deux façons : pour la consommation de l’apiculteur, ou pour distribuer aux colonies à la sortie de l’hiver en le mélangeant avec du candi, il aura un effet dynamisant.

Trappe à pollen

Maintenant que les fleurs sont bien présentes, espérons que la météo sera de la partie !

Rendez-vous maintenant en juin.                                                         A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… AVRIL 2022

 

Sur la deuxième quinzaine du mois de mars, le printemps était bien là : activité intense sur les ruchers, fortes rentrées de nectar de saule et de pissenlit, le pollen rentrait en abondance et il fallait voir les ventileuses sur les planches d’envol…

Ventileuses

Mais sur les derniers jours du mois, un temps automnal a repris le dessus avec des températures ne dépassant pas les 12°, ce qui correspond en général aux conditions météo de début de printemps dans notre région. Les quelques visites qui ont pu être entreprises ont fait apparaître une belle ponte, un beau couvain, assez dense sur certaines colonies, des cadres cirés ont même été placés entre le cadre de pollen et celui où le couvain est présent. La ponte augmente, le couvain prend de plus en plus de place, mais attention aux réserves, elles fondent comme neige au soleil, n’hésitez pas à leur fournir un complément sous forme de pain (candi).

Candi posé directement sur les cadres

La visite de printemps va maintenant pouvoir être réalisée, en l’absence de vent et à une température qui ne devra pas être en-dessous de 16°.

Insérer un cadre de cire neuve

Des cadres cirés vont pouvoir être mis à construire en remplacement des cadres de rive, ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 22 pour cette année, et lorsqu’ils seront construits et pondus, les replacer au centre du nid à couvain, ainsi leur renouvellement se fera plus aisément car les cadres neufs se trouveront au centre de la ruche et les plus anciens se rapprocheront des rives. Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Marquer la reine

Profitez également de ces premières visites pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau) ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez par une aile la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser… Rappel : les reines de 2021 seront marquées en blanc.

Les naissances se font de plus en plus nombreuses et la colonie croît rapidement, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles, elles sont dans la première quinzaine de leur vie, productrices de cire en quantité. Il faudra également penser à préparer les hausses en mettant également des cadres cirés (deux ou trois par hausse) car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps sur les pissenlits, l’aubépine ainsi que sur le colza qui est de plus en plus présent dans nos campagnes. En tout état de cause, lorsque les lilas commencent à avoir des grappes prêtes à fleurir, vos colonies devront être coiffées de hausses.

Cellules de mâles

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie se prépare à essaimer.

Pour ceux qui ont suivi des cours au rucher-école, ce sont des sujets qui ont été abordés, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrètera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, pour maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.

  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?

  • Un nouveau statut lui est maintenant donné, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.

  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Rendez-vous maintenant en mai. A.L. et K.L.

 

2022, année du centenaire de la Manche Apicole

Voila 100 ans aujourd’hui,  La Manche Apicole voyait le jour.

L’extrait du journal officiel du 30 janvier 1922 en témoigne.

Depuis cette date, notre association s’est transformée en syndicat affilié à la structure Nationale. Elle a traversé et survécu à différentes époques plus ou moins agitées. On note seulement quelques années de suspension pendant l’occupation allemande.

Ce dynamisme constant a pour puissant moteur la passion des abeilles qui anime tous les apiculteurs et apicultrices, avec des valeurs d’entraide, de camaraderie et de partage des connaissances.

La Manche Apicole c’est aujourd’hui environ 630 adhérents, trois ruchers écoles débutants avec une section perfectionnement et un concours des miels départemental et régional. Chaque année c’est aussi beaucoup de participations à différentes manifestations dans le département et de multiples interventions dans les établissements scolaires.

Un long chemin a déjà été parcouru et nous engage vis à vis de nos anciens pour continuer à défendre les abeilles et l’apiculture. Tous nos adhérents et adhérentes constituent une force vive afin de poursuivre la route. Tous les efforts de bonnes pratiques apicoles mis en œuvre par chacun et chacune contribuent à la sauvegarde des abeilles.

