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AU FIL DES MOIS… FÉVRIER 2019

C’est la période la plus froide dans notre région, mais lorsque le soleil est présent, la température peut dépasser les 13°, suffisante pour provoquer des sorties en nombre des butineuses vers les saules et noisetiers en fleurs. Ces dernières vont favoriser la relance de la ponte de la reine, mais avec ce redémarrage de l’activité, les abeilles vont consommer davantage : il faut absolument surveiller les réserves et ne pas hésiter à les compléter en posant un pain de candi.

Pain de candi maison

Candi du commerce reconditionné à poser sur le trou du couvre-cadres

Si vous remarquez une activité très réduite sur certaines colonies, la reine n’est peut-être plus présente, ou trop vieille, d’où l’importance du marquage pour en connaître son âge répertorié sur la fiche de conduite de chaque ruche… ou bien pas suffisamment d’abeilles pour stimuler sa ponte.

Reine marquée à la couleur de 2019

Il faudra attendre une belle journée à la fin du mois ou en mars pour ouvrir et établir un vrai diagnostic et stimuler au sirop tiédi à 35° si cela en vaut la peine.

Déposez des langes graissés sur le plateau de quelques ruches pour voir si le traitement anti-varroas fait à l’automne et celui complété à l’acide oxalique du début d’hiver ont été suffisants ; faites un comptage et au-delà de 2 varroas/jour, il faudra penser à refaire un traitement.

Varroas sur nymphe et phorétiques

varroas tombés sur le tiroir

Si aucune abeille ne sort de la ruche, il y a de fortes chances que la colonie soit morte, vous pouvez alors l’ouvrir, retirer les cadres, les fondre pour récupérer la cire qui ne devra pas servir à la confection de cire gaufrée (risque de maladie ou de pollution). En profiter pour ramener tous les éléments vides à l’atelier et nettoyer, gratter, passer au chalumeau, désinfecter tous les éléments où les abeilles ont pu passer.

Nettoyage du matériel à la flamme

Fondre les cadres

Si vous constatez des mortalités importantes, n’hésitez pas à le signaler à la DDPP. Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ddpp@manche.gouv.fr N’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’apiculteur (NAPI).

C’est le moment également de passer en revue tout le matériel et faire une remise en état des cadres, ruches et ruchettes, pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Préparez et cirez vos cadres, faites des partitions en nombre car nous en avons toujours besoin.

Pensez également à déposer des pièges pour capturer des fondatrices frelons asiatiques, car même s’il y a eu la destruction de plus de 5200 nids en 2018, nombre de nids n’ont pas été découverts et de jeunes reines sont actuellement en hibernation… Sur ce point, l’année 2019 risque de mettre à mal notre apiculture.

Quelques frelons asiatiques piégés.

Rendez-vous en mars. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… NOVEMBRE et DÉCEMBRE 2018

Nous remarquons une certaine activité liée aux températures relativement douces l’après-midi et à la floraison du lierre qui donne encore pollen et nectar. Plus que quelques jours avant cette trêve hivernale et nous allons attendre maintenant l’éclosion des chatons de noisetiers, signe de la reprise de l’élevage.

Cette année, le frelon asiatique a eu un impact certain sur la préparation à l’hivernage, mais si vous avez pallié au manque de nourriture avec un apport en sirop, vous aurez limité la casse.

Traitement varroa. En fonction des techniques utilisées pour lutter contre varroa, les traitements doivent être réalisés, et rappelons que plus il est fait tôt après la miellée et meilleur sera le résultat. Si vous utilisez Apivar ou d’autres lanières, pensez à les retirer, car si 10 semaines de traitement sont conseillées, ne les laissez surtout pas tout l’hiver car il y a un risque de pollution des cires ; profitez d’une belle journée pour ouvrir et les retirer.

Isolation des ruches. Dans la nature, l’abeille se satisfait de l’endroit qu’elle a trouvé pour s’installer, mais vous pouvez vous rassurer en déposant au-dessus du couvre-cadre une plaque isolante ou tout simplement deux journaux, ce n’est pas cher et efficace car le fait d’avoir plusieurs feuilles empilées cela forme un isolant. Attention : votre toit doit être parfaitement hermétique.

Entretien du rucher. C’est la période où vous allez pouvoir élaguer si nécessaire l’environnement de votre rucher, rajouter des plots si vous souhaitez l’agrandir, passer un dernier coup de tondeuse ou de débroussailleuse pour être prêt pour le printemps.

Commande de matériel. Réfléchissez déjà à vos achats, ne vous y prenez pas au dernier moment. L’hiver, on peut également trouver du matériel d’occasion. Pour les ruches et les ruchettes, le temps de séchage peut être long avec certaines peintures, il est donc intéressant de les acquérir dès le début de l’année.

Réservation des essaims. Ils sont malheureusement très difficiles à obtenir dans notre département. Là aussi, si vous en avez besoin, il faut réserver ses essaims le plus tôt possible ; ce sera trop tard quand les beaux jours reviendront.

N’hésitez pas à passer une fois par semaine sur votre rucher, pour s’assurer que tout est en bon ordre.

Participez aux réunions organisées par les organisations apicoles (Manche Apicole et GDSA) : vous y apprendrez et rencontrerez des apiculteurs proches de chez vous.

Passez de joyeuses fêtes de fin d’année et rendez-vous maintenant en janvier.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… OCTOBRE 2018

Les récoltes sont maintenant terminées, profitons encore des quelques belles et chaudes journées pour faire le point sur le nourrissement, quelques colonies en ont encore besoin avant que le lierre ne fleurisse. Cette année a été particulièrement sèche, elle perturbe quelque peu sa floraison car il faut suffisamment d’humidité pour que le lierre soit généreux ; il apporte un bon complément à la fois en nectar et surtout en pollen qui facilitera le redémarrage de nos colonies courant janvier.

Le sirop de nourrissement. Si vous le préparez vous-même, donnez-lui une concentration importante en sucre 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre agrémenté de 4-5 cuillères à soupe de vinaigre de cidre car la transformation reste toujours délicate pour nos abeilles et il ne s’agit pas de les épuiser. Ce nourrissement d’appoint doit être terminé pour le 20 octobre, au plus tard. Dans tous les cas, le sirop doit être distribué le soir pour éviter le pillage (surtout si vous le préparez vous-même, ceux du commerce posant moins problème sur ce point).

Cadre nourrisseur en bois

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Renforcement des ruches faibles. Si vous possédez plusieurs colonies, essayez « d’équilibrer » leur force. Ainsi, si vous disposez d’une ruche comprenant plus de 3 cadres de couvain, il est possible d’en donner un à une colonie qui n’en possèderait que un ou deux. Le raisonnement est le même pour les cadres de provisions : on trouve parfois des colonies très « chargées » et d’autres qui le sont peu.

Niveau des ruches. Pensez à les caler en leur donnant une pente vers l’avant, à la fois cela permettra aux abeilles de ne pas se noyer dans le sirop et pendant cette longue période hivernale, l’écoulement de l‘humidité présente dans les ruches sera facilitée.

Fermer les plateaux. Pour ceux qui avaient choisi d’ouvrir le fond de leurs ruches, pensez à glisser vos plaques pour éviter les courants d’air à l’intérieur.

Tiroir pour fermer le plateau plastique

Intrusion des rongeurs. C’est le moment de poser les portières à l’entrée des ruches pour éviter que des intrus viennent s’installer bien au chaud pour passer l’hiver ; nous pensons au mulot, il trouvera gîte et couvert et souillera l’intérieur. Cet aspect est important et il n’est pas rare, malheureusement, de retrouver des colonies mortes à cause des rongeurs.

Portière traditionnelle

Portière anti-frelon pour plateau plastique

Portière anti frelon pour plateau bois

Partitions. Il est grand temps de resserrer les colonies avec des partitions pour celles qui sont un peu moins populeuses car il faut toujours penser au calorifugeage, moins il y aura de déperdition et mieux ce sera.

Partition en position 10

Traitement contre varroa. Phase très importante, il est grand temps de faire le traitement et surtout il est indispensable pour la survie des colonies.

Lanières Apivar

Mise en hivernage. A partir de maintenant, plus d’intervention sur vos ruches, elles ont bien mérité qu’on les laisse en paix.

Nos abeilles souffrent de beaucoup de maux. Les paramètres que l’on peut maîtriser restent peu nombreux, cependant, l’action de l’apiculteur en début d’automne est déterminante : traitement varroa, compléter si besoin les provisions et mise en place des partitions.

Prochain rendez-vous en novembre. A.L. et K.L.