Articles

AU FIL DES MOIS…AOÛT 2022

Abeille sur fleurs de trèfle blanc

Un printemps exceptionnel aussi bien en hygrométrie qu’en température, a permis un développement très rapide de nos colonies. Les hausses ont pu se garnir de miel assez rapidement et pour certains apiculteurs, deux récoltes : une en mai et l’autre en juin ont pu être réalisées. Le creux de miellée s’est à peine fait ressentir, quelques jours de pluie ont pu rafraîchir les sols et faire apparaître le trèfle blanc en quantité. La chaleur de juillet a également été favorable à nos petites protégées, à part bien sûr ces quelques jours de canicule où nous avons pu les voir recouvrir l’avant des ruches et ventiler, pour à la fois retirer l’humidité du nectar et également maintenir une température raisonnable afin d’élever le couvain dans de bonnes conditions.

Le bilan sera fait à la fin de ce mois, mais nous pouvons quand même écrire que l’année a été dans l’ensemble propice à une bonne récolte.

Les abeilles commencent à musarder sur la planche d’envol, c’est le signe que la récolte est terminée… Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont doucement se préparer à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, reste encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Attention aux réserves ! Juste après la récolte, ne pas hésiter à donner du sirop, non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères à soupe de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Une grande énergie est demandée aux abeilles pour le transformer, il vaut mieux réserver cet effort aux vieilles butineuses pour qu’elles le stockent et le transforment. N’hésitez pas à revenir une semaine plus tard pour leur donner un sirop de stimulation cette fois, un sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Couvre cadres nourrisseur en bois

Les hausses pleines ou pas, il va falloir penser à faire la récolte sans attendre car moins il y a à butiner et plus les ardeurs agressives des colonies se fera ressentir. Une récolte trop tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie et chacun sait que le sirop ne remplacera jamais le miel, nourriture de base de l’abeille.

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux et de pertes hivernales de colonies. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Varroas

Varroas sur une nymphe de faux-bourdon

Varroas phorétique

Varroas dans une alvéole d’abeille

Les jours diminuent de plus en plus, avec pratiquement plus de fleurs à butiner. Les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… JUILLET 2022

Abeille sur fleur de trèfle

Après être sortis d’un printemps exceptionnel quant aux récoltes qui ont pu être faites dans le centre et le sud-Manche et un peu moins abondantes dans le nord-Cotentin, le mois de juin 2022 sera à marquer dans les tablettes comme étant un mois, lui aussi, exceptionnel. Peu de temps mort sur les récoltes successives, et le creux de miellée ne s’est pratiquement pas fait ressentir. Un léger rafraîchissement en fin de mois de juin où le confinement des colonies a eu pour conséquence de faire repartir l’essaimage, mais rien à voir avec celui intempestif de 2021 à la même période.

Récupération d’un essaim au rucher-école

Les pluies successives et moments de chaleur ont fait fleurir le trèfle blanc de façon exceptionnelle et la fraîcheur des sols fera que cette floraison perdurera. Actuellement, le châtaignier est en fleur, les ronces sont à leur apogée, encore une bonne quinzaine de jours pour remplir les hausses pour les colonies qui en ont le potentiel. Dans le nord du département, la bruyère a reçu suffisamment d’eau pour fleurir en abondance ; aujourd’hui, tous les facteurs de bonne récolte sont réunis et si vous avez été suffisamment attentifs et prévoyants, les hausses devraient se remplir vu les prévisions météorologies annoncées.

Abeille sur des fleurs de ronces

Sur les essaims faits par division, la réussite est assez bonne en début de printemps mais quelques bourdonneuses en deuxième partie, et pour ceux qui se sont bien développés, une haussette a pu être mise pour récolter quelques kilos de miel. Les reines ont pu être marquées, cela facilite les choses lors des visites et permet de mieux contrôler l’âge de ses reines au rucher. Maintenant les floraisons sont là et si la météo demeure clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses peuvent aller aux champs et travailler sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit. Les ventileuses ne vont plus chômer, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de la reproduction touche à sa fin.

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies, en prenant soin de placer des partitions là où vous aurez pris des cadres pour rétrécir le corps de ruche. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte, n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. Même s’il n’y a pas eu beaucoup d’essaimage en 2022, c’est tout de même la préoccupation majeure pour l’apiculteur.

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire, le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir. Sachez que par une belle journée, ce sont entre 7 et 8 litres de nectar qui peuvent rentrer sur les colonies les plus fortes (nectar ne veut pas dire miel, il sera transformé dans le jabot de plusieurs abeilles et ventilé avant qu’il ne devienne miel)… Elles en mettent alors partout dans le corps de ruche et remontent ce nectar la nuit dans les hausses. Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et pour les plus aguerris, vous reconnaîtrez à l’odeur la plante qu’elles sont allées visiter le plus et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas !

Ventileuses

Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Vous pouvez en mettre un sur deux sur les hausses que vous allez poser, le dynamisme sera toujours présent. Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou un carré découpé à l’emporte-pièce de très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

À partir de maintenant, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 15-20 juillet, la grande miellée tant attendue sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… JUIN 2022

Plusieurs récoltes en ce printemps 2022 qui ont donné des miels de couleurs différentes

Globalement, la météo du mois de mai dans la Manche a été clémente avec même des pics de température assez élevés ; sur les derniers jours du mois, un vent assez glacial est apparu, juste après les floraisons printanières. Ce fut un printemps plutôt favorable pour nos abeilles et bien sûr pour l’apiculteur, ce n’était pas un printemps où il fallait partir en vacances… De belles récoltes ont été effectuées et pour certains de très bonnes récoltes ont été réalisées… avec des miels différents qui sont passés du tout blanc à l’ambré. Certains d’entre nous en ont réalisé plusieurs, phénomène rare dans notre département, mais si nous écoutons les spécialistes météorologiques, nous commençons à vivre le réchauffement climatique.

Pour ceux qui ont récolté du colza, il a fallu faire vite pour le conditionner car les floraisons étaient en avance. Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides cirés ou juste avec une amorce de cire, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique de par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Le miel de printemps est facilement tartinable, mais attention à la cristallisation : il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte. Si vous le souhaitez, vous pouvez en garder un peu pour le mélanger avec le miel d’été, afin que celui-ci soit également agréable en bouche.

La pluie que nous avons eue sur la deuxième quinzaine du mois a permis de redonner un peu de fraîcheur à la terre et de lancer le début de la floraison du trèfle blanc. Attention à cette période critique où il n’y a plus grand-chose à butiner (à part les ruches des villes), visitez bien vos essaims artificiels afin qu’ils ne manquent pas de nourriture et n’hésitez pas à les renforcer en couvain ouvert, ce qui ne pénalisera pas la récolte de la souche puisqu’il faut 42 jours pour faire une butineuse. Nous risquons d’avoir un peu d’avance sur la miellée d’été qui débute habituellement vers le 10 juin. Les colonies sont dans les « starting block », débordent d’abeilles (environ 70000 à cette période), donnez-leur du travail, cadres de hausse à construire et si la colonie est très populeuse, n’hésitez pas à mettre une deuxième hausse.

Pour information, saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années a un potentiel énorme en production de nectar ? D’où l’utilité de planter également des arbres mellifères pour ceux qui possèdent un peu de terrain.

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions au fur et à mesure des floraisons, pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux car la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse, 2 à 3 par élément, pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

Abeille sur les fleurs de ronces

À partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain ne refroidisse.

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative. En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol. Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa (pour ceux qui ne recevront pas de hausse), avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-la, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse. Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2023 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près. Et même si l’année apicole est loin d’être terminée, vous préparez déjà celle de 2023…

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.