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AU FIL DES MOIS… NOVEMBRE et DECEMBRE 2020

Vent et pluie sur tout le mois d’octobre n’ont pas généré de gros travaux au rucher et, sans de réelles période de douceur au cours de ce mois, le lierre n’a pas donné cette année comme à l’accoutumée. Il a donc fallu surveiller davantage les provisions et donner un complément et une stimulation pour faire redémarrer la ponte, car ce sont les abeilles qui passeront de nombreux mois dans la ruche qui naissent en ce moment. Plus que quelques jours avant cette trêve hivernale et nous allons attendre maintenant le mois de janvier pour voir l’éclosion des chatons de noisetiers, signe de la reprise de l’élevage.

Le frelon asiatique, très présent sur quelques secteurs cette année comme le Granvillais, le Saint-Lois ainsi que sur le Coutançais a généré quelques stress et sur ces secteurs la mise en hivernage n’a pas été facilitée. Il faut s’assurer que les colonies aient entre 15 et 18 kg de provisions pour passer l’hiver dans de bonnes conditions.

Traitement varroa. Si les techniques utilisées pour lutter contre varroa diffèrent, les traitements doivent être réalisés, et rappelons que plus il est fait tôt après la miellée et meilleur sera le résultat. Si vous utilisez Apivar ou des lanières d’une autre marque, pensez à les retirer, car si 12 semaines de traitement sont conseillées (sauf pour l’Apitraz, où il est conseillé de ne le laisser que 6 semaines) il ne faut surtout pas les laisser tout l’hiver car il y a un risque de pollution des cires et d’accoutumance pour les varroas à la matière active ; profitez d’une belle journée pour ouvrir et les retirer. Par ailleurs, il faut toujours manipuler les lanières avec des gants.

Lanières acaricides

Isolation des ruches. Dans la nature, l’abeille se satisfait de l’endroit qu’elle a trouvé pour s’installer, mais vous pouvez vous rassurer en déposant au-dessus du couvre-cadres une plaque isolante ou tout simplement deux journaux, ce n’est pas cher et efficace mais si le toit n’est pas parfaitement étanche, vous risquez une infiltration d’eau et avoir de l’humidité. Il existe dans le commerce des mousses isolantes, type Apifoam, qui sont très recommandables.

Plaque de polystyrène extrudé et feuille de réfléchissant

Entretien du rucher. C’est la période où vous allez pouvoir élaguer si nécessaire l’environnement de votre rucher, rajouter des plots si vous souhaitez l’agrandir, passer un dernier coup de tondeuse ou de débroussailleuse pour être prêt pour le printemps.

Commande de matériel. Réfléchissez déjà à vos achats, ne vous y prenez pas au dernier moment car les fournisseurs ont du mal à fournir en pleine saison apicole. L’hiver, on peut également trouver du matériel d’occasion. Pour les ruches et les ruchettes, le temps de séchage peut être long avec certaines peintures, il est donc intéressant de les acquérir dès le début de l’année.

Fondre sa cire

Réservation des essaims. Ils sont malheureusement très difficiles à obtenir dans notre département. Là aussi, si vous en avez besoin, il faut réserver ses essaims le plus tôt possible ; ce sera trop tard quand les beaux jours reviendront.

N’hésitez pas à passer une fois par semaine sur votre rucher, pour s’assurer que tout est en bon ordre.

Cette année 2020 a été une année vraiment particulière avec la Covid 19 mais dans la mesure du possible, participez aux réunions organisées par les organisations apicoles (Manche Apicole et GDSA) : vous y apprendrez et rencontrerez des apiculteurs proches de chez vous.

Passez de joyeuses fêtes de fin d’année et rendez-vous maintenant en janvier.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… OCTOBRE 2020

 

Abeille sur des fleurs de lierre

Un été sec jusqu’au 20 septembre a mis notre nature à rude épreuve, la pluie est revenue et a fait un grand bien à la flore qui a beaucoup souffert. Cependant, ne nous plaignons pas car, malgré les températures caniculaires, nous avons quand même été épargnés par rapport au reste du pays, aussi bien en récolte de miel qu’en celle de fruits malgré l’importance des attaques du carpocapse. Les floraisons sont maintenant presque terminées, les récoltes le sont complètement. Profitons des quelques dernières belles journées pour faire une inspection méticuleuse des colonies et ainsi aider celles qui auront besoin d’un complément de nourriture avant que le lierre ne fleurisse.

Abeille sur une fleur d’Aster

La sécheresse a perturbé quelque peu la sécrétion de nectar car il faut suffisamment d’humidité pour que les fleurs en fournissent généreusement ; espérons que ce sera le cas pour le lierre : il apporte un bon complément à la fois en nectar qui favorisera la ponte et les naissances des futures abeilles d’hiver et surtout en pollen qui facilitera le redémarrage de nos colonies courant janvier.

