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AU FIL DES MOIS… AOÛT 2020

Fleur de luzerne

Après une miellée de printemps très honorable sur l’ensemble du secteur manchois, nous rêvions à ce que celle d’été soit du même acabit… Vent de nord-est dominant, peu de pluie et des températures restant en-dessous des normales de saison ont fait que la grande miellée d’été n’a pas été à la hauteur des espérances et s’est terminée cette année assez tôt, vers la mi-juillet. Les ruchers près des bois ou dans les zones humides comme celles les marais ont davantage donné, par rapport à ceux des plaines.

Portière anti frelon

Lorsque sur la planche d’envol les abeilles musardent, c’est le signe que la récolte est terminée… Elle a été correcte pour les colonies qui n’ont pas déserté leurs ruches. Après toute cette activité du lever du jour à la tombée de la nuit, nos avettes vont maintenant se préparer doucement à l’hivernage. L’essaimage tant redouté est maintenant terminé, reste encore quelques petites miellées sur la bruyère, la luzerne et le sarrasin. L’activité se réduit de jour en jour et le calme est revenu.

Les hausses pleines, les corps de ruches bien garnis (ce n’était pas le cas à la mi-juin) vous pouvez commencer la récolte, car plus vous attendrez et plus il vous sera difficile de le faire sans avoir à affronter l’humeur agressive de vos abeilles. De même, une récolte tardive peut compromettre le niveau des réserves de miel de la colonie.

Hausses empilées avec chasse abeilles haut et bas

Les abeilles quittent les hausses par les chasses abeilles

Dès les hausses de miel retirées, pensez à nourrir avec un sirop non dilué s’il est du commerce, 3 à 4 litres par colonie, ou s’il est préparé par vous-même, comptez 5 litres d’eau pour 8 kg de sucre de betterave agrémenté de cinq ou six cuillères de vinaigre de cidre pour acidifier le mélange et rendre le sirop plus assimilable par l’abeille. Il vaut mieux que ce soient les vieilles butineuses qui le stockent et le transforment, parce que cette opération leur demande une grande énergie. Une semaine après ce complément de nourriture, vous pouvez donner la valeur d’un litre de sirop coupé (50-50) pour stimuler la ponte, car plus vos abeilles seront nombreuses et meilleur sera l’hivernage. Surtout nourrissez le soir et soyez particulièrement vigilant au pillage, qui constitue un réel danger, bien souvent sous-estimé, dans nos ruchers.

Cadre nourrisseur en bois

Le traitement contre varroa doit être effectué juste après la récolte : plusieurs médicaments sont proposés pour lutter contre ce fléau, qu’ils soient d’origine naturelle ou de synthèse. Faites-le impérativement, vous diminuerez ainsi la pression de cet acarien, premier responsable de beaucoup de maux. Utilisez des produits homologués, pas de « recette maison », n’oubliez pas que vous consommez et faites consommer les produits de vos ruches, alors faîtes attention !

Varroas

Lanières anti varroas

Les jours diminuent de plus en plus, pratiquement plus de fleurs à butiner, les réserves sont présentes, nos petites protégées peuvent donc se donner un peu de répit en attendant la dernière floraison qu’est le lierre qui débute en général fin septembre.

Rendez-vous maintenant en septembre.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… FEVRIER 2020

Après avoir connu un mois de janvier relativement doux où les chatons des noisetiers sont apparus avant le 15 et de ce fait un début de collecte de pollen, février reste la période la plus froide dans notre région. Mais lorsque le soleil est présent, la température peut dépasser les 13°, ce qui est suffisant pour provoquer des sorties en nombre des butineuses vers les saules et noisetiers en fleurs, signe extérieur que ces dernières vont favoriser la relance de la ponte de la reine, mais avec ce redémarrage de l’activité, les abeilles vont consommer davantage : il faut absolument surveiller les réserves et ne pas hésiter à les compléter en posant un pain de candi.

Abeille qui récolte du pollen de noisetier

Pain de candi maison

En fonction des colonies, l’activité peut être plus ou moins intense, la reine n’est peut-être plus présente, ou trop vieille, d’où l’importance du marquage pour en connaître son âge signalé soit avec une punaise de la couleur de l’année plantée sur la ruche ou un relevé sur la fiche de conduite de chaque ruche…S’il n’y a pas suffisamment d’abeilles pour stimuler sa ponte, il faudra attendre une belle journée à la fin du mois ou en mars pour ouvrir et établir un vrai diagnostic et stimuler au sirop tiédi à 35° si cela en vaut la peine.

Déposez des langes graissés sur le plateau de quelques ruches pour voir si le traitement anti-varroas fait à l’automne et celui éventuellement réalisé à l’acide oxalique du début d’hiver ont été suffisants ; faites un comptage et au-delà de 2 varroas/jour, il faudra penser à refaire un traitement.

Varroas sur langes

Si aucune abeille ne sort de la ruche par beau temps, il y a de fortes chances que la colonie soit morte, vous pouvez alors l’ouvrir, retirer les cadres, les fondre pour récupérer la cire qui ne devra pas servir à la confection de cire gaufrée (risque de maladie ou de pollution). En profiter pour ramener tous les éléments vides à l’atelier et nettoyer, gratter, passer au chalumeau, désinfecter tous les éléments où les abeilles ont pu passer.

Nettoyage du matériel à la flamme

Fondre les cadres

Si vous constatez des mortalités importantes, n’hésitez pas à le signaler à la DDPP. Il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante : ddpp@manche.gouv.fr N’oubliez pas d’indiquer votre numéro d’apiculteur (NAPI).

Un constat cette année : des apiculteurs ont perdu des colonies en nombre, avec de la nourriture en quantité ; après discussions avec certains, il s’avère que le traitement anti-varroa a été mal fait ou pas fait du tout. C’est malheureusement le prix à payer pour celui qui néglige le traitement ou qui n’a pas pris suffisamment d’informations sur le sujet. Bien sûr, les causes de mortalité de nos abeilles sont nombreuses, toutefois le varroa est cité dans toutes les études comme un facteur déterminant.

C’est le moment également de passer en revue tout le matériel et faire une remise en état des cadres, ruches et ruchettes, pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. Préparez et cirez vos cadres, faites des partitions en nombre car nous en avons toujours besoin.

Partition en position 10

Cirer un cadre

Pensez également à déposer dès maintenant des pièges pour capturer des fondatrices frelons asiatiques, car même si 2019 a vu une nette baisse des nids, il y en a quand même eu 2000 de détruits ; nombre de nids n’ont pas été découverts et de jeunes reines sont actuellement en hivernage… Un premier frelon a été vu début janvier et un autre le 20 sur la région saint-loise. Soyons vigilants.

Quelques frelons asiatiques piégés.

Rendez-vous en mars. A.L. et K.L.


Février 2019 : sur un rucher d’une quinzaine de colonies comptant près de 60% de pertes, des nymphes (abeilles allant naître dans quelques jours) ont été prélevées dans des cadres de colonies mortes et observées à la loupe binoculaire. Sur 95% d’entre elles, les ailes étaient complètement atrophiées, signe immanquable d’une très forte infestation varroa (photo Karl Legeay).