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AU FIL DES MOIS… JUIN 2019

Malgré le mauvais temps pendant la période dite « des saints de glace », les colonies qui étaient prêtes ont fait une récolte honorable, sûrement sur les colzas que nous commençons à avoir dans notre département, mais également sur les saules, pissenlits et érables… Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Le goût est peu prononcé voire neutre, c’est un miel facilement tartinable, mais attention à la cristallisation, il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte.

Un vent dominant nord nord-est a fait que le nectar a été peu présent en cette fin du mois de mai, et nous sommes au début de la période creuse, voire de disette où les fleurs de tilleul, châtaignier, trèfle blanc, ronce pointent mais ne sont pas encore ouvertes. Nous aurons à attendre encore une dizaine de jours avant la miellée d’été qui débute chez nous aux alentours du 10 juin. Les colonies sont prêtes, au summum de leur activité, avec leurs milliers d’abeilles, environ 70000 à cette période ; le pic de l’essaimage est passé, alors patience… surveillez bien vos essaims artificiels, ils peuvent manquer de nourriture.

Pour la petite information, saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années peut correspondre à 1 hectare de trèfle blanc, d’où l’utilité de planter également des arbres mellifères.

Fleurs d’Eleagnus angustifolia (Olivier de Bohème)

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux, la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

A partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain refroidisse.

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative (sans résultat probant signifierait que ni l’une ni l’autre ne donne satisfaction). En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol. Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa, avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-là, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse. Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2020 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près.

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… AVRIL 2019

Après une deuxième quinzaine de mars plutôt agréable avec des températures printanières, les colonies ont pu profiter de cette météo pour se développer. Les réserves s’épuisent petit à petit, la ponte augmente, le couvain prend de plus en plus de place, il va être temps maintenant de faire une bonne visite de printemps par une température d’au moins 16° et en l’absence de vent et mettre des cadres cirés à construire ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, de les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 19 pour cette année, ainsi le renouvellement se fera plus aisément, il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Cadre de couvain operculé

La colonie croît rapidement, les naissances se font de plus en plus nombreuses, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles. Il faudra également penser à préparer les hausses,.. car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps et l’an dernier, en certains endroits, cette récolte a été presque aussi bonne que celle d’été.

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies, attention, s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie prépare déjà l’essaimage.

Abeille et faux bourdon

Nous l’avons déjà vu lors des cours du rucher-école, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.

Nettoyeuse

  • Ensuite viendra le stade de nourrice pendant une dizaine de jours, elle secrétera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, les jeunes larves et bien sûr nourrir la reine. Egalement pendant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, à maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.

  • Après ce stade de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?

  • Un nouveau statut lui est maintenant défini, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.

Ventileuses

  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche, elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Rendez-vous maintenant en mai. A.L.et K.L.

AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2018

Les abeilles massées sur le devant de la ruche essayent de faire barrage au frelon asiatique

Dans notre département, la récolte est terminée, à part peut-être quelques apiculteurs qui veulent faire un peu de miel de bruyère callune, ou de sarrasin, mais en règle générale, tout est fini. Bien sûr, après la récolte, vous n’avez pas omis de faire un traitement anti-varroas, nous en avons déjà parlé le mois dernier.

Le frelon asiatique : nouveau fléau, a déjà fait son apparition dès le début du mois d’août sur certains ruchers, il est présent de manière constante, quelques colonies lui tiennent tête en s’amassant sur la paroi de la ruche, une barrière conséquente l’empêche de prélever les abeilles dans le groupe. Nous l’avons longuement observé, il s’approche, se pose même à quelques centimètres, mais ne prélève pas, redoutant l’attaque en masse… Ce système de défense, commun à d’autres espèces animales, réduit donc la prédation mais, malheureusement, maintient les abeilles à la ruche et il n’y a plus de rentrée de nectar et de pollen. Ces absences de sorties constituent la principale conséquence de la présence du frelon asiatique.

Frelon asiatique qui découpe une abeille

Quelques frelons asiatiques piégés.

Il est temps pour tout un chacun de piéger, même si cela n’endiguera pas le prélèvement, il réduira la pression. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Le stockage des hausses : après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches à la tombée de la nuit, vous pouvez en empiler trois par ruche, au-dessus du couvre-cadre, le trou de nourrissement ouvert, et vous les laissez trois ou quatre jours, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant sur chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaings, une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

On trouve également chez les détaillants apicoles le bacille de Thuringe, ennemi des larves de lépidoptères, utilisable en agriculture biologique.

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes et pour d’autres il faudra leur apporter un complément en sirop non-dilué (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez pas le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps ; d’autres, plus faibles, auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger, la reine la plus vaillante tuera sa rivale et le lendemain ou surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Quoi faire de la cire : il y en a deux sortes, celle des cadres réformés qui seront fondus à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2018, cela a bien fonctionné) elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Le gaufrier, en prêt par La Manche Apicole, commence à avoir des adeptes.

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

Le chasse-abeilles : comment bien l’utiliser ?

La récolte du miel est aujourd’hui d’actualité, après avoir vérifié que les cadres des hausses soient bien operculés, il va être temps maintenant de penser à le récolter. Plusieurs techniques existent :

  • Le cadre par cadre : vous enlevez les abeilles à l’aide d’une balayette, d’une plume d’oie ou d’une branche avec feuilles, procédé assez fastidieux surtout lorsque vous avez plusieurs hausses à récolter,
  • Le souffleur à feuilles : cette technique est surtout utilisée par les professionnels pour un gain de temps ; les hausses, posées à champ sur les corps de ruches sont soufflées et les centaines d’abeilles sont ainsi chassées des cadres,
  • Le chasse-abeilles : différents modèles existent dans le commerce, mais ils sont fabriqués sur le même principe et leur efficacité n’est plus à démontrer ; un système de chicanes permet à l’abeille de sortir des hausses sans pouvoir y rentrer.

Abeilles trouvant le chemin de la sortie

Au moment de la récolte, vous disposez d’un chasse-abeilles par ruche et vous les installez le soir, la nuit les abeilles retourneront dans le corps et le lendemain matin, vous pourrez récolter les hausses sans perturber les colonies ; un gros avantage : pratiquement pas ou pas du tout de fumée dans les hausses, ce qui garantit un miel sans goût et odeur exogènes.

Hausse après le retrait du chasse-abeilles

Le fait de poser des chasse-abeilles diminue le phénomène d’excitation lors du retrait des hausses ; moins d’abeilles dans le véhicule et dans la miellerie, mais le chasse-abeilles ne peut être efficace que si vous travaillez avec des grilles à reine car s’il y a du couvain, les abeilles ne descendront pas.

Hausses empilées

La technique du multi-hausses : une autre technique consiste à mettre sur un support un chasse-abeilles et vous empilez jusqu’à 5, 6 ou 7 hausses de ruches différentes que vous coiffez d’un autre chasse-abeilles en veillant à ce qu’ils soient posés dans le bon sens…

Très important, vous profitez d’une journée ensoleillée, en plein après-midi, il ne faudra que quelques heures pour que toutes les abeilles retournent à leur emplacement initial. A.L.