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AU FIL DES MOIS… JUILLET 2020

Comme chaque année, après avoir connu quelques jours de disette, c’est aux alentours du 10 juin que la miellée d’été a réellement débuté. Quelques pluies orageuses ont permis au trèfle blanc de fleurir et de faire monter le nectar dans les ronces ; la deuxième quinzaine de juin a connu des jours d’intense miellée. Par ces journées très chaudes, même si les essaimages se raréfient, certains ont encore eu lieu, anéantissant le travail de l’apiculteur, mais c’est la loi de la nature, où l’homme peut intervenir, mais ne reste pas maître de la situation.

Très gros essaim

Les essaims faits par division étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Maintenant, la miellée bat son plein, et si la météo est clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses sont aux champs et travaillent sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit lorsque la température le permet. Les ventileuses ne chôment pas, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de reproduction touche à sa fin.

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte, n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2020 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Faire un essaim artificiel

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire, le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir, sachez que par une belle journée, ce sont plus de 10 litres de nectar qui peuvent rentrer sur les colonies les plus fortes… Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Ventileuses

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou des très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 15-20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

 

Message de la DGAL à l’ensemble des apiculteurs

Mesdames, Messieurs,

Nous souhaitions vous alerter sur une tentative d’hameçonnage qui viserait certains d’entre vous avec un document imitant le logo et l’entête d’une instruction de la DGAL. Cette fausse instruction technique datée du 3 juin 2020 vous demande de communiquer à une boite mail frauduleuse votre CNI ainsi que votre passeport.

Si vous avez reçu ce type de demande, vous ne devez en aucun cas y répondre. La DGAL ne vous demandera jamais ce type d’information que vous ne devez en aucun cas communiquer.

Nous vous remercions de votre vigilance.

Bien cordialement


La Sous-directrice de la Santé et protection animales

Étiquetage des origines du miel en mélange

ÉTIQUETAGE DES ORIGINES DU MIEL EN MÉLANGE

UNE VICTOIRE DES APICULTEURS AU SERVICE DES CONSOMMATEURS !

Paris, le 27/05/2020.

Ce mercredi 27 mai, les députés ont approuvé en 2ème lecture la proposition de loi EGALIM, relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires. Celle-ci concerne notamment l’étiquetage des miels vendus en mélange :
« Pour le miel composé d’un mélange de miels en provenance de plus d’un État membre de l’Union européenne ou d’un pays tiers, tous les pays d’origine de la récolte sont indiqués par ordre pondéral décroissant sur l’étiquette. »
 

« C’est une victoire pour l’apiculture française, confrontée à une concurrence jugée déloyale ; et une avancée très attendue aussi par les consommateurs, nombreux à revendiquer plus de traçabilité et de transparence », affirme Frank ALÉTRU. Le Président du Syndicat National d’Apiculture (SNA), qui est aussi président de l’association des apiculteurs professionnels européens (EPBA : European Professionnal Beekeepers Association) et secrétaire de l’interprofession des produits de la ruche (InterApi) se félicite du travail réalisé depuis plusieurs années par son syndicat sur ce dossier, auprès des politiques et autorités compétentes, et des actions et pétitions intersyndicales.
L’origine de la gelée royale, également concernée par la loi, mais discutée en 1ère lecture en décembre dernier, devra également figurer sur l’étiquetage.

En France, le texte devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2021.
Frank Alétru se réjouit que la loi EGALIM n’ait pas été reportée à une date ultérieure, malgré les circonstances particulières : « Les apiculteurs français attendaient cette disposition depuis bien longtemps ! Pour nos députés, ce vote a été l’opportunité de prouver leur attachement à la production et au savoir-faire français, et d’offrir aux consommateurs plus de transparence dans l’information qui leur est due ».

Le Syndicat National d’Apiculture salue ce signal fort à la Commission européenne et aux autres États membres dont les apiculteurs espèrent la même réglementation.
« Avec l’Espagne et le Portugal, nous partagions la même ambition mais notre proposition de décret a été retoquée par la Commission l’année passée. Aujourd’hui, la situation a évolué et toutes les organisations apicoles se préoccupent désormais des décisions à venir.
 

Le 20 mai dernier, les députés roumains ont fait une surprise aux apiculteurs en profitant de la journée internationale de l’Abeille pour voter la même réglementation ; et l’Espagne, par décret royal, avait fait de même quelques jours auparavant. »

Pour Frank Alétru, le travail avec Bruxelles doit se poursuivre, la Directive « Miel » devant être mise en discussion dans le cadre de la Stratégie européenne « De la ferme à la fourchette » (« Farm To Fork »). L’objectif du SNA : obtenir au niveau européen un étiquetage homogène des origines des miels en mélange, malgré les réticences d’un des principaux acteurs du marché mondial du miel : l’Allemagne.
 

Contact presse
Frank ALÉTRU Président du SNA 

Vidéo pour la journée de l’abeille

Vidéo réalisée par Beelife pour la journée de l’abeille avec la participation de Frank Alétru, Président du SNA.

Favoriser les abeilles en milieu agricole

La Chambre d’Agriculture de Normandie souhaite accompagner les agriculteurs dans l’adaptation de pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs et développer les échanges entre apiculteurs et agriculteurs.
Afin de mieux connaître les difficultés rencontrées par la filière apicole ainsi que ses besoins en rapport avec les pratiques agricoles, nous vous remercions de bien vouloir consacrer quelques minutes pour répondre au questionnaire que nous vous proposons, sachant que les données seront anonymes et traitées de façon collective.
Vous remerciant par avance pour votre participation, cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder au questionnaire en ligne :
https://forms.gle/SM6veYtrRx1MFVYw5

AU FIL DES MOIS… JUIN 2020

Cette année encore, les « saints de glace » n’ont pas failli à leur réputation : un vent de nord-est et des températures relativement basses ont prédominé pendant cette période. Une fois de plus, il y a eu une récolte de printemps, et pas des moindres pour certains apiculteurs car les colonies étaient bien développées. Peu de colza mais pissenlits, saules, érables et aubépines ont donné ce nectar qui emplit les hausses. Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides cirés ou juste avec une amorce de cire, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique de par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Un goût de caramel blond ressort de ces récoltes printanières pour ceux qui n’ont pas eu de colza avec, pour ce dernier, un goût peu prononcé voire neutre, c’est un miel facilement tartinable, mais attention à la cristallisation : il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte.

Cadre de hausse operculé

Un beau temps presque anormal en cette fin du mois de mai, et nous sommes au début de la période creuse, voire de disette (à part les ruches des villes) où les fleurs de tilleul, châtaignier, trèfle blanc, ronce pointent mais ne sont pas encore ouvertes. Nous manquons d’eau pour voir apparaître les trèfles blancs si généreux en nectar. Nous aurons à attendre encore une dizaine de jours avant la miellée d’été qui débute chez nous aux alentours du 10 juin. Les colonies sont prêtes, au summum de leur activité, avec leurs milliers d’abeilles, environ 70000 à cette période ; le pic de l’essaimage est normalement passé, alors patience… surveillez bien vos essaims artificiels, ils peuvent manquer de nourriture.

Cadre nourrisseur en bois

Saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années a un potentiel énorme en production de nectar, d’où l’utilité de planter également des arbres mellifères pour ceux qui possèdent un peu de terrain.

A voir sur le site de l’itsap la liste des plantes attractives :

https://itsap.asso.fr/outils/acteurs-participer-a-protection-pollinisateurs/

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux, la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

A partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain ne refroidisse.

Hausses dans la Hague

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative (sans résultat probant signifierait que ni l’une ni l’autre ne donne satisfaction). En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol.

Une ruche qui déborde

Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Bel essaim

Enruchage d’un essaim

Récupération essaim dans ruchette

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa, avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-la, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse . Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2021 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près.

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… MAI 2020

Malgré la fraîcheur, souvent présente, due au petit vent de nord-est au cours du mois d’avril, nous avons tous remarqué la précocité des floraisons et nous constatons à peu près deux semaines d’avance par rapport à la normale. Les colonies se sont rapidement développées, des cires ont pu être mises à construire, vérifiées quelques jours plus tard pour les recentrer dans le nid à couvain afin, d’une part, avoir au centre de la ruche des cadres avec de la cire neuve et d’autre part, pour éviter que les abeilles les chargent de miel si vous les laissez entre le couvain et un cadre de pollen. Autre précision sur ce sujet, cela permet également de faire développer plus rapidement la colonie car au centre du nid à couvain, la reine viendra très rapidement pondre. La pose des hausses a été faite dès la première quinzaine d’avril et des essaims artificiels ont pu également être constitués pour augmenter son cheptel ou pallier aux pertes hivernales.

 

Hausses dans la Hague en 2019

Un fait marquant cette année : des récoltes ont été faites fin avril… il y a quelques années, faire une récolte de printemps faisait partie de l’utopie, mais aujourd’hui, non seulement il y a possibilité d’en faire une, mais cela est indispensable si l’on ne veut pas voir partir sur l’ensemble des colonies, des essaims.

Essaim au rucher école de Saint Lô en 2019

Récolte de l’essaim avec les moyens du bord

La période tant redoutée de tous les apiculteurs reste l’essaimage et même si vous avez été prévoyants, donné de la cire à étirer, posé des hausses, fait des essaims, quelques départs vont quand même être constatés malgré tous ces efforts. L’essaimage reste le mode de reproduction naturel des colonies d’abeilles, mais voir ou constater une ruche se vider d’une grande partie de sa population peut engendrer un certain découragement, soyons donc vigilants. Un dicton à méditer : essaim de mai vaut vache à lait…

En ce début de printemps, l’euphorie qui règne au sein de la ruche est également appelée fièvre d’essaimage, car rien ou presque ne peut contrer ce rituel ancestral. Les ouvrières, poussées par cet instinct, édifieront des cellules en nombre qui pourront potentiellement donner naissance à autant de reines et de surcroît à plusieurs essaims secondaires. En fonction de la météo, quelques jours avant l’éclosion de la première cellule, la vieille reine, mise à la diète pour alléger son poids et lui permettre de s’envoler, partira avec pratiquement la moitié de la population ; de la première éclosion sortira la reine de la colonie et les ouvrières procéderont à la destruction des cellules restantes (sauf en cas d’essaimage secondaire).

Cellules royales d’essaimage

Quelques jours après sa naissance, si les conditions météorologiques le permettent, la jeune reine s’envolera pour le vol nuptial, accompagnée d’une vingtaine d’abeilles. Elle sera alors fécondée par plusieurs mâles ou faux bourdons, une vingtaine, provenant de diverses souches génétiques. Durant sa vie, ce sera sa seule sortie de la ruche (en dehors de l’essaimage).

A noter qu’il faudra surveiller, dans une ruche ayant essaimé, le « remérage », c’est-à-dire le fait que la nouvelle reine ait bien commencé sa ponte. Si, au bout de 3 ou 4 semaines après l’essaimage, l’on n’observe pas de ponte dans la ruche « souche », il faudra introduire dans celle-ci un cadre de couvain ouvert avec œufs, provenant d’une bonne colonie, afin que les abeilles élèvent une nouvelle reine.

C’est un peu l’effervescence au rucher et la présence de l’apiculteur est indispensable pour :

  • Surveiller l’essaimage et essayer de le prévenir

  • Préparer des ruchettes et des cadres de cire gaufrée.

  • La cueillette des essaims et la mise en ruche.

  • Surveiller les colonies en développement et pour celles qui ont des hausses, surveiller le remplissage.

  • Effectuer les premières récoltes. Les miels de printemps, et en particulier celui de colza, sont très riches en glucose. Cette caractéristique fait qu’ils cristallisent rapidement, y compris dans les hausses. Il faut envisager les premières récoltes dès la défloraison des colzas (il faut, si possible, extraire dans un local chauffé et déshumidifié).

Comment prévenir l’essaimage ? Sans les détailler, voici quelques conseils, facilement applicables :

  • A la visite de printemps, bien apprécier les provisions et enlever les cadres de rives, un ou deux bien souvent pourvus de réserves et les remplacer par un ou deux cadres de cire gaufrée à placer juste après le cadre de pollen.

