AU FIL DES MOIS… MARS 2021

Le mois de février n’a pas failli à sa réputation : alternance de périodes froides ou pluvieuses, avec une dernière semaine presque printanière durant laquelle on a vu des journées à plus de 15° qui ont fait sortir de leur léthargie nos colonies et ont favorisé la reprise de la ponte de la reine. Les chatons des noisetiers commencent à roussir, ceux des aulnes et des saules prennent le relais, quelques fleurs de pissenlit commencent à marquer d’un jaune intense les versants abrités des fossés. Le réveil est bel et bien là, soyons prêts à intervenir.

Fleur d’amandier

Nous commençons à avoir les doigts qui démangent d’aller ouvrir pour voir si tout se passe bien à l’intérieur des ruches, mais attention : il ne faut surtout pas le faire à moins de 16° pour cette première visite de l’année qui sera non pas appliquée mais très brève pour constater la densité de la ponte. Les abeilles d’hiver vont petit à petit disparaître pour donner naissance à celles d’été qui iront chercher le pollen et le nectar tant convoités.

Plusieurs points importants  :

  • Vérifier si la nourriture est suffisante, car la consommation, dans les semaines à venir ne va que s’accentuer. Si besoin, ajouter un pain de candi ou si les températures le permettent, à plus de 16° vous pouvez donner en fin de journée aux colonies les plus faibles un peu de sirop épais et tiède pour compléter les réserves (à faire avec parcimonie).

  • Un beau couvain, bien compact est signe que la colonie est prometteuse.

 

Beau couvain bien compact

  • Un couvain clairsemé est le signe que la reine est soit âgée ou qu’elle a été mal fécondée. Si vous avez la certitude que c’est une jeune reine, c’est une non-valeur qu’il ne faudra pas garder, mais attendez le mois d’avril avant de la pincer afin que les mâles soient aptes à la reproduction.

  • Pas de ponte du tout : il n’est même pas nécessaire de garder la colonie. Si les cadres sont beaux, sans anomalie et sains (pas plus de 3 ans de service), vous pouvez les conserver, ce sera un gain de temps appréciable pour faire augmenter une ponte dans une autre colonie. Les abeilles pourront être secouées au loin en déplaçant la ruche de son emplacement initial, les ouvrières restantes se répartiront dans les autres ruches à proximité et seront facilement acceptées car leur jabot sera plein.

  • Pensez à aller sur votre rucher en amenant des plateaux propres, ils seront échangés pour éviter toute propagation de maladies.

Plancher ou plateau avec ventilation totale et tiroir

  • Attention au pillage ! Tout apiculteur rêve de n’avoir que des ruches populeuses et productives, mais malheureusement, sans en connaître la cause, des colonies plus ou moins faibles et sans surveillance particulière, peuvent se faire piller et un pillage organisé ne dure que quelques heures… Vous allez perdre à la fois une colonie et vous risquez de contaminer une ou plusieurs autres s’il y a un problème sanitaire.

Pillage

  • A la fin du mois, les ruches faibles avec un couvain peu développé mais compact, peuvent facilement repartir avec un nourrissement de stimulation, 50-50 donné tiède et le soir à raison de 20 cl tous les 2 jours ; pensez également à réduire le trou de vol pour éviter tout pillage. Si c’est un sirop du commerce, le risque est moindre car il est sans odeur, mais attention à celui que vous fabriquez avec du sucre !

Candi posé sur le couvre cadre

Candi posé directement sur les cadres

  • À la reprise de la ponte, les colonies vont avoir besoin de beaucoup d’eau pour la fabrication de la bouillie larvaire, mélange de pollen, miel et eau. Mettez-leur à disposition des abreuvoirs avec de l’eau saine ; avec un peu d’imagination, vous pourrez facilement trouver le moyen pour que les abeilles ne se noient pas… Changez l’eau régulièrement et si les abreuvoirs sont mis suffisamment tôt, elles en prendront l’habitude et n’iront pas chercher cette eau sur des flaques qui ont pu contenir des traitements agricoles, des hydrocarbures ou tout autre produit polluant…

     

     

    Point d’eau avec flotteurs

  • Ne soyez pas impatients, attendez impérativement la fin du mois pour agrandir le nid à couvain, il ne faut pas augmenter prématurément le volume car les nuits sont encore fraîches et la population encore insuffisante. Attendez le bon moment (température adaptée et absence de vent) pour faire une visite approfondie et pour changer les cadres de rives noircis et souvent moisis.

    Partition en position 10

  • Dans le même ordre d’idée, n’hésitez pas à réduire le volume des colonies faibles et à ajouter des partitions isolantes et réfléchissantes, cela va considérablement aider les abeilles dans leur développement en maintenant la chaleur dans le nid à couvain.

Rendez-vous au mois d’avril. A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *