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Lettre d’information du Syndicat National d’Apiculture

Manifestation contre la ré-autorisation des néonicotinoïdes du 23 septembre 2020 à Paris

Mercredi 23 septembre , à l’initiative d’Agir pour l’Environnement, « 577 abeilles en colère » se sont rassemblées à proximité de l’Assemblée sur l’esplanade des Invalides afin de protester contre la possible ré-autorisation des insecticides « tueurs d’abeilles ».

Cette action a été l’occasion de laisser la parole à une quinzaine de responsables d’associations de protection de l’environnement (Agir pour l’Environnement, Greenpeace, Nous voulons des coquelicots, Foodwatch…) de syndicats apicoles (UNAF et SNA), d’organisations agricoles (FNAB et Confédération Paysanne). Près d’une quinzaine de parlementaires représentant plusieurs groupes politiques sont venus affirmer leur opposition à ce projet de loi.

Les néonicotinoïdes sont l’une des causes majeures de l’effondrement des populations d’abeilles et leur persistance dans l’environnement en font de redoutables toxiques.

Malgré les nombreuses études scientifiques à l’appui, le gouvernement va tenter de passer en force au profit d’un lobby agro-industriel. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’exprimer notre colère à l’égard de ce que nous estimons être un crime contre l’environnement.

Bien cordialement.

Frank Alétru,
Président

577 abeilles en colère - Manifestation contre la ré-autorisation des néonicotinoïdes du 23 septembre 2020

 

Action auprès des ministères de l’Agriculture et du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Copie du courrier adressé aux ministères : lettre-neonicotinoide

Action auprès des députés :

Un courrier a été adressé aux députés . Celui ci demande qu’ils se positionnent contre ce projet de loi, car le texte du projet de loi ne limite pas les ré-autorisations à la betterave, mais pourra s’appliquer à d’autres cultures dans le futur.

Condoléances SNA

Message du SNA

Je viens d’apprendre avec tristesse en lisant l’Abeille de France, le décès de Claude ROULLAND.

Au nom du S.N.A. et de son président Frank ALETRU, au nom de la Fédération Nationale des Groupements Techniques Apicoles ( FNGTA ), je vous remercie de bien vouloir transmettre mes sincères condoléances à son épouse, à sa famille et à tous les apiculteurs de la Manche.

J’avais eu l’occasion de le rencontrer pour la dernière fois en 2012 , à TROYES, lors du dernier Conseil d’administration du S.N.A. auquel il assistait, et j’en garde un souvenir d’autant plus ému que dans son allocution de départ , il avait annoncé à nos collègues, qu’il partait certes à regret à cause de son âge, mais qu’il était content de savoir être remplacé par votre serviteur.

Avec mes amitiés et mon bon souvenir,

Bernard LAMIDEL – Président de la FNGTA

Claude MAYOUSSE – Secrétaire de la FNGTA

Frank ALETRU – Président du Syndicat National d’Apiculture

AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2020

Floraison de la bruyère dans la Hague

Champ de luzerne

Chaleur, canicule, sécheresse, vent dominant de nord-est : voilà ce que nous retiendrons de cette fin juillet et première quinzaine du mois d’août. Les récoltes sont maintenant terminées, quelques retardataires espèrent encore récolter sur le sarrasin, la luzerne ou la bruyère callune (peu présente dans la Manche). Le traitement anti-varroas a été effectué, les colonies resserrées pour celles qui ne garnissaient pas la totalité du corps de ruche, la visite complète pour vérifier l’état sanitaire réalisée, les portières mises. C’est l’heure maintenant du bilan,

Lanières anti-varroas

Le frelon asiatique : une présence équivalente à celle de 2019, il demeure néanmoins très actif sur certaines zones, comme le granvillais. Espérons qu’il ne perturbera pas trop nos colonies car la nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Attitude défensive

Vous pouvez quand même piéger sur les ruchers où il est présent, même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles mais réduira la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Quelques frelons asiatiques piégés.

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches. À la tombée de la nuit, vous pouvez en empiler trois par ruche, au-dessus du couvre-cadres, le trou de nourrissement ouvert, et vous les laissez trois ou quatre jours, pas plus car les abeilles peuvent à nouveau stocker, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Hausses préparées pour la prochaine saison

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant sur chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Afin de ne pas avoir de mauvaises surprises au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support (type parpaings) recouvert par une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une autre grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et une effet « cheminée ». Ainsi, les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

Fausse teigne

Dégâts occasionnés par la fausse teigne

Larve de fausse teigne

Cocons de fausse teigne

On trouve également chez les détaillants apicoles le bacille de Thuringe, ennemi des larves de lépidoptères, utilisable en agriculture biologique.

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité dans la gestion des provisions dans vos colonies, certaines seront conséquentes et pour d’autres il faudra leur apporter un complément en sirop non-dilué (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

 

 

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

 

Cadre nourrisseur en bois

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, beaucoup auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition en position 10

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2020, canicule oblige, cela a bien fonctionné). Elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

La louche de cire est étalée

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

 

Déclaration de ruches 2020

Information du SNA (Syndicat National d’Apiculture)

Déclaration de ruches 2020 : du 1er septembre au 31 décembre 2020

 

Tout apiculteur est tenu de déclarer chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre les colonies d’abeilles dont il est propriétaire ou détenteur, en précisant notamment leur nombre d’une part et leurs emplacements d’autre part[1]. La déclaration est obligatoire dès la première colonie détenue.

Cette déclaration concourt à une meilleure connaissance du cheptel apicole français et participe à sa gestion sanitaire, notamment face à la menace que représente le parasite Aethina tumida. Elle permet également de mobiliser des aides européennes dans le cadre du Plan apicole européen permettant un soutien à la mise en œuvre d’actions en faveur de la filière apicole française.

 

Modalités de déclaration de ruches 2020 :

La déclaration de ruches 2020 est à réaliser du 1er septembre au 31 décembre 2020 en ligne sur le site MesDémarches : http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr

Le numéro d’apiculteur (NAPI) est demandé lors de la procédure. Les apiculteurs n’ayant pas de numéro d’apiculteur, ou l’ayant égaré, s’en verront attribuer un nouveau de façon immédiate. Cette procédure permet également aux nouveaux apiculteurs d’obtenir leur numéro d’apiculteur de façon immédiate.

La déclaration de ruches consiste à renseigner :

– le nombre total de colonies d’abeilles possédées (toutes les colonies d’abeilles sont à déclarer, qu’elles soient en ruches, ruchettes ou ruchettes de fécondation/nuclei),

– pour une meilleure efficacité des actions sanitaires, les communes accueillant ou susceptibles d’accueillir des colonies d’abeilles dans l’année qui suit la déclaration, si connues.

 

N.B. Pour les apiculteurs ne disposant pas d’un accès à internet, il est toujours possible de réaliser une déclaration de ruches en sollicitant un accès en mairie.
Pour cette campagne 2020, il sera également possible d’utiliser le Cerfa papier 13995*04 à compléter, signer et à envoyer au plus tard le 31 décembre 2020 à l’adresse : DGAL-Déclaration de ruches, 251 rue de Vaugirard, 75732 Paris cedex 15.
Le Cerfa 13995*04 est disponible sur le site MesDémarches : http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr ou en mairie.
Les déclarations de ruches sur Cerfa papier 13995*04 envoyées après le 31 décembre (cachet de la poste faisant foi) ne recevront aucun traitement.
Le délai d’obtention d’un récépissé de déclaration de ruches est d’environ 2 mois à compter de la réception à la DGAl.
Les déclarations réalisées sur papier libre ou sur des anciennes versions de Cerfa ne sont pas recevables.

 

Des informations complémentaires concernant la déclaration de ruches sont disponibles sur le site MesDémarches : http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr

[1] Article 33 de la loi 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement et article 11 de l’arrêté du 11 août 1980 relatif au dispositif sanitaire de lutte contre les maladies des abeilles.

AC

Réunions de secteurs

Réunions de secteurs

Il est vrai qu’aujourd’hui nous sommes dans une situation où les organisations de manifestations, réunions… restent compliquées à organiser, mais ne sachant pas si la situation sanitaire va s’améliorer, il faut quand même aller de l’avant.

Ces réunions de secteurs sont des rendez-vous à ne pas manquer où les échanges sur les différentes techniques apicoles, la saison apicole, le bilan des ruchers-écoles, un point sur le sanitaire, les pertes de colonies, l’implication du Département sur le frelon asiatique…. Demeurent des moments forts de notre syndicat.

Pour les raisons que l’on connaît , en raison de la difficulté à organiser un concours des miels cette année, le conseil d’administration a décidé de l’annuler, nous le regrettons vivement et nous nous en excusons auprès de nos participants.

Saint-Hilaire-du-Harcouët : dans la salle de réunion à l’Espace Saint-Hilaire, route de Paris. Rendez-vous à 10 h le samedi 10 octobre. Si vous le souhaitez, nous pourrons déjeuner ensemble.

La Glacerie : la réunion de secteur du nord-Cotentin se fera au centre socioculturel des Rouges-Terres, rue des Poètes à La Glacerie. Rendez-vous pour 9 h 30 le samedi 3 octobre. Pour ceux qui le souhaitent, un repas pourra être pris en commun le midi.

A.L.

Nécrologie

Président d’honneur de La Manche Apicole

 

Une « figure » du monde apicole manchois s’en est allée…

C’est à l’aube de ses 89 ans que Claude Roulland nous a quittés. C’est en 1949 que Claude, élève de l’Ecole normale des instituteurs de Saint-Lô, là où il y avait quelques ruches, que sa curiosité l’a amené à se rapprocher, non sans piqûres… de ce monde encore inconnu pour lui, celui des abeilles.

L’apiculture manchoise est en deuil aujourd’hui. Après avoir suivi les traces de M. André Ledieu, président de La Manche Apicole et fondateur du Groupement de défense sanitaire de la Manche en 1970, dont il en a assuré la présidence jusqu’en 1986, Claude en a été le premier secrétaire et en a assumé la tâche jusqu’à ce qu’il prenne la présidence de La Manche Apicole en 1987 jusqu’en 2006.

Homme de terrain par sa profession, professeur de sciences et vie de la terre, il aimait partager ses connaissances. Les quelques ruches de l’Ecole normale, propriété du conseil général à l’époque ont déménagé pour la ferme musée de Boisjugan et Claude n’a pu s’empêcher de proposer ses services au monde apicole et bien sûr bénévolement pour créer le rucher-école ouvert à toutes les personnes intéressées pour s’occuper de quelques ruches. Le rucher-école était né…

Son engagement pour l’apiculture manchoise a été sans faille pendant une cinquantaine d’années, il a su communiquer sa passion aux élèves du rucher-école dont j’en suis un représentant. Combatif, il savait frapper aux bonnes portes lorsqu’il s’agissait du bien-être des abeilles.

Organisateur avec son épouse Marie-Thérèse du traditionnel voyage des apiculteurs le 1er mai, c’était, à l’époque où les moyens de déplacements étaient limités, des moments de partage et de convivialité entre les familles.

Pendant de nombreuses années il fut membre du conseil d’administration du Syndicat national d’apiculture où il a bien représenté notre département.

Par ces quelques lignes, La Manche Apicole ainsi que le GDSA te remercient pour toutes ces années investies au monde des abeilles et si aujourd’hui le syndicat compte quelque 635 adhérents, c’est un peu grâce à toi.

Merci à toi, Claude et nous tirons notre révérence.

Alain LESCLAVEC

AU FIL DES MOIS… AOÛT 2020

Fleur de luzerne

Après une miellée de printemps très honorable sur l’ensemble du secteur manchois, nous rêvions à ce que celle d’été soit du même acabit… Vent de nord-est dominant, peu de pluie et des températures restant en-dessous des normales de saison ont fait que la grande miellée d’été n’a pas été à la hauteur des espérances et s’est terminée cette année assez tôt, vers la mi-juillet. Les ruchers près des bois ou dans les zones humides comme celles les marais ont davantage donné, par rapport à ceux des plaines.

Portière anti frelon

Lorsque sur la planche d’envol les abeilles musardent, c’est le signe que la récolte est terminée… Elle a été correcte pour les colonies qui n’ont pas déserté leurs ruches. Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, reste encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Les hausses pleines, les corps de ruches bien garnis (ce n’était pas le cas à la mi-juin) vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.

Hausses empilées avec chasse abeilles haut et bas

Les abeilles quittent les hausses par les chasses abeilles

Dès les hausses de miel retirées, pensez à nourrir avec un sirop non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Cadre nourrisseur en bois

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Varroas

Lanières anti varroas

Les jours diminuent de plus en plus, pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… JUILLET 2020

Comme chaque année, après avoir connu quelques jours de disette, c’est aux alentours du 10 juin que la miellée d’été a réellement débuté. Quelques pluies orageuses ont permis au trèfle blanc de fleurir et de faire monter le nectar dans les ronces ; la deuxième quinzaine de juin a connu des jours d’intense miellée. Par ces journées très chaudes, même si les essaimages se raréfient, certains ont encore eu lieu, anéantissant le travail de l’apiculteur, mais c’est la loi de la nature, où l’homme peut intervenir, mais ne reste pas maître de la situation.

Très gros essaim

Les essaims faits par division étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Maintenant, la miellée bat son plein, et si la météo est clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses sont aux champs et travaillent sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit lorsque la température le permet. Les ventileuses ne chôment pas, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de reproduction touche à sa fin.

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte, n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2020 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Faire un essaim artificiel

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire, le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir, sachez que par une belle journée, ce sont plus de 10 litres de nectar qui peuvent rentrer sur les colonies les plus fortes… Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Ventileuses

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou des très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 15-20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

 

Message de la DGAL à l’ensemble des apiculteurs

Mesdames, Messieurs,

Nous souhaitions vous alerter sur une tentative d’hameçonnage qui viserait certains d’entre vous avec un document imitant le logo et l’entête d’une instruction de la DGAL. Cette fausse instruction technique datée du 3 juin 2020 vous demande de communiquer à une boite mail frauduleuse votre CNI ainsi que votre passeport.

Si vous avez reçu ce type de demande, vous ne devez en aucun cas y répondre. La DGAL ne vous demandera jamais ce type d’information que vous ne devez en aucun cas communiquer.

Nous vous remercions de votre vigilance.

Bien cordialement


La Sous-directrice de la Santé et protection animales

Étiquetage des origines du miel en mélange

ÉTIQUETAGE DES ORIGINES DU MIEL EN MÉLANGE

UNE VICTOIRE DES APICULTEURS AU SERVICE DES CONSOMMATEURS !

Paris, le 27/05/2020.

Ce mercredi 27 mai, les députés ont approuvé en 2ème lecture la proposition de loi EGALIM, relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires. Celle-ci concerne notamment l’étiquetage des miels vendus en mélange :
« Pour le miel composé d’un mélange de miels en provenance de plus d’un État membre de l’Union européenne ou d’un pays tiers, tous les pays d’origine de la récolte sont indiqués par ordre pondéral décroissant sur l’étiquette. »
 

« C’est une victoire pour l’apiculture française, confrontée à une concurrence jugée déloyale ; et une avancée très attendue aussi par les consommateurs, nombreux à revendiquer plus de traçabilité et de transparence », affirme Frank ALÉTRU. Le Président du Syndicat National d’Apiculture (SNA), qui est aussi président de l’association des apiculteurs professionnels européens (EPBA : European Professionnal Beekeepers Association) et secrétaire de l’interprofession des produits de la ruche (InterApi) se félicite du travail réalisé depuis plusieurs années par son syndicat sur ce dossier, auprès des politiques et autorités compétentes, et des actions et pétitions intersyndicales.
L’origine de la gelée royale, également concernée par la loi, mais discutée en 1ère lecture en décembre dernier, devra également figurer sur l’étiquetage.

En France, le texte devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2021.
Frank Alétru se réjouit que la loi EGALIM n’ait pas été reportée à une date ultérieure, malgré les circonstances particulières : « Les apiculteurs français attendaient cette disposition depuis bien longtemps ! Pour nos députés, ce vote a été l’opportunité de prouver leur attachement à la production et au savoir-faire français, et d’offrir aux consommateurs plus de transparence dans l’information qui leur est due ».

Le Syndicat National d’Apiculture salue ce signal fort à la Commission européenne et aux autres États membres dont les apiculteurs espèrent la même réglementation.
« Avec l’Espagne et le Portugal, nous partagions la même ambition mais notre proposition de décret a été retoquée par la Commission l’année passée. Aujourd’hui, la situation a évolué et toutes les organisations apicoles se préoccupent désormais des décisions à venir.
 

Le 20 mai dernier, les députés roumains ont fait une surprise aux apiculteurs en profitant de la journée internationale de l’Abeille pour voter la même réglementation ; et l’Espagne, par décret royal, avait fait de même quelques jours auparavant. »

Pour Frank Alétru, le travail avec Bruxelles doit se poursuivre, la Directive « Miel » devant être mise en discussion dans le cadre de la Stratégie européenne « De la ferme à la fourchette » (« Farm To Fork »). L’objectif du SNA : obtenir au niveau européen un étiquetage homogène des origines des miels en mélange, malgré les réticences d’un des principaux acteurs du marché mondial du miel : l’Allemagne.
 

Contact presse
Frank ALÉTRU Président du SNA