AU FIL DES MOIS… AVRIL 2022

 

Sur la deuxième quinzaine du mois de mars, le printemps était bien là : activité intense sur les ruchers, fortes rentrées de nectar de saule et de pissenlit, le pollen rentrait en abondance et il fallait voir les ventileuses sur les planches d’envol…

Ventileuses

Mais sur les derniers jours du mois, un temps automnal a repris le dessus avec des températures ne dépassant pas les 12°, ce qui correspond en général aux conditions météo de début de printemps dans notre région. Les quelques visites qui ont pu être entreprises ont fait apparaître une belle ponte, un beau couvain, assez dense sur certaines colonies, des cadres cirés ont même été placés entre le cadre de pollen et celui où le couvain est présent. La ponte augmente, le couvain prend de plus en plus de place, mais attention aux réserves, elles fondent comme neige au soleil, n’hésitez pas à leur fournir un complément sous forme de pain (candi).

Candi posé directement sur les cadres

La visite de printemps va maintenant pouvoir être réalisée, en l’absence de vent et à une température qui ne devra pas être en-dessous de 16°.

Insérer un cadre de cire neuve

Des cadres cirés vont pouvoir être mis à construire en remplacement des cadres de rive, ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 22 pour cette année, et lorsqu’ils seront construits et pondus, les replacer au centre du nid à couvain, ainsi leur renouvellement se fera plus aisément car les cadres neufs se trouveront au centre de la ruche et les plus anciens se rapprocheront des rives. Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Marquer la reine

Profitez également de ces premières visites pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau) ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez par une aile la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser… Rappel : les reines de 2021 seront marquées en blanc.

Les naissances se font de plus en plus nombreuses et la colonie croît rapidement, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles, elles sont dans la première quinzaine de leur vie, productrices de cire en quantité. Il faudra également penser à préparer les hausses en mettant également des cadres cirés (deux ou trois par hausse) car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps sur les pissenlits, l’aubépine ainsi que sur le colza qui est de plus en plus présent dans nos campagnes. En tout état de cause, lorsque les lilas commencent à avoir des grappes prêtes à fleurir, vos colonies devront être coiffées de hausses.

Cellules de mâles

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie se prépare à essaimer.

Pour ceux qui ont suivi des cours au rucher-école, ce sont des sujets qui ont été abordés, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrètera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, pour maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.

  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?

  • Un nouveau statut lui est maintenant donné, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.

  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Rendez-vous maintenant en mai. A.L. et K.L.

 

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *