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AU FIL DES MOIS… OCTOBRE 2021

Avec un été particulièrement frais et des jours qui se sont égrainés sans voir réellement de belles journées ensoleillées, nous pouvons écrire aujourd’hui que l’année 2021 aura sûrement été l’une des plus mauvaises depuis plusieurs décennies. Les floraisons sont maintenant presque terminées, les récoltes le sont complètement. Profitons des quelques dernières belles journées pour faire une inspection méticuleuse des colonies et ainsi aider celles qui auront besoin d’un complément de nourriture. Le lierre a débuté sa floraison et apporte du nectar en quantité non négligeable, ce qui favorisera la ponte et les naissances des futures abeilles d’hiver. L’important apport de pollen facilitera le redémarrage de nos colonies courant janvier, à condition bien sûr que la météo soit favorable.

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Le sirop de nourrissement. Si vous le préparez vous-même, donnez-lui une concentration importante en sucre, 5 litres d’eau pour 16 kg de sucre agrémenté de 4-5 cuillères à soupe de vinaigre de cidre car la transformation reste toujours délicate pour nos abeilles et il ne s’agit pas de les épuiser. Ce nourrissement d’appoint doit être terminé pour le 15 octobre, au plus tard. Dans tous les cas, le sirop doit être distribué le soir pour éviter le pillage (surtout si vous le préparez vous-même, celui du commerce posant moins problème sur ce point). À cette période, Il est préférable de donner du sirop plutôt que du candi, car plus facilement assimilable ; il faut savoir qu’en donnant du candi, les abeilles auront besoin d’eau pour le dissoudre et le consommer et en période hivernale, les sorties ne sont parfois pas possibles.

Évolution du poids d’une ruche, au cours du mois de septembre, au rucher-école de Saint-Lô. La baisse de poids est d’environ 2,5 kg. Assez nette durant la première quinzaine, cette perte se stabilise au cours de la seconde, probablement sour l’effet d’une faible surface de couvain et de quelques rentrées de nectar. Ceci dit, on ne note aucune phase d’augmentation du poids et la miellée de lierre n’a pas encore commencé durant cette période.

Renforcement des ruches faibles. Si vous possédez plusieurs colonies, essayez « d’équilibrer » leur force en étant, bien sûr, vigilant sur l’état sanitaire de celles où vous aller prélever…. Ainsi, si vous disposez d’une ruche comprenant plus de 3 cadres de couvain, il est possible d’en donner un à une colonie qui n’en possèderait que un ou deux. Le raisonnement est le même pour les cadres de provisions : on trouve parfois des colonies très « chargées » et d’autres qui le sont peu.

Rucher école : ruche de niveau

Niveau des ruches. Pensez à les caler en leur donnant une pente vers l’avant, à la fois cela permettra aux abeilles de ne pas se noyer dans le sirop de nourrissement que vous leur avez donné et pendant cette longue période hivernale, l’écoulement de l‘humidité présente dans les ruches sera facilitée.

Tiroir pour fermer le plateau plastique

Fermer les plateaux. Pour ceux qui avaient choisi d’ouvrir le fond de leurs ruches, pensez à glisser vos plaques pour éviter les courants d’air à l’intérieur.

Toits. S’ils sont plats, vous pouvez y poser une grosse pierre ou un petit parpaing afin qu’ils ne soient pas emportés par le vent. Il est également intéressant de mettre une couche de matière isolante entre les toits et le couvre-cadres.

Portière traditionnelle

Portière anti-frelons

Intrusion des rongeurs. C’est le moment de poser les portières à l’entrée des ruches pour éviter que des intrus viennent s’installer bien au chaud pour passer l’hiver ; nous pensons au mulot, il trouvera gîte et couvert et souillera l’intérieur. Cet aspect est important et il n’est pas rare, malheureusement, de retrouver des colonies mortes à cause des rongeurs. Choisissez plutôt des portières anti-frelons pour également éviter leur intrusion.

Partition en position 10

Partitions. Il est grand temps de resserrer les colonies avec des partitions pour celles qui sont un peu moins populeuses, car il faut toujours penser au calorifugeage, moins il y aura de déperdition et mieux ce sera.

Traitement contre varroa. Phase très importante, il est grand temps de faire le traitement et surtout il est indispensable pour la survie des colonies. Si vous avez utilisé des lanières, grattez-les à la brosse métallique (pour enlever la propolis) et repositionnez-les là où se situe le couvain.

Mise en hivernage. A partir de maintenant, plus d’intervention sur vos ruches, après le travail important qu’elles ont fourni, elles ont bien mérité qu’on les laisse en paix.

Nos abeilles souffrent de beaucoup de maux. Les paramètres que l’on peut maîtriser restent peu nombreux, cependant, l’action de l’apiculteur en début d’automne est déterminante : traitement varroa, compléter si besoin les provisions et mise en place des partitions.

Prochain rendez-vous en novembre. A.L. et K.L.

Journée technique de la FNOSAD

Retransmise depuis Agen, le 15 janvier 2021

En rediffusion sur le site de La FNOSAD : https://www.fnosad.com/videos

Au programme, des conférences pour tous les apiculteurs sur des sujets majeurs du sanitaire apicole et en particulier sur la lutte contre le varroa : informations sur les phénomènes de résistance aux acaricides, sur des méthodes alternatives, partage d’expérience de stratégies de lutte, etc.

AC

AU FIL DES MOIS… FEVRIER 2021

 

En attendant la période normalement la plus froide dans notre département, nous avons connu un mois de janvier assez frais, avec un radoucissement en fin de mois, pluvieux avec tout de même quelques journées ensoleillées qui nous ont permis d’aller voir si tout allait bien dans nos ruchers.

Retour de pollen

Chacun a pu remarquer que le pollen commençait à rentrer en petites pelotes dans les ruches. De petites pelotes car les brèves sorties dues à la météo encore froide ne permettent pas de stocker dans les corbeilles situées sur les pattes arrières beaucoup de grains de pollen.

 

Les jours rallongent, le soleil va prendre de la puissance et de ce fait, si les températures avoisinent les 13°, les butineuses vont sortir en nombre vers les noisetiers et les premiers saules. À remarquer que plus le pollen rentrera et plus la reine sera sollicitée pour pondre, mais avec ce redémarrage de l’activité, les abeilles vont consommer davantage : il faut absolument surveiller les réserves et ne pas hésiter à les compléter en posant un pain de candi.

Pain de candi maison

En fonction des colonies, l’activité peut être plus ou moins intense. Dans certaines ruches, la reine n’est peut-être plus présente, ou trop vieille, d’où l’importance du marquage pour en connaître son âge signalé soit avec une punaise de la couleur de l’année plantée sur la ruche ou un relevé sur la fiche de conduite…

Couleur de la reine 2021 : blanc

S’il n’y a pas suffisamment d’abeilles pour stimuler sa ponte, il faudra attendre une belle journée à la fin du mois ou en mars pour ouvrir et établir un vrai diagnostic et, éventuellement, stimuler au sirop tiédi à 35° si cela en vaut la peine. Malgré cette stimulation, si la colonie est faible, elle aura du mal à repartir, il faudra alors penser à lui incorporer un cadre de couvain fermé, mais il est encore un peu trop tôt.

Déposez des langes graissés sur le plateau de quelques ruches pour voir si le traitement anti-varroas fait à l’automne et celui éventuellement réalisé à l’acide oxalique avec AMM (Autorisation de mise sur le marché) du début d’hiver ont été suffisants ; faites un comptage et au-delà de 2 varroas/jour, il faudra penser à refaire un traitement.

Varroas sur le tiroir

Si aucune abeille ne sort de la ruche par beau temps, il y a de fortes chances que la colonie soit morte, vous pouvez alors l’ouvrir, retirer les cadres, les fondre pour récupérer la cire qui ne devra pas servir à la confection de cire gaufrée (risque de maladie ou de pollution). En profiter pour ramener tous les éléments vides à l’atelier et les nettoyer, les gratter puis les passer au chalumeau afin de les désinfecter.

Nettoyage du matériel à la flamme

Si vous constatez des mortalités importantes, n’hésitez pas à le signaler à la DDPP. Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ddpp@manche.gouv.fr N’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’apiculteur (NAPI).

Encore une fois, ne négligez pas le traitement contre varroa, il reste le fléau numéro 1 des abeilles. Les mortalités ne paraissent pas importantes cette année, mais l’hiver est loin d’être terminé.

C’est le moment de passer en revue tout le matériel et faire une remise en état des cadres, ruches et ruchettes, pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Préparez et cirez vos cadres que vous laisserez à température ambiante, faites des partitions en nombre car nous en avons toujours besoin.

Cirer les cadres

Vous pouvez aussi réfléchir à de nouveaux emplacements et prendre contact avec des propriétaires de terrains jouxtant des endroits qui vous paraissent favorables : bois, friches, landes… Il ne faut cependant pas déplacer les colonies par temps trop froid, ce qui désorganiserait la grappe. Dans tous les cas, pensez à respecter la législation en vigueur.

Pensez également à déposer dès maintenant des pièges sélectifs pour capturer des fondatrices frelons asiatiques, car même si 2020 n’a pas connu une invasion sur l’ensemble du département, certains secteurs comme le Saint-Lois, le Granvillais ainsi que le Coutançais ont connu une pression importante. Soyons vigilants.

Rendez-vous en mars.                                                                            

  A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… AOÛT 2020

Fleur de luzerne

Après une miellée de printemps très honorable sur l’ensemble du secteur manchois, nous rêvions à ce que celle d’été soit du même acabit… Vent de nord-est dominant, peu de pluie et des températures restant en-dessous des normales de saison ont fait que la grande miellée d’été n’a pas été à la hauteur des espérances et s’est terminée cette année assez tôt, vers la mi-juillet. Les ruchers près des bois ou dans les zones humides comme celles les marais ont davantage donné, par rapport à ceux des plaines.

Portière anti frelon

Lorsque sur la planche d’envol les abeilles musardent, c’est le signe que la récolte est terminée… Elle a été correcte pour les colonies qui n’ont pas déserté leurs ruches. Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, reste encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Les hausses pleines, les corps de ruches bien garnis (ce n’était pas le cas à la mi-juin) vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.

Hausses empilées avec chasse abeilles haut et bas

Les abeilles quittent les hausses par les chasses abeilles

Dès les hausses de miel retirées, pensez à nourrir avec un sirop non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Cadre nourrisseur en bois

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Varroas

Lanières anti varroas

Les jours diminuent de plus en plus, pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

L’ITSAP Institut de l’abeille communique :

Actualités sur le blog de l’ITSAP

Avis de l’Anses : reconnaissance du travail de l’Itsap et du réseau des ADA dans l’observatoire des résidus

Un avis de l’Anses a été publié le 5 février relatif à l’évolution de la réglementation liée à l’usage des pesticides visant à protéger les abeilles domestiques et les insectes pollinisateurs sauvages. Il répond à une saisine du ministère chargé de l’agriculture de juin 2018. Il fait suite à un premier avis apporté par l’Anses en mars 2014 destiné à mieux définir le terme « en dehors de la présence des abeilles » des mentions abeille. Dans le cadre de l’avis paru, l’ITSAP a été auditionné le 1er octobre 2018. Nous avons alors rappelé les facteurs environnementaux et climatiques influençant le butinage des abeilles. Nous avons également fait état des résultats de l’observatoire des résidus de pesticides quantifiant les co-expositions des abeilles à des mélanges de résidus d’insecticides, acaricides, fongicides et herbicides. Nous avons détaillé la récente étude de l’UMT Prade qui a révélé que certains de ces mélanges provoquent des effets négatifs sur l’activité de butinage. Finalement nous avons donné notre regard sur les pistes d’évolution des procédures de mise sur le marché des pesticides, en lien avec notre participation au groupe de la Commissions des Essais Biologiques et à notre travail de validation de la méthode de vol de retour à la ruche.
L’avis recommande de modifier la réglementation sur les traitements phytosanitaires en élargissant la restriction d’usage (et la demande de dérogation via les mentions Abeille) sur l’ensemble des produits (incluant les fongicides et herbicides) pendant la floraison ou la production d’exsudats. L’agence réitère son avis déjà exprimé en 2014 sur les traitements nocturnes des produits présentant une mention Abeilles. Elle demande également que les éventuels effets d’une exposition répétée ou sur le comportement soient mesurés. En réponse, le gouvernement annonce la création d’un groupe de travail sur le sujet.

Lire la suite : http://itsap.asso.fr/

Enquête nationale sur les pertes hivernales 2017-2018

A la suite de témoignages d’apiculteurs indiquant un taux de mortalité des colonies anormal durant l’hiver 2017-2018, le ministère chargé de l’Agriculture a réalisé une enquête à l’échelle nationale entre début juillet et fin septembre 2018.

Lire la suite : https://www.plateforme-esa.fr/sites/default/files/ENMHA%202017-2018%20Premiers%20r%C3%A9sultats_2018_10_24.pdf

Construction d’un Indicateur de Référence Ecotoxicologique de la CIRE (CIRE2)

L’ITSAP et l’INRA d’Avignon (UMT PrADE) se sont engagés dans le projet CIRE2 dont l’objectif est de définir des seuils toxicologiques à partir desquels la présence de résidus altère d’une part le développement et la longévité des ouvrières ou des reines et d’autre part la qualité des semences des faux bourdons.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/construction-dun-indicateur-de-reference-ecotoxicologique-de-cire-cire2/

Lutte contre Varroa : détecter au plus tôt pour intervenir efficacement

L’ITSAP-Institut de l’abeille était présent au congrès international d’apiculture et d’apithérapie de Rouen, organisé par le Syndicat National d’Apiculture, avec le Syndicat Apicole de Haute Normandie et l’Association Francophone d’Apithérapie. A cette occasion, l’ITSAP a tenu sur son stand un atelier devant une quarantaine d’apiculteurs.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/lutte-contre-varroa-detecter-plus-tot-intervenir-efficacement/

Résistance des colonies à varroa : la technique pour l’évaluer

Lors du congrès de Rouen, l’ITSAP-Institut de l’abeille, en collaboration avec l’INRA d’Avignon et LABOGENA, a animé un atelier sur la sélection d’abeilles résistantes à varroa.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/resistance-colonies-a-varroa-technique-levaluer/

Dérogation pour l’approvisionnement en cire AB

Les cires exemptes de traces de résidus chimiques sont rarissimes et presque introuvables sur le marché. Pour favoriser l’approvisionnement en cire des apiculteurs exploitant sous le label AB, un groupe de travail a défini, dans le cadre de conditions dérogatoires, une liste minimale de résidus (acaricides, pesticides) à rechercher…

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/derogation-lapprovisionnement-cire-ab/

AC