Le conseil d’administration a décidé de célébrer ce centenaire tout au long de cette année lors de nos manifestations et a même prévu quelques surprises.

Bon anniversaire !

Le C.A. de La Manche Apicole

AU FIL DES MOIS… FÉVRIER 2022

Fleur de Camélia

Ce mois de janvier a été relativement frais dans l’ensemble, parsemé de quelques journées ensoleillées qui nous ont permis de voir de plus près ce qui se passait dans nos ruchers. Certains jours, le pollen rentrait en abondance, les corbeilles situées sur les pattes arrières étaient remplies de grosses pelotes jaunes claires, signe que l’élevage a bien repris.

Les jours rallongent de façon significative, le soleil va prendre de la puissance et de ce fait, si les températures avoisinent les 13°, les butineuses vont sortir en nombre vers les noisetiers et les premiers saules. À remarquer que plus le pollen rentrera et plus la reine sera sollicitée pour pondre, mais avec ce redémarrage de l’activité, les abeilles vont consommer davantage : il faut absolument surveiller les réserves et ne pas hésiter à les compléter en posant un pain de candi.

Candi posé sur le couvre cadre

Candi posé directement sur les cadres

En fonction des colonies, l’activité peut être plus ou moins intense. Dans certaines ruches, la reine n’est peut-être plus présente, ou trop vieille, d’où l’importance du marquage pour en connaître son âge, signalé soit avec une punaise de la couleur de l’année plantée sur la ruche, une inscription au feutre Posca sur le toit ou un relevé sur la fiche de conduite.

Évolution du poids de deux ruches dans le centre-Manche durant décembre 2021 et janvier 2022. La baisse est de 2 kg pour l’une et de 3 kg pour l’autre. Cela correspond à la consommation des réserves et cela indique, de façon claire, qu’une « belle » colonie est présente dans chaque ruche. On note une forte baisse (courbe noire) le 10 janvier : cela correspond à l’envol d’un toit, suite à fort coup de vent.

S’il n’y a pas suffisamment d’abeilles pour stimuler sa ponte, il faudra attendre une belle journée à la fin du mois ou en mars pour ouvrir et établir un vrai diagnostic et, éventuellement, stimuler tous les 2-3 jours, en petite quantité au sirop tiédi à 35° si cela en vaut la peine. Malgré cette stimulation, si la colonie est faible, elle aura du mal à repartir, il faudra alors penser à lui incorporer un cadre de couvain fermé, mais il est encore un peu trop tôt.

Déposez des langes graissés sur le plateau de quelques ruches pour voir si le traitement anti-varroas fait à l’automne et celui éventuellement réalisé à l’acide oxalique avec AMM (Autorisation de mise sur le marché) du début d’hiver ont été suffisants. Faites un comptage et au-delà de 2 varroas/jour, il faudra penser à refaire un traitement.

Varroas

Si aucune abeille ne sort de la ruche par beau temps, il y a de fortes chances que la colonie soit morte, vous pouvez alors l’ouvrir, retirer les cadres, les fondre pour récupérer la cire qui ne devra pas servir à la confection de cire gaufrée (risque de maladie ou de pollution). En profiter pour ramener tous les éléments vides à l’atelier et les nettoyer, les gratter, les laver à l’eau javellisée, puis les passer au chalumeau afin de les désinfecter.

Plancher ou plateau avec ventilation totale et tiroir

Si vous constatez des mortalités importantes, n’hésitez pas à le signaler à la DDPP. Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ddpp@manche.gouv.fr  N’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’apiculteur (NAPI).

Encore une fois, ne négligez pas le traitement contre varroa, il reste le fléau numéro 1 des abeilles. Les mortalités ne paraissent pas importantes cette année, mais l’hiver est loin d’être terminé. En règle générale, lorsque l’année précédente a été médiocre, ce qui a été le cas en 2021, les pertes hivernales sont plus élevées…

C’est le moment de passer en revue tout le matériel et faire une remise en état des cadres, ruches et ruchettes, pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Préparez et cirez vos cadres que vous laisserez à température ambiante, faites des partitions en nombre car nous en avons toujours besoin.

Partition en position 10

Vous pouvez aussi réfléchir à de nouveaux emplacements et prendre contact avec des propriétaires de terrains jouxtant des endroits qui vous paraissent favorables : bois, friches, landes… Il ne faut cependant pas déplacer les colonies par temps trop froid, ce qui désorganiserait la grappe. Dans tous les cas, pensez à respecter la législation en vigueur.

Pensez également à déposer dès maintenant des pièges sélectifs pour capturer des fondatrices frelons asiatiques. 2021 a été une année assez impactante sur certaines zones de notre département, le Saint-Lois, le Granvillais, le Cherbourgeois ainsi que le Coutançais ont connu une pression importante. Soyons vigilants.

Rendez-vous en mars. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS … JANVIER 2022

 

Même si les températures de fin d’année 2021 avoisinent les 16°, que se passe-t-il donc à l’intérieur de la ruche ? Nous avons tous remarqué l’entrée en quantité de grosses pelotes de pollen (de quelle plante ?, nous resterons évasifs sur le sujet). Tout apiculteur, novice ou expérimenté, doit bien connaître le « fonctionnement » de ses colonies. La théorie voudrait que le froid arrive dans notre département, mais après un mois de décembre globalement doux qui a généré encore quelque activité, la grappe devrait être bien formée avec, en son centre, la reine et les provisions autour.

Pendant les mois d’hiver, les abeilles savent maîtriser la température. Celles présentes à l’extérieur de la grappe constituent une « couche isolante » alors que celles du centre, en consommant le miel qui est désoperculé au fur et à mesure de leurs besoins, réchauffent la grappe en contractant certains muscles pour maintenir une température qui oscille aux alentours de 35°. Attention, il ne faut en aucun cas les déranger, elles assurent leur survie en étant groupées et toute perturbation de la grappe peut mettre la colonie en péril. Lorsque le soleil sera bien présent et les températures un peu plus élevées, elles sortiront rapidement pour vider leur ampoule rectale ; pour ceux qui ont leurs ruches dans leur jardin, attention au linge qui est étendu : il pourrait se trouver maculé de tâches brunâtres…

La théorie voudrait que la ponte se soit complètement arrêtée et que le couvain ne soit plus du tout présent, c’est donc le moment de faire un traitement complémentaire contre varroa (acteur principal dans la mortalité des colonies), à l’acide oxalique VarroMed par dégouttement ou Apibioxal et Oxybee, ces trois médicaments possèdent une AMM (Autorisation de mise sur le marché), par dégouttement ou par fumigation, mais ATTENTION : protégez-vous en mettant un masque qui protège des vapeurs d’acides organiques, des lunettes de protection adaptées. Mettez également des gants et une combinaison car l’acide pénètre dans l’organisme par les pores de la peau. Avant ce traitement d’hiver, pensez à poser une plaque graissée sur le fond de la ruche, afin de faciliter l’observation des chutes de varroas pour avoir une idée de l’infestation et de l’efficacité du traitement d’été. Il n’est pas rare de constater la chute de plusieurs centaines voire de quelques milliers de ces parasites qui font des ravages dans nos colonies. Moins le nombre de varroas sera important et mieux se portera la colonie à son réveil.

Candi posé sur le couvre cadre

Si vous avez bien surveillé cet automne l’état des provisions, vous n’avez pas à vous inquiéter, mais si l’élevage a débuté avec l’apparition des premiers chatons sur les noisetiers, la consommation va nettement augmenter ; n’hésitez pas à soupeser délicatement et régulièrement vos ruches et si vous jugez qu’elles n’ont pas suffisamment de provisions, vous pouvez déposer un demi-pain de candi posé sur le trou de nourrissement, en ayant pris soin de ne faire qu’un trou d’environ un centimètre pour éviter que le candi ne coule et englue la grappe avec la chaleur que dégage celle-ci. Pour ceux qui utilisent des nourrisseurs couvre-cadres, soulevez-le, posez délicatement le pain de candi ramolli au préalable sur la grappe d’abeilles, en ayant pris soin d’enfumer pour éviter les écrasements, mettre un journal ou un morceau d’une couverture de survie qui possède un avantage par rapport à la feuille d’aluminium, celui d’être résistante et ne pas se déchirer, cela permettra de bien calorifuger et retournez le nourrisseur (cette opération n’est possible que s’il fait suffisamment doux).

Candi posé directement sur les cadres

Un été pluvieux et froid, avec tout de même une bonne récolte sur le lierre à l’automne aura tout de même permis à nos colonies d’aborder cette phase hivernale dans de bonnes conditions, mais attention, ce début d’hiver assez clément (favorisant la consommation de réserves) implique une surveillance particulière et une vigilance accrue. Il ne faudra pas hésiter à distribuer du candi. Même si cet apport n’est pas le fruit de la récolte des abeilles, apporter du candi vaut mieux que de laisser une colonie « mourir de faim », c’est à la fois très contrariant et impardonnable…

Si vous voulez déplacer vos ruches de quelques mètres, c’est le moment opportun, mais seulement après une période d’une dizaine de jours assez froids et sans sorties. Les abeilles auront alors perdu la mémoire de leur emplacement, et toujours avec précaution, sans choc, posez vos ruches sur leur nouvel endroit.

Faites le point sur le matériel à renouveler et à acheter, ne vous y prenez pas au dernier moment car vous pourriez avoir la mauvaise surprise de constater que votre distributeur soit en rupture de stock… surtout en ce moment où les approvisionnements sont compliqués avec une hausse assez conséquente des prix des matières premières. Pensez au temps de séchage des lasures ou autres produits protecteurs (ruches, ruchettes). Pour ceux qui ont fait l’acquisition de ruches en pin douglas (plus chères mais plus résistantes), le traitement n’est pas obligatoire.

Il est temps également de fondre les cadres pour récupérer la cire. Surtout, ne mélangez pas tout et faites un tri au préalable afin de différencier celle des corps et celle des opercules. La cire la moins belle servira à fabriquer des bougies ou sera vendue à un artiste sculpteur pour ses moules ou à un ébéniste pour la confection d’encaustique et l’autre pourra, à l’aide du gaufrier mis à disposition par votre syndicat, vous permettre de fabriquer vos propres cires gaufrées qui seront d’ailleurs bien mieux acceptées que celles du commerce.

La louche de cire est étalée

Pour conclure, disons que l’automne et l’hiver sont les périodes les plus appropriées pour se cultiver et enrichir sa bibliothèque d’ouvrages apicoles ; vous pourrez y puiser de judicieux conseils car il faut reconnaître que le sujet est complexe ! Plus que jamais, il nous faut être informés. Rendez-vous maintenant en février.

Malgré cette période si particulière que nous traversons depuis maintenant deux ans, bonne année 2022 à toutes les apicultrices, tous les apiculteurs et toutes les abeilles de la Manche !

A.L. et K.L.

Meilleurs vœux

Programme national de formations Apicoles du Syndicat national d’Apiculture

 

Communiqué du SNA (Syndicat National d’Apiculture)

Afin de répondre à une demande importante des adhérents, comme vous avez pu le lire dans l’Abeille de France, nous avons conjointement mis sur pieds avec l’entreprise Apinov, un ensemble de formations correspondant aux principales attentes qui nous ont été exprimées.

Les thématiques sont les suivantes :

– Maîtrisez la cristallisation de vos miels

– Insémination artificielle de reines d’abeilles

– Développez votre cheptel par l’élevage de reines et la production d’essaims

– Luttez efficacement contre le Varroa

– Nutrition et stratégies de nourrissement : Gardez vos abeilles en bonne santé

– Communiquez pour mieux vendre en apiculture

– Faire connaître votre entreprise apicole grâce aux réseaux sociaux

Elles ont lieu sur différents secteurs de la France et vous trouverez tous les détails des formations et  les modalités d’inscription en consultant le site : https://www.snapiculture.com/formations-sna-apinov/

Compte rendu de l’assemblée générale du samedi 4 décembre 2021.

Compte rendu de l’assemblée générale du samedi 4 décembre 2021.

Après une année blanche, sans assemblée générale, nous avons enfin pu nous retrouver le samedi 4 décembre, en respectant, bien sûr les mesures sanitaires. Le matin, nous avons assisté à une conférence donnée par le Eric DARROUZET, enseignant-chercheur à l’université de Tours, qui avait pour thème : ‘’Le frelon asiatique : actualité et perspectives’’. Depuis qu’il est arrivé dans notre pays, des études de comportement ont pu voir le jour et se peaufiner au fil des années. Le conseil départemental de la Manche, depuis trois années, a participé financièrement à des recherches sur la destruction des nids par la vapeur d’eau ainsi que sur l’attractivité des phéromones pour la capture des frelons, des résultats encourageants se dessinent.

Suite à la conférence, de nombreuses questions ont pu être posées et le débat a été animé.

L’après-midi était consacré à notre assemblée générale statutaire qui a débuté à 14h30. Une minute de silence a été observée suite au décès de Louis DUBOS, expert dégustateur surnommé le « chien de chasse », tant son odorat était développé.

Valérie BIGET, notre secrétaire, a procédé à la lecture du compte rendu moral, approuvé à l’unanimité. Pour faire suite aux deux courriers envoyés au conseil départemental pour une demande d’aide exceptionnelle aux apiculteurs, nous avons eu un retour positif de notre administration dans ce sens, sans en connaître pour l’instant le montant. Nous vous tiendrons au courant.

Le bilan financier a été présenté par notre trésorier Antoine CHAPRON, il en ressort un solde positif vu qu’il y a eu peu de dépenses depuis ces deux dernières années.

Michel LECHARPENTIER, référent du rucher-école du Sud-Manche a fait un bilan assez positif sur les cours de l’année passée et Louis LETERRIER, responsable du rucher-école dans le Nord-Cotentin, a quant à lui évoqué le problème d’une salle de cours. Effectivement, celle du centre culturel est fermée pour deux ans suite à des travaux de rénovation.

Dans les projets pour 2022, La Manche Apicole fêtera son centenaire, nous avons un extrait du journal officiel de l’époque du 30 janvier 1922.

Election du tiers sortant du bureau avec Jacques BRAULT, Lucien LIOT, Louis LETERRIER, Michel LECHARPENTIER et l’entrée de Alexandra Ulhmann.

Antoine METAYER, directeur de la FDGDON Manche a présenté un état des lieux de la situation dans le département, de la lutte contre le frelon asiatique. Il y a 96 % des collectivités, soit 416 communes qui participent à la lutte. Fin novembre, 4112 nids ont été signalés avec la destruction de 3963 nids, c’est la deuxième année la plus forte depuis 2018 (6000 nids).

Bernard PONCET, vice-président du GDSA 50 a pris la parole pour faire un point sur la situation du GDSA qui est toujours en recherche d’un président… Un rapprochement du GDS multi-espèces est dans les perspectives… à suivre. Trois médicaments seront reconduits pour la lutte contre varroa : l’apivar, le varromed et l’apitraz.

Alain LESCLAVEC

Plan Pollinisateurs. Un manque d’ambition préoccupant

Communiqué du SNA (Syndicat National d’Apiculture)

Après des mois d’attente, le Plan Pollinisateurs publié ce 20 novembre se révèle trop peu ambitieux pour garantir une réelle protection de la faune pollinisatrice.
Souvent trop floues et ambigües, certaines dispositions du texte, relatives notamment à l’arrêté « abeilles » nécessitent, pour nos organisations, d’être clarifiées.
Le fléchage du budget de ce Plan, encore inconnu, pose également question.

Si certaines mesures répondent aux attentes des apiculteurs – comme le soutien à la lutte contre le frelon asiatique, réclamé de longue date, l’aspect règlementaire en matière d’utilisation des traitements pesticides en période de floraison nécessite une réécriture.
Car cet arrêté « abeilles » s’avère déterminant pour l’avenir de l’apiculture et de la faune pollinisatrice.

Les avancées réglementaires majeures, favorables à la biodiversité et qui représentent une réelle victoire d’étape pour les apiculteurs, sont, en particulier :
– L’extension de la réglementation à toutes les familles de pesticides : herbicides et fongicides – en plus des insecticides et acaricides.
– La clarification de l’étiquetage des pesticides, qui portait à confusion. Les produits ne bénéficiant d’aucune dérogation d’usage devront dorénavant afficher « Dangereux pour les abeilles. Pour protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs, ne pas appliquer durant la floraison et ne pas utiliser sur les zones de butinage ».

Nous déplorons cependant que le texte n’ait pas appliqué l’ensemble des recommandations de l’Anses publiées dans son avis du 5 février 2019 ; celle limitant les horaires de traitement phytosanitaire, en particulier.
Alors que l’Anses préconisait de limiter les horaires de traitement phytosanitaire en floraison à partir du coucher du soleil et dans les trois heures qui suivent, le texte autorise les traitements bénéficiant d’une dérogation deux heures avant le coucher du soleil, sans y associer aucun critère de température extérieure maximum, ni aucune mention d’absence des pollinisateurs pendant cette période.

Nous déplorons également l’autorisation accordée aux agriculteurs de traiter « sans contrainte horaire » jusqu’à juillet 2022 alors que l’entrée en vigueur de l’arrêté «abeilles » est fixée au 1er janvier prochain…

Nos organisations, prioritairement concernées et qui n’ont pas cessé d’apporter leurs contributions, ont cependant été tenues à la marge des discussions. Elles demandent donc que soient réécrit cet arrêté en tenant compte des graves manquements identifiés.

Nous continuerons d’exercer la plus grande vigilance sur le financement de ce Plan et sur sa mise en œuvre, notamment sur l’axe 6 relatif aux pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs, dont les clés ont été confiées… aux représentants de l’agriculture chimique !

Frank ALÉTRU, Président du SYNDICAT NATIONAL D’APICULTURE (SNA)

Béatrice ROBROLLE, Présidente de l’association TERRE D’ABEILLES

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Contacts presse
Frank Alétru, pour le SNA : 06 07 80 01 04
Béatrice Robrolle, pour TERRE D’ABEILLES : 06 77 40 16 51

Rapport d’activité du SNA

« Rapport d’activités du SNA non exhaustif, relatif à l’année en cours 

Ce rapport sera complété une fois l’année écoulée, en vue d’une présentation plus détaillée, lors de l’Assemblée Générale du SNA qui se tiendra, le 5 mars 2022, au FIAP, à Paris.

A sa lecture, vous pourrez constater l’importante activité syndicale de notre fédération sur de nombreux fronts.

Cette combativité a un coût financier qui hélas, ne cesse de croître, c’est grâce aux cotisations des adhérents et à leurs abonnements à la revue « l’Abeille de France » que le SNA peut financer la défense des intérêts de tous les apiculteurs de loisir, petits producteurs ou professionnels, de l’abeille et de la biodiversité. »

Frank Alétru

Président du SNA

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