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AU FIL DES MOIS… JUIN 2020

Cette année encore, les « saints de glace » n’ont pas failli à leur réputation : un vent de nord-est et des températures relativement basses ont prédominé pendant cette période. Une fois de plus, il y a eu une récolte de printemps, et pas des moindres pour certains apiculteurs car les colonies étaient bien développées. Peu de colza mais pissenlits, saules, érables et aubépines ont donné ce nectar qui emplit les hausses. Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides cirés ou juste avec une amorce de cire, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique de par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Un goût de caramel blond ressort de ces récoltes printanières pour ceux qui n’ont pas eu de colza avec, pour ce dernier, un goût peu prononcé voire neutre, c’est un miel facilement tartinable, mais attention à la cristallisation : il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte.

Cadre de hausse operculé

Un beau temps presque anormal en cette fin du mois de mai, et nous sommes au début de la période creuse, voire de disette (à part les ruches des villes) où les fleurs de tilleul, châtaignier, trèfle blanc, ronce pointent mais ne sont pas encore ouvertes. Nous manquons d’eau pour voir apparaître les trèfles blancs si généreux en nectar. Nous aurons à attendre encore une dizaine de jours avant la miellée d’été qui débute chez nous aux alentours du 10 juin. Les colonies sont prêtes, au summum de leur activité, avec leurs milliers d’abeilles, environ 70000 à cette période ; le pic de l’essaimage est normalement passé, alors patience… surveillez bien vos essaims artificiels, ils peuvent manquer de nourriture.

Cadre nourrisseur en bois

Saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années a un potentiel énorme en production de nectar, d’où l’utilité de planter également des arbres mellifères pour ceux qui possèdent un peu de terrain.

A voir sur le site de l’itsap la liste des plantes attractives :

https://itsap.asso.fr/outils/acteurs-participer-a-protection-pollinisateurs/

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux, la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

A partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain ne refroidisse.

Hausses dans la Hague

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative (sans résultat probant signifierait que ni l’une ni l’autre ne donne satisfaction). En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol.

Une ruche qui déborde

Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Bel essaim

Enruchage d’un essaim

Récupération essaim dans ruchette

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa, avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-la, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse . Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2021 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près.

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.