Le sirop de nourrissement. Si vous le préparez vous-même, donnez-lui une concentration importante en sucre, 5 litres d’eau pour 16 kg de sucre agrémenté de 4-5 cuillères à soupe de vinaigre de cidre car la transformation reste toujours délicate pour nos abeilles et il ne s’agit pas de les épuiser. Ce nourrissement d’appoint doit être terminé pour le 15 octobre, au plus tard. Dans tous les cas, le sirop doit être distribué le soir pour éviter le pillage (surtout si vous le préparez vous-même, celui du commerce posant moins problème sur ce point). À cette période, Il est préférable de donner du sirop plutôt que du candi, car plus facilement assimilable ; il faut savoir qu’en donnant du candi, les abeilles auront besoin d’eau pour le dissoudre et le consommer et en période hivernale, les sorties ne sont parfois pas possible..

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Couvre cadre nourrisseur en bois

Renforcement des ruches faibles. Si vous possédez plusieurs colonies, essayez « d’équilibrer » leur force, bien sûr en étant vigilant sur l’état sanitaire de celles où vous aller prélever…. Ainsi, si vous disposez d’une ruche comprenant plus de 3 cadres de couvain, il est possible d’en donner un à une colonie qui n’en posséderait que un ou deux. Le raisonnement est le même pour les cadres de provisions : on trouve parfois des colonies très « chargées » et d’autres qui le sont peu.

Niveau des ruches. Pensez à les caler en leur donnant une pente vers l’avant, à la fois cela permettra aux abeilles de ne pas se noyer dans le sirop de nourrissement que vous leur avez donné et pendant cette longue période hivernale, l’écoulement de l‘humidité présente dans les ruches sera facilitée.

Fermer les plateaux. Pour ceux qui avaient choisi d’ouvrir le fond de leurs ruches, pensez à glisser vos plaques pour éviter les courants d’air à l’intérieur.

Tiroir pour fermer le plateau plastique

Toits. S’ils sont plats, vous pouvez y poser une grosse pierre ou un petit parpaing afin qu’ils ne soient pas emportés par le vent. Il est également intéressant de mettre une couche de matière isolante entre les toits et le couvre-cadres.

Intrusion des rongeurs. C’est le moment de poser les portières à l’entrée des ruches pour éviter que des intrus viennent s’installer bien au chaud pour passer l’hiver ; nous pensons au mulot, il trouvera gîte et couvert et souillera l’intérieur. Cet aspect est important et il n’est pas rare, malheureusement, de retrouver des colonies mortes à cause des rongeurs. Choisissez plutôt des portières anti-frelons pour également éviter leur intrusion.

Portières anti frelon

Partitions. Il est grand temps de resserrer les colonies avec des partitions pour celles qui sont un peu moins populeuses, car il faut toujours penser au calorifugeage, moins il y aura de déperdition et mieux ce sera.

Partition en position 10

Traitement contre varroa. Phase très importante, il est grand temps de faire le traitement et surtout il est indispensable pour la survie des colonies. Si vous avez utilisé des lanières, grattez-les à la brosse métallique (pour enlever la propolis) et repositionnez-les là où se situe le couvain.

Lanières anti varroas

Mise en hivernage. A partir de maintenant, plus d’intervention sur vos ruches, après le travail important qu’elles ont fourni, elles ont bien mérité qu’on les laisse en paix.

Nos abeilles souffrent de beaucoup de maux. Les paramètres que l’on peut maîtriser restent peu nombreux, cependant, l’action de l’apiculteur en début d’automne est déterminante : traitement varroa, compléter si besoin les provisions et mise en place des partitions.

Prochain rendez-vous en novembre. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… AOÛT 2020

Fleur de luzerne

Après une miellée de printemps très honorable sur l’ensemble du secteur manchois, nous rêvions à ce que celle d’été soit du même acabit… Vent de nord-est dominant, peu de pluie et des températures restant en-dessous des normales de saison ont fait que la grande miellée d’été n’a pas été à la hauteur des espérances et s’est terminée cette année assez tôt, vers la mi-juillet. Les ruchers près des bois ou dans les zones humides comme celles les marais ont davantage donné, par rapport à ceux des plaines.

Portière anti frelon

Lorsque sur la planche d’envol les abeilles musardent, c’est le signe que la récolte est terminée… Elle a été correcte pour les colonies qui n’ont pas déserté leurs ruches. Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, reste encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Les hausses pleines, les corps de ruches bien garnis (ce n’était pas le cas à la mi-juin) vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.