Cadre de cire gaufrée

  • Au-delà de cinq cadres de couvain, prélever des cadres pour faire des essaims. C’est une stratégie « payante » : on limite l’essaimage et, à la fois, on obtient de nouvelles colonies.

Prélever des cadres pour faire un essaim artificiel

  • Poser des hausses pour donner du volume

  • Surveiller chaque semaine pour voir l’apparition des premières cellules et les détruire ; au bout de deux ou trois passages avec destruction, la fièvre sera normalement retombée. Attention : vérifier la présence d’œufs ou de très jeunes larves avant de détruire les cellules royales ! Cette pratique demande du temps et peut parfois perturber la colonie.

Oeufs dans les cupules Kemp

Marquer la reine en bleu cette année

Reine de 2019

Grille à reine ou pas : à chacun sa méthode, mais sur le plan sanitaire, il est incontestable que les grilles à reine empêchent la ponte dans les hausses et ainsi le miel contenu dans les cellules n’est pas en contact avec celles qui ont contenu du couvain. Par ailleurs, le goût du miel peut en être un peu altéré et il peut dans certains cas, avoir un goût dit animal. De même, le travail lors de la récolte est grandement facilité grâce à l’absence de couvain.

Grille à reine métallique

C’est également la période favorable pour poser des grilles à propolis pour ceux qui veulent en récupérer pour leur consommation personnelle et également les trappes à pollen, qu’elles soient intégrées dans le plateau ou celles de façade. Un conseil : attendez la défloraison du pissenlit, car son pollen est très amer. Ce pollen pourra être utilisé de deux façons : pour la consommation de l’apiculteur, ou pour distribuer aux colonies à la sortie de l’hiver en le mélangeant avec du candi, il aura un effet dynamisant.

Récolte de pollen

Maintenant que les fleurs sont bien présentes, espérons que la météo sera de la partie !

Rendez-vous maintenant en juin. A.L.et K.L.

Mise en ligne de l’Abeille de France

Information communiquée par l’Abeille de France

« Chères collègues, Chers collègues, 

Nous avons le plaisir de vous informer que le numéro d’avril de l’Abeille de France  a pu être imprimé, et ceci, malgré des conditions de travail compliquées par les précautions sanitaires.  La revue  est maintenant en cours de distribution, et ne devrait plus tarder à arriver dans vos boîtes aux lettres.

En cette période de confinement, afin de permettre à tous vos amis de découvrir notre revue et de satisfaire les plus impatients d’entre vous, nous avons décidé de mettre exceptionnellement ce numéro en accès libre sur notre site internet www.labeilledefrance.com  et, vous joignons l’éditorial de ce numéro. N’hésitez pas à faire circuler cette information autour de vous.

Nous vous en souhaitons une très bonne lecture et restons à l’écoute de vos suggestions. 

Recevez nos cordiales salutations et l’assurance de notre dévouement à la cause apicole. »

Pascal GUICHE et Frank ALÉTRU

 

ÉDITORIAL DE Frank ALÉTRU, Président du Syndicat National d’Apiculture

Plus d’écologie pour moins de pandémies

Mes premiers mots sont d’exprimer la pensée émue que nous avons tous envers ceux qui ont perdu des proches, emportés par la vague mortelle de la pandémie du coronavirus. 

Cette épidémie démontre la fragilité de l’espèce humaine. Ce n’est pas la première, mais aucune des précédentes n’avait à ce point déstabilisé et fragilisé la vie humaine au niveau mondial. Notre société devra en tirer les leçons. Nous ne vivrons plus jamais comme “avant le coronavirus”. Il y aura un après. 

La question qui nous vient immédiatement à l’esprit est : “Pourquoi cette succession de pandémies (VIH, EBOLA, ZIKA, SARS-Cov, et aujourd’hui Covid-19), de plus en plus rapprochées ?” Ces virus pathogènes ne proviennent pas directement de l’homme, mais c’est bien la croissance de l’activité humaine, son emprise non maîtrisée qui semble sans limite sur les différents milieux naturels, l’augmentation des déplacements des populations qu’elles se fassent par la terre, la mer ou les airs, et la surpopulation dans certaines zones du globe qui nous les amènent et en sont responsables. Nos politiques n’ont plus le choix, ils doivent impérativement prendre en compte l’écologie dans les programmes de développement. 

La moitié des agents infectieux des dernières grandes pandémies proviennent d’animaux sauvages, non pas qu’ils en soient tous malades car ils vivent avec eux sans dommage. Oui, la responsabilité, la faute principale en revient à l’homme qui, en raison de son expansion invasive non contrôlée sur les milieux naturels (réduction des habitats, déforestation, industrialisation, urbanisation), engendre un rapprochement animal/homme facilitant les voies d’accès aux agents pathogènes vers l’espèce humaine chez qui ils peuvent devenir mortels. 

Ces ennemis, invisibles à l’oeil nu, incolores, inodores et sans saveur, ont franchi la barrière des espèces. Ils étaient prévisibles, mais l’homme ne s’y était pas préparé. Pire, certains pays les défiaient comme les États-Unis qui annonçaient en février dernier vouloir réduire de moitié sa participation au fonds de l’Organisation Mondiale de la Santé. 

Cette pandémie nous amène à devoir vivre un confinement inédit, inimaginable sur une telle durée, et avec des conséquences économiques et sociales qui laisseront des séquelles très profondes. 

Notre activité apicole bénéficie d’une souplesse légitime et logique pour nous permettre de suivre nos colonies et travailler dans nos ruchers. Cet aménagement a été obtenu grâce à la réaction immédiate, au travail collectif et au dynamisme du secrétariat de notre interprofession InterApi auprès des services (Dgal) du ministère de l’Agriculture. La note technique rédigée par le ministère a permis à tous les apiculteurs quelque soit leur nombre de ruches de pouvoir intervenir dans leurs ruchers. 

Autre beau résultat d’un engagement collectif en cette période où simplement vouloir faire son travail devient compliqué, voire impossible pour certains : bien que de nombreuses revues ne seront pas acheminées, nous avons relevé le défi que nos abonnés puissent recevoir leur revue l’Abeille de France “espace de liberté et d’ouverture” dans ce contexte difficile. Grâce à la détermination de toutes les équipes, des rédacteurs, des graphistes, des chasseurs d’images, des annonceurs, de tous les techniciens de notre imprimeur sans oublier le service de routage, cette revue vous est parvenue avec un délai de distribution rallongé. 

Par solidarité, nous mettrons ce numéro en accès libre sur Internet à partir de notre site www.labeilledefrance.com. Faites-en profiter vos collègues et vos amis.

 Au moment où j’écris ces lignes, nous apprenons avec tristesse et émotion la disparition de notre excellent collègue “Jean FEDON”. Jean aura marqué de son dynamisme, de sa volonté d’innovation et de progrès dans la connaissance, toute une génération d’apiculteurs qui ne l’oubliera jamais. 

En cette période intensive de travail au rucher, Jean n’aurait pas économisé ses conseils. Le moment est décisif pour la suite de la saison, ne le loupons pas malgré le contexte un peu plus compliqué. Les floraisons sont là et abondantes, ainsi que de belles colonies d’abeilles dans les ruchers qui n’attendent plus que le déclenchement de la miellée, pour rentrer de belles récoltes. 

Souhaitons aussi que la réouverture des marchés alimentaires puisse au plus vite se mettre en place dans le respect des conditions de protection sanitaire pour les vendeurs et les clients, afin que les conséquences économiques soient les plus limitées possibles pour notre filière. 

Aujourd’hui, nous vivons un confinement imposé. Faisons tout pour ne pas le “subir” et, au contraire, profitons de cette “retraite” pour analyser en détail cette situation, pour en tirer les leçons et imaginer les solutions de demain afin de pousser les politiques à corriger leurs feuilles de route en vue de sauvegarder notre belle planète qui, elle, profite de ce répit pour “respirer”. À Pékin, le ciel est redevenu bleu !

