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AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2021

Champ de luzerne

Pluie, froid et vent dominant de nord-est, voilà ce que nous retiendrons de cette fin juillet et première quinzaine du mois d’août. Les récoltes (sûrement petites pour beaucoup d’entre nous) sont maintenant terminées, quelques retardataires espèrent encore récolter sur le sarrasin, la luzerne ou la bruyère callune (peu présente dans la Manche). Au moment du traitement anti-varroas, ce que nous avons remarqué cette année, c’est le nombre de colonies sans couvain, à surveiller tout de même, et beaucoup où la nourriture présente dans les corps était juste… Les colonies ont été resserrées pour celles qui ne garnissaient pas la totalité du corps de ruche, la visite complète effectuée pour vérifier l’état sanitaire, les portières mises. C’est l’heure maintenant du bilan.

Le frelon asiatique : malgré sa timide apparition à la fin août, il est néanmoins à surveiller car sa présence peut devenir exponentielle. Espérons qu’il ne perturbera pas trop nos colonies car la nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Quelques frelons asiatiques piégés.

portière anti frelon

Vous pouvez quand même piéger sur les ruchers là où il est présent, même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles mais réduira la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches, vous pouvez en positionner jusqu’à 4 en même temps par colonie. Surtout, attendez la tombée de la nuit. Le trou de nourrissement ouvert, vous les laissez trois ou quatre jours, pas plus car les abeilles peuvent à nouveau stocker, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant dans chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Hausses préparées pour la prochaine saison

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaings, une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

Dégâts occasionnés par la fausse teigne

Larves de fausse teigne

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes, ne pas hésiter à répartir les réserves sur d’autres plus faibles et apporter un complément en sirop non-dilué à celles qui sont vraiment légères (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

Évolution du poids d’une ruche sur le mois d’août. Durant les 3 premières semaines, on note une forte baisse de ce poids : consommation de réserves et disparition d’une partie des butineuses. Un nourrissement important a eu lieu le 22 août puis un autre, plus léger, une semaine plus tard.

Cadre nourrisseur en bois

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, beaucoup auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition en position 10

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2021, les moments ensoleillés n’ont pas été nombreux). Elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Fondre la cire au bain-marie

La louche de cire est étalée

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS…AOÛT 2021

Fleur de luzerne

 

Après un printemps froid et pluvieux, un vent de nord-est dominant, un début d’été avec peu de journées favorables pour que les abeilles puissent profiter des floraisons, un essaimage plus important que les années précédentes, nous nous retrouvons en ce mois d’août avec un bilan très en-deçà de nos espérances : petites productions dans l’ensemble du département et beaucoup de découragement chez nos jeunes apiculteurs…

Lorsque sur la planche d’envol les abeilles musardent, c’est le signe que la récolte est terminée… Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, restent encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Attention aux réserves : juste après la récolte, ne pas hésiter à donner du sirop, non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Évolution du poids d’une ruche située dans le centre-Manche en juillet. Bien que les floraisons aient été là durant la première quinzaine, le temps maussade n’a pas permis de récolte. La situation a changé après le 14 juillet, mais trop tardivement. On constate une baisse du poids à partir du 25 et la récolte est intervenue le 28. Après celle-ci, on constate une nouvelle baisse de poids et cette colonie, assez forte, aura besoin d’être nourrie.

Les hausses pleines ou pas, les corps de ruches bien garnis (ce n’était pas le cas à la mi-juin, à surveiller) vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.

Lanières de traitement anti-varroas

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux et de pertes hivernales de colonies. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Portière anti-frelon asiatique

Les jours diminuent fortement et il n’y a pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… MARS 2021

Le mois de février n’a pas failli à sa réputation : alternance de périodes froides ou pluvieuses, avec une dernière semaine presque printanière durant laquelle on a vu des journées à plus de 15° qui ont fait sortir de leur léthargie nos colonies et ont favorisé la reprise de la ponte de la reine. Les chatons des noisetiers commencent à roussir, ceux des aulnes et des saules prennent le relais, quelques fleurs de pissenlit commencent à marquer d’un jaune intense les versants abrités des fossés. Le réveil est bel et bien là, soyons prêts à intervenir.

Fleur d’amandier

Nous commençons à avoir les doigts qui démangent d’aller ouvrir pour voir si tout se passe bien à l’intérieur des ruches, mais attention : il ne faut surtout pas le faire à moins de 16° pour cette première visite de l’année qui sera non pas appliquée mais très brève pour constater la densité de la ponte. Les abeilles d’hiver vont petit à petit disparaître pour donner naissance à celles d’été qui iront chercher le pollen et le nectar tant convoités.

Plusieurs points importants  :

  • Vérifier si la nourriture est suffisante, car la consommation, dans les semaines à venir ne va que s’accentuer. Si besoin, ajouter un pain de candi ou si les températures le permettent, à plus de 16° vous pouvez donner en fin de journée aux colonies les plus faibles un peu de sirop épais et tiède pour compléter les réserves (à faire avec parcimonie).

  • Un beau couvain, bien compact est signe que la colonie est prometteuse.

 

Beau couvain bien compact

  • Un couvain clairsemé est le signe que la reine est soit âgée ou qu’elle a été mal fécondée. Si vous avez la certitude que c’est une jeune reine, c’est une non-valeur qu’il ne faudra pas garder, mais attendez le mois d’avril avant de la pincer afin que les mâles soient aptes à la reproduction.

  • Pas de ponte du tout : il n’est même pas nécessaire de garder la colonie. Si les cadres sont beaux, sans anomalie et sains (pas plus de 3 ans de service), vous pouvez les conserver, ce sera un gain de temps appréciable pour faire augmenter une ponte dans une autre colonie. Les abeilles pourront être secouées au loin en déplaçant la ruche de son emplacement initial, les ouvrières restantes se répartiront dans les autres ruches à proximité et seront facilement acceptées car leur jabot sera plein.

  • Pensez à aller sur votre rucher en amenant des plateaux propres, ils seront échangés pour éviter toute propagation de maladies.

Plancher ou plateau avec ventilation totale et tiroir

  • Attention au pillage ! Tout apiculteur rêve de n’avoir que des ruches populeuses et productives, mais malheureusement, sans en connaître la cause, des colonies plus ou moins faibles et sans surveillance particulière, peuvent se faire piller et un pillage organisé ne dure que quelques heures… Vous allez perdre à la fois une colonie et vous risquez de contaminer une ou plusieurs autres s’il y a un problème sanitaire.

Pillage

  • A la fin du mois, les ruches faibles avec un couvain peu développé mais compact, peuvent facilement repartir avec un nourrissement de stimulation, 50-50 donné tiède et le soir à raison de 20 cl tous les 2 jours ; pensez également à réduire le trou de vol pour éviter tout pillage. Si c’est un sirop du commerce, le risque est moindre car il est sans odeur, mais attention à celui que vous fabriquez avec du sucre !

Candi posé sur le couvre cadre

Candi posé directement sur les cadres

  • À la reprise de la ponte, les colonies vont avoir besoin de beaucoup d’eau pour la fabrication de la bouillie larvaire, mélange de pollen, miel et eau. Mettez-leur à disposition des abreuvoirs avec de l’eau saine ; avec un peu d’imagination, vous pourrez facilement trouver le moyen pour que les abeilles ne se noient pas… Changez l’eau régulièrement et si les abreuvoirs sont mis suffisamment tôt, elles en prendront l’habitude et n’iront pas chercher cette eau sur des flaques qui ont pu contenir des traitements agricoles, des hydrocarbures ou tout autre produit polluant…

     

     

    Point d’eau avec flotteurs

  • Ne soyez pas impatients, attendez impérativement la fin du mois pour agrandir le nid à couvain, il ne faut pas augmenter prématurément le volume car les nuits sont encore fraîches et la population encore insuffisante. Attendez le bon moment (température adaptée et absence de vent) pour faire une visite approfondie et pour changer les cadres de rives noircis et souvent moisis.

    Partition en position 10

  • Dans le même ordre d’idée, n’hésitez pas à réduire le volume des colonies faibles et à ajouter des partitions isolantes et réfléchissantes, cela va considérablement aider les abeilles dans leur développement en maintenant la chaleur dans le nid à couvain.

Rendez-vous au mois d’avril. A.L. et K.L.