Hausses empilées avec chasse abeilles haut et bas

Les abeilles quittent les hausses par les chasses abeilles

Dès les hausses de miel retirées, pensez à nourrir avec un sirop non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Cadre nourrisseur en bois

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Varroas

Lanières anti varroas

Les jours diminuent de plus en plus, pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

L’ITSAP Institut de l’abeille communique :

Actualités sur le blog de l’ITSAP

Avis de l’Anses : reconnaissance du travail de l’Itsap et du réseau des ADA dans l’observatoire des résidus

Un avis de l’Anses a été publié le 5 février relatif à l’évolution de la réglementation liée à l’usage des pesticides visant à protéger les abeilles domestiques et les insectes pollinisateurs sauvages. Il répond à une saisine du ministère chargé de l’agriculture de juin 2018. Il fait suite à un premier avis apporté par l’Anses en mars 2014 destiné à mieux définir le terme « en dehors de la présence des abeilles » des mentions abeille. Dans le cadre de l’avis paru, l’ITSAP a été auditionné le 1er octobre 2018. Nous avons alors rappelé les facteurs environnementaux et climatiques influençant le butinage des abeilles. Nous avons également fait état des résultats de l’observatoire des résidus de pesticides quantifiant les co-expositions des abeilles à des mélanges de résidus d’insecticides, acaricides, fongicides et herbicides. Nous avons détaillé la récente étude de l’UMT Prade qui a révélé que certains de ces mélanges provoquent des effets négatifs sur l’activité de butinage. Finalement nous avons donné notre regard sur les pistes d’évolution des procédures de mise sur le marché des pesticides, en lien avec notre participation au groupe de la Commissions des Essais Biologiques et à notre travail de validation de la méthode de vol de retour à la ruche.
L’avis recommande de modifier la réglementation sur les traitements phytosanitaires en élargissant la restriction d’usage (et la demande de dérogation via les mentions Abeille) sur l’ensemble des produits (incluant les fongicides et herbicides) pendant la floraison ou la production d’exsudats. L’agence réitère son avis déjà exprimé en 2014 sur les traitements nocturnes des produits présentant une mention Abeilles. Elle demande également que les éventuels effets d’une exposition répétée ou sur le comportement soient mesurés. En réponse, le gouvernement annonce la création d’un groupe de travail sur le sujet.

Lire la suite : http://itsap.asso.fr/

Enquête nationale sur les pertes hivernales 2017-2018

A la suite de témoignages d’apiculteurs indiquant un taux de mortalité des colonies anormal durant l’hiver 2017-2018, le ministère chargé de l’Agriculture a réalisé une enquête à l’échelle nationale entre début juillet et fin septembre 2018.

Lire la suite : https://www.plateforme-esa.fr/sites/default/files/ENMHA%202017-2018%20Premiers%20r%C3%A9sultats_2018_10_24.pdf

Construction d’un Indicateur de Référence Ecotoxicologique de la CIRE (CIRE2)

L’ITSAP et l’INRA d’Avignon (UMT PrADE) se sont engagés dans le projet CIRE2 dont l’objectif est de définir des seuils toxicologiques à partir desquels la présence de résidus altère d’une part le développement et la longévité des ouvrières ou des reines et d’autre part la qualité des semences des faux bourdons.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/construction-dun-indicateur-de-reference-ecotoxicologique-de-cire-cire2/

Lutte contre Varroa : détecter au plus tôt pour intervenir efficacement

L’ITSAP-Institut de l’abeille était présent au congrès international d’apiculture et d’apithérapie de Rouen, organisé par le Syndicat National d’Apiculture, avec le Syndicat Apicole de Haute Normandie et l’Association Francophone d’Apithérapie. A cette occasion, l’ITSAP a tenu sur son stand un atelier devant une quarantaine d’apiculteurs.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/lutte-contre-varroa-detecter-plus-tot-intervenir-efficacement/

Résistance des colonies à varroa : la technique pour l’évaluer

Lors du congrès de Rouen, l’ITSAP-Institut de l’abeille, en collaboration avec l’INRA d’Avignon et LABOGENA, a animé un atelier sur la sélection d’abeilles résistantes à varroa.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/resistance-colonies-a-varroa-technique-levaluer/

Dérogation pour l’approvisionnement en cire AB

Les cires exemptes de traces de résidus chimiques sont rarissimes et presque introuvables sur le marché. Pour favoriser l’approvisionnement en cire des apiculteurs exploitant sous le label AB, un groupe de travail a défini, dans le cadre de conditions dérogatoires, une liste minimale de résidus (acaricides, pesticides) à rechercher…

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/derogation-lapprovisionnement-cire-ab/

AC