AU FIL DES MOIS … JANVIER 2022

 

Même si les températures de fin d’année 2021 avoisinent les 16°, que se passe-t-il donc à l’intérieur de la ruche ? Nous avons tous remarqué l’entrée en quantité de grosses pelotes de pollen (de quelle plante ?, nous resterons évasifs sur le sujet). Tout apiculteur, novice ou expérimenté, doit bien connaître le « fonctionnement » de ses colonies. La théorie voudrait que le froid arrive dans notre département, mais après un mois de décembre globalement doux qui a généré encore quelque activité, la grappe devrait être bien formée avec, en son centre, la reine et les provisions autour.

Pendant les mois d’hiver, les abeilles savent maîtriser la température. Celles présentes à l’extérieur de la grappe constituent une « couche isolante » alors que celles du centre, en consommant le miel qui est désoperculé au fur et à mesure de leurs besoins, réchauffent la grappe en contractant certains muscles pour maintenir une température qui oscille aux alentours de 35°. Attention, il ne faut en aucun cas les déranger, elles assurent leur survie en étant groupées et toute perturbation de la grappe peut mettre la colonie en péril. Lorsque le soleil sera bien présent et les températures un peu plus élevées, elles sortiront rapidement pour vider leur ampoule rectale ; pour ceux qui ont leurs ruches dans leur jardin, attention au linge qui est étendu : il pourrait se trouver maculé de tâches brunâtres…

La théorie voudrait que la ponte se soit complètement arrêtée et que le couvain ne soit plus du tout présent, c’est donc le moment de faire un traitement complémentaire contre varroa (acteur principal dans la mortalité des colonies), à l’acide oxalique VarroMed par dégouttement ou Apibioxal et Oxybee, ces trois médicaments possèdent une AMM (Autorisation de mise sur le marché), par dégouttement ou par fumigation, mais ATTENTION : protégez-vous en mettant un masque qui protège des vapeurs d’acides organiques, des lunettes de protection adaptées. Mettez également des gants et une combinaison car l’acide pénètre dans l’organisme par les pores de la peau. Avant ce traitement d’hiver, pensez à poser une plaque graissée sur le fond de la ruche, afin de faciliter l’observation des chutes de varroas pour avoir une idée de l’infestation et de l’efficacité du traitement d’été. Il n’est pas rare de constater la chute de plusieurs centaines voire de quelques milliers de ces parasites qui font des ravages dans nos colonies. Moins le nombre de varroas sera important et mieux se portera la colonie à son réveil.

Candi posé sur le couvre cadre

Si vous avez bien surveillé cet automne l’état des provisions, vous n’avez pas à vous inquiéter, mais si l’élevage a débuté avec l’apparition des premiers chatons sur les noisetiers, la consommation va nettement augmenter ; n’hésitez pas à soupeser délicatement et régulièrement vos ruches et si vous jugez qu’elles n’ont pas suffisamment de provisions, vous pouvez déposer un demi-pain de candi posé sur le trou de nourrissement, en ayant pris soin de ne faire qu’un trou d’environ un centimètre pour éviter que le candi ne coule et englue la grappe avec la chaleur que dégage celle-ci. Pour ceux qui utilisent des nourrisseurs couvre-cadres, soulevez-le, posez délicatement le pain de candi ramolli au préalable sur la grappe d’abeilles, en ayant pris soin d’enfumer pour éviter les écrasements, mettre un journal ou un morceau d’une couverture de survie qui possède un avantage par rapport à la feuille d’aluminium, celui d’être résistante et ne pas se déchirer, cela permettra de bien calorifuger et retournez le nourrisseur (cette opération n’est possible que s’il fait suffisamment doux).

Candi posé directement sur les cadres

Un été pluvieux et froid, avec tout de même une bonne récolte sur le lierre à l’automne aura tout de même permis à nos colonies d’aborder cette phase hivernale dans de bonnes conditions, mais attention, ce début d’hiver assez clément (favorisant la consommation de réserves) implique une surveillance particulière et une vigilance accrue. Il ne faudra pas hésiter à distribuer du candi. Même si cet apport n’est pas le fruit de la récolte des abeilles, apporter du candi vaut mieux que de laisser une colonie « mourir de faim », c’est à la fois très contrariant et impardonnable…

Si vous voulez déplacer vos ruches de quelques mètres, c’est le moment opportun, mais seulement après une période d’une dizaine de jours assez froids et sans sorties. Les abeilles auront alors perdu la mémoire de leur emplacement, et toujours avec précaution, sans choc, posez vos ruches sur leur nouvel endroit.

Faites le point sur le matériel à renouveler et à acheter, ne vous y prenez pas au dernier moment car vous pourriez avoir la mauvaise surprise de constater que votre distributeur soit en rupture de stock… surtout en ce moment où les approvisionnements sont compliqués avec une hausse assez conséquente des prix des matières premières. Pensez au temps de séchage des lasures ou autres produits protecteurs (ruches, ruchettes). Pour ceux qui ont fait l’acquisition de ruches en pin douglas (plus chères mais plus résistantes), le traitement n’est pas obligatoire.

Il est temps également de fondre les cadres pour récupérer la cire. Surtout, ne mélangez pas tout et faites un tri au préalable afin de différencier celle des corps et celle des opercules. La cire la moins belle servira à fabriquer des bougies ou sera vendue à un artiste sculpteur pour ses moules ou à un ébéniste pour la confection d’encaustique et l’autre pourra, à l’aide du gaufrier mis à disposition par votre syndicat, vous permettre de fabriquer vos propres cires gaufrées qui seront d’ailleurs bien mieux acceptées que celles du commerce.

La louche de cire est étalée

Pour conclure, disons que l’automne et l’hiver sont les périodes les plus appropriées pour se cultiver et enrichir sa bibliothèque d’ouvrages apicoles ; vous pourrez y puiser de judicieux conseils car il faut reconnaître que le sujet est complexe ! Plus que jamais, il nous faut être informés. Rendez-vous maintenant en février.

Malgré cette période si particulière que nous traversons depuis maintenant deux ans, bonne année 2022 à toutes les apicultrices, tous les apiculteurs et toutes les abeilles de la Manche !

A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *