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AU FIL DES MOIS… AVRIL 2021

 

Un mois de mars plutôt frais malgré les quelques belles journées ensoleillées où nous avons pu observer une activité assez intense. La ponte augmente et le couvain prend de plus en plus de place. Attention aux réserves : elles fondent comme neige au soleil, n’hésitez pas à leur fournir un complément sous forme de pain (candi) sans avoir de regret. Les derniers jours du mois, nous avons vu des températures avoisiner les 20°, et en observant les planches d’envol, l’activité demeurait intense, avec du pollen en quantité et pour ceux qui ont déjà ouvert, une rentrée de nectar assez conséquente.

Évolution du poids de 3 ruches disposées sur des balances, sur février et mars 2021. La perte de poids par ruche varie de 4,4 à 5,1 kg (rucher situé dans le centre-Manche)

En profitant d’une belle journée, il va être temps maintenant de faire une bonne visite de printemps par une température d’au moins 16° et en l’absence de vent. Durant cette visite, il faudra mettre des cadres cirés à construire ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 21 pour cette année, et lorsqu’ils sont construits et pondus, les replacer au centre du nid à couvain, ainsi leur renouvellement se fera plus aisément. Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Numéroter les cadres cirés à construire (expl : 21 pour cette année)

Profitez également de ces premières visites pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau) ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser… Rappel : les reines de 2020 seront marquées en bleu.

Capturer le reine avec le piston

Marquer la reine en bleu pour 2020

La colonie croît rapidement, les naissances se font de plus en plus nombreuses, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles, elles sont dans la première quinzaine de leur vie, productrices de cire en quantité. Il faudra également penser à préparer les hausses,.. car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps et l’an dernier, en certains endroits, cette récolte a été aussi bonne que celle d’été.

Cadre de couvain operculé et miel operculé

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie se  prépare à essaimer.

Nous l’avons déjà vu lors des cours du rucher-école, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrètera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, à maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.
  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?
  • Un nouveau statut lui est maintenant défini, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.
  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Ventileuses

Rendez-vous maintenant en mai.                                                                       A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… JUILLET 2020

Comme chaque année, après avoir connu quelques jours de disette, c’est aux alentours du 10 juin que la miellée d’été a réellement débuté. Quelques pluies orageuses ont permis au trèfle blanc de fleurir et de faire monter le nectar dans les ronces ; la deuxième quinzaine de juin a connu des jours d’intense miellée. Par ces journées très chaudes, même si les essaimages se raréfient, certains ont encore eu lieu, anéantissant le travail de l’apiculteur, mais c’est la loi de la nature, où l’homme peut intervenir, mais ne reste pas maître de la situation.

Très gros essaim

Les essaims faits par division étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Maintenant, la miellée bat son plein, et si la météo est clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses sont aux champs et travaillent sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit lorsque la température le permet. Les ventileuses ne chôment pas, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de reproduction touche à sa fin.

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte, n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2020 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Faire un essaim artificiel

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire, le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir, sachez que par une belle journée, ce sont plus de 10 litres de nectar qui peuvent rentrer sur les colonies les plus fortes… Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Ventileuses

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou des très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 15-20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.