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Formation « cire »

Le 15 décembre dernier, les élèves des ruchers-écoles étaient invités à participer à une formation « cire ». Après un cours théorique, rappelant quelques généralités (origine, composition) sur cette « substance » d’une importance capitale en apiculture, nous avons fabriqué des sujets et des bougies. Ensuite, pour la première fois, nous avons réalisé un atelier « gaufrage », grâce au gaufrier récemment acquis par notre association.

Nous avons pu fabriquer une quarantaine de sujets et de bougies, vendus aux élèves au bénéfice de La Manche Apicole. C’est une opération assez longue, qui demande quelques connaissances ainsi que du matériel. L’obtention d’une cire de qualité, sans impuretés et d’une belle couleur, demeure assez délicate (la cire la plus « belle » étant obtenue grâce au cérificateur solaire), le moulage, quant à lui, ne pose pas de difficultés particulières (il faut toutefois signaler que les moules en silicone qui sont les plus pratiques sont également assez coûteux). Il est important de souligner que la fonte de la cire doit être réalisée au bain-marie, en s’entourant de précautions car la cire constitue un matériau très inflammable.

La cire fondue, bien décantée, est versée dans les moules.

 

Après démoulage…

Vous trouverez en détail les différentes étapes grâce au PDF mis en ligne.

PDF : Cours cire-bougies

La démonstration de gaufrage constituait pour beaucoup une découverte. L’installation du gaufrier et le raccordement à un robinet pour assurer le refroidissement ne posent pas de difficultés particulières. En revanche, il faut un certain « doigté » pour le gaufrage, en particulier pour le prélèvement de la cire et son étalement, mais ces gestes peuvent s’acquérir rapidement, comme les élèves ont pu le constater.

La confection, par l’apiculteur, de ses propres feuilles de cire gaufrée, nous paraît être une technique très intéressante. Ceux qui le pratiquent depuis quelques années ont déjà pu remarquer une très bonne acceptation de cette cire et il y a également une économie possible. Bien sûr, la cire réservée à cet usage doit provenir exclusivement des opercules.

La louche de cire est étalée

Cette formation a réuni une quinzaine de personnes et s’est déroulée tout au long de la journée. Nous avons pu déjeuner ensemble et, comme c’est souvent (toujours) le cas chez les apiculteurs, nous avons pu partager les préparations de chacun.

Nous avons également réalisé un petit film qui « suivra » le gaufrier, afin que chacun puisse s’initier à son fonctionnement dans les meilleures conditions.

Une bien belle journée, mêlant convivialité, découverte et réalisations concrètes !

Texte de K L

Photos d’A C

AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2018

Les abeilles massées sur le devant de la ruche essayent de faire barrage au frelon asiatique

Dans notre département, la récolte est terminée, à part peut-être quelques apiculteurs qui veulent faire un peu de miel de bruyère callune, ou de sarrasin, mais en règle générale, tout est fini. Bien sûr, après la récolte, vous n’avez pas omis de faire un traitement anti-varroas, nous en avons déjà parlé le mois dernier.

Le frelon asiatique : nouveau fléau, a déjà fait son apparition dès le début du mois d’août sur certains ruchers, il est présent de manière constante, quelques colonies lui tiennent tête en s’amassant sur la paroi de la ruche, une barrière conséquente l’empêche de prélever les abeilles dans le groupe. Nous l’avons longuement observé, il s’approche, se pose même à quelques centimètres, mais ne prélève pas, redoutant l’attaque en masse… Ce système de défense, commun à d’autres espèces animales, réduit donc la prédation mais, malheureusement, maintient les abeilles à la ruche et il n’y a plus de rentrée de nectar et de pollen. Ces absences de sorties constituent la principale conséquence de la présence du frelon asiatique.

Frelon asiatique qui découpe une abeille

Quelques frelons asiatiques piégés.

Il est temps pour tout un chacun de piéger, même si cela n’endiguera pas le prélèvement, il réduira la pression. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Le stockage des hausses : après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches à la tombée de la nuit, vous pouvez en empiler trois par ruche, au-dessus du couvre-cadre, le trou de nourrissement ouvert, et vous les laissez trois ou quatre jours, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant sur chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaings, une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

On trouve également chez les détaillants apicoles le bacille de Thuringe, ennemi des larves de lépidoptères, utilisable en agriculture biologique.

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes et pour d’autres il faudra leur apporter un complément en sirop non-dilué (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez pas le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps ; d’autres, plus faibles, auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger, la reine la plus vaillante tuera sa rivale et le lendemain ou surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Quoi faire de la cire : il y en a deux sortes, celle des cadres réformés qui seront fondus à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2018, cela a bien fonctionné) elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Le gaufrier, en prêt par La Manche Apicole, commence à avoir des adeptes.

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.