Diffusion du reportage Abeilles : to bee or not to be – Dimanche 12 avril sur France 2 à 13h20

Communication du SNA à tous les adhérentes et adhérents de La Manche Apicole

Chers collègues,

Nous espérons que vous et vos proches vous portez bien en cette période difficile et que vous pouvez aller rendre visite à vos abeilles qui commencent à bien travailler dans certaines régions avec cette météo favorable.

Le confinement vous permettra peut-être de découvrir ou regarder à nouveau le reportage de France 2 « Abeilles : to bee or not to be » diffusé à 14h20 ce dimanche 12 avril sur France 2 avec la participation de Frank Alétru, Président du SNA.

Nous vous transmettons la présentation du reportage si vous souhaitez transmettre l’information à vos adhérents (https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/13h15/13h15-du-dimanche-12-avril-2020_3887073.html)

Dans le cadre de sa série documentaire « Monde cruel », consacrée à la « sixième grande extinction », le magazine « 13h15 le dimanche »  raconte l’histoire d’une espèce en voie de disparition : les abeilles. Leur déclin, commencé dans les années 1990, est mondial. Ses causes : parasites, pesticides, moindre diversité des fleurs, etc. En France, la mortalité des colonies d’abeilles a atteint 30% en quinze ans.

A la rencontre de deux passionnés qui tentent de les préserver : Frank, un apiculteur vendéen, se bat depuis vingt ans pour faire interdire les insecticides tueurs d’abeilles ; Roch, un apithérapeute, parcourt le monde à la recherche de produits de la ruche pouvant être utiles pour la santé.
Un monde sans abeilles serait-il viable ?

Emmanuelle Chartoire, David Geoffrion et Fanny Martino sont notamment allés jusqu’au Mexique, et à Cuba, un des seuls endroits du monde où les abeilles sont préservées. To bee or not to be… un titre en forme de jeu de mots (bee signifie abeille en anglais), mais une question sérieuse : la vie serait-elle possible dans un monde sans abeilles ?

Frank et Roch se battent pour sauver ces insectes, persuadés qu’à terme, c’est l’Homme qui pâtirait de leur disparition. Ces infatigables travailleuses fabriquent en effet, non seulement le miel, mais aussi d’autres substances très utiles à l’espèce humaine…

Nous vous souhaitons un très bon week-end,  une bonne saison et prenez soin de  vous et des autres.

L’équipe du SNA

AU FIL DES MOIS… AVRIL 2020

 

Les dix derniers jours de mars plutôt froid avec un vent d’est dominant a conduit nos colonies à rester confinées en attendant des jours meilleurs, mais attention, les premières visites ont pu faire ressortir que les réserves s’épuisent petit à petit, la ponte augmente, le couvain prend de plus en plus de place, il va être temps maintenant de faire une bonne visite de printemps par une température d’au moins 16° et en l’absence de vent. Durant cette visite, il faudra mettre des cadres cirés à construire ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 20 pour cette année, et lorsqu’ils sont construits et pondus, les replacer au centre du nid à couvain, ainsi leur renouvellement se fera plus aisément. Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Cadre ciré

Numéroter les cadres

Profitez également de ces premières visites pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau) ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser…

Marquer la reine

Marquer la reine en bleu cette année

La colonie croît rapidement, les naissances se font de plus en plus nombreuses, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles. Il faudra également penser à préparer les hausses,.. car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps et l’an dernier, en certains endroits, cette récolte a été presque aussi bonne que celle d’été.

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie se prépare à essaimer.

Abeille et faux-bourdon

Nous l’avons déjà vu lors des cours du rucher-école, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrétera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, à maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.

  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?

  • Un nouveau statut lui est maintenant défini, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.

Ventileuses

  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Abeille qui butine une fleur de Pittosporum « Garnettii »

RAPPEL : en cette période si particulière d’épidémie de Covid 19, avant de visiter vos ruchers, munissez-vous impérativement de votre attestation de déplacement dérogatoire, de votre déclaration de ruchers et également de la copie (à télécharger sur le site de La Manche Apicole) de l’autorisation de déplacements pour visites de ruchers en période de confinement.

Rendez-vous maintenant en mai. A.L. et K.L.