AU FIL DES MOIS… JUILLET 2021

Abeille sur fleurs de thym blanc

Disette jusqu’à la mi-juin puis temps froid, pluvieux, avec peu de périodes propices au butinage, voici donc le bilan de ce mois de juin qui annonce l’été. Les semaines passent et les hausses présentes sur les ruches ont davantage tendance à se vider qu’à se remplir. Le trèfle blanc est magnifique, le tilleul fleurit et le châtaignier arbore de beaux bouquets de chatons prêts à éclore, les bouquets floraux des ronces arrivent, il est vraiment temps maintenant que la météo se mette au beau... Sans avoir vraiment eu de journées très chaudes, les essaimages ont été nombreux pour beaucoup d’entre nous, ils se raréfient maintenant, mais sont néanmoins encore présents, anéantissant le travail de l’apiculteur. Cela reste la loi de la nature, où l’homme peut intervenir, mais ne reste pas maître de la situation.

Cellules royales

Les essaims faits par division étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pas pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Les jeunes reines ont eu du mal à démarrer leur ponte, parfois jusqu’à six semaines après leur naissance… Maintenant que les floraisons sont là et si la météo est clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses peuvent aller aux champs et travailler sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit. Les ventileuses ne vont plus chômer, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de la reproduction touche à sa fin.

Évolution du poids quotidien d’une ruche (type Dadant 10 cadres avec une hausse) située dans le centre-Manche, durant le mois de juin. On constate une nette augmentation du poids entre le 10 et 17, consécutive au beau temps observé pendant cette période et au début de la miellée d’été. On peut remarquer les évolutions quotidiennes de poids qui correspondent aux phases de récolte puis d’assèchement du nectar. Une importante perte de poids s’est produite du 17 au 22 juin, période qui correspond à des pluies quotidiennes et à une absence de sorties.

Essaim par division

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies, en prenant soin de placer des partitions là où vous aurez pris des cadres. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2021 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire : le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir, sachez que par une belle journée, c’est une dizaine de litres de nectar qui peut rentrer sur les colonies les plus fortes… elles en mettent partout dans le corps de ruche et remontent ce nectar la nuit dans les hausses. Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et pour les plus aguerris, vous reconnaîtrez à l’odeur la plante qu’elles sont allées visiter le plus et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Ventileuses

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou un carré découpé à l’emporte-pièce de très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

Bruyères dans la Hague

Fleurs de luzerne

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin ou de luzerne, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *