AU FIL DES MOIS… JUIN 2022

Plusieurs récoltes en ce printemps 2022 qui ont donné des miels de couleurs différentes

Globalement, la météo du mois de mai dans la Manche a été clémente avec même des pics de température assez élevés ; sur les derniers jours du mois, un vent assez glacial est apparu, juste après les floraisons printanières. Ce fut un printemps plutôt favorable pour nos abeilles et bien sûr pour l’apiculteur, ce n’était pas un printemps où il fallait partir en vacances… De belles récoltes ont été effectuées et pour certains de très bonnes récoltes ont été réalisées… avec des miels différents qui sont passés du tout blanc à l’ambré. Certains d’entre nous en ont réalisé plusieurs, phénomène rare dans notre département, mais si nous écoutons les spécialistes météorologiques, nous commençons à vivre le réchauffement climatique.

Pour ceux qui ont récolté du colza, il a fallu faire vite pour le conditionner car les floraisons étaient en avance. Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides cirés ou juste avec une amorce de cire, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique de par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Le miel de printemps est facilement tartinable, mais attention à la cristallisation : il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte. Si vous le souhaitez, vous pouvez en garder un peu pour le mélanger avec le miel d’été, afin que celui-ci soit également agréable en bouche.

La pluie que nous avons eue sur la deuxième quinzaine du mois a permis de redonner un peu de fraîcheur à la terre et de lancer le début de la floraison du trèfle blanc. Attention à cette période critique où il n’y a plus grand-chose à butiner (à part les ruches des villes), visitez bien vos essaims artificiels afin qu’ils ne manquent pas de nourriture et n’hésitez pas à les renforcer en couvain ouvert, ce qui ne pénalisera pas la récolte de la souche puisqu’il faut 42 jours pour faire une butineuse. Nous risquons d’avoir un peu d’avance sur la miellée d’été qui débute habituellement vers le 10 juin. Les colonies sont dans les « starting block », débordent d’abeilles (environ 70000 à cette période), donnez-leur du travail, cadres de hausse à construire et si la colonie est très populeuse, n’hésitez pas à mettre une deuxième hausse.

Pour information, saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années a un potentiel énorme en production de nectar ? D’où l’utilité de planter également des arbres mellifères pour ceux qui possèdent un peu de terrain.

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions au fur et à mesure des floraisons, pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux car la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse, 2 à 3 par élément, pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

Abeille sur les fleurs de ronces

À partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain ne refroidisse.

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative. En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol. Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa (pour ceux qui ne recevront pas de hausse), avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-la, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse. Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2023 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près. Et même si l’année apicole est loin d’être terminée, vous préparez déjà celle de 2023…

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *