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AU FIL DES MOIS… NOVEMBRE et DÉCEMBRE 2019

La météo très pluvieuse du mois d’octobre n’a pas généré de gros travaux au rucher mais a permis au lierre de fournir les dernières arrivées de nectar et pollen si précieuses pour redémarrer la ponte, car ce sont les abeilles qui passeront de nombreux mois dans la ruche qui naissent en ce moment. Plus que quelques jours avant cette trêve hivernale et nous allons attendre maintenant le mois de janvier pour voir l’éclosion des chatons de noisetiers, signe de la reprise de l’élevage.

Récolte de pollen sur un chaton de noisetier

Le frelon asiatique, peu présent cette année sur l’ensemble du département, a permis à nos colonies, dans la plupart des cas, de vivre sans stress. Ceci a facilité la mise en hivernage, le sirop a pu être distribué avec parcimonie, car certaines colonies ont pu faire un stock dépassant les 15-18 kg de provisions pour passer l’hiver dans de bonnes conditions.

Traitement varroa. Si les techniques utilisées pour lutter contre varroa diffèrent, les traitements doivent être réalisés, et rappelons que plus il est fait tôt après la miellée et meilleur sera le résultat. Si vous utilisez Apivar ou des lanières d’une autre marque, pensez à les retirer, car si 12 semaines de traitement sont conseillées (sauf pour l’Apitraz, où il est conseillé de ne le laisser que 6 semaines) il ne faut surtout pas les laisser tout l’hiver car il y a un risque de pollution des cires et d’accoutumance pour les varroas à la matière active ; profitez d’une belle journée pour ouvrir et les retirer. Par ailleurs, il faut toujours manipuler les lanières avec des gants.

Isolation des ruches. Dans la nature, l’abeille se satisfait de l’endroit qu’elle a trouvé pour s’installer, mais vous pouvez vous rassurer en déposant au-dessus du couvre-cadres une plaque isolante ou tout simplement deux journaux, ce n’est pas cher et efficace mais si le toit n’est pas parfaitement étanche, vous risquez une infiltration d’eau et avoir de l’humidité. Il existe dans le commerce des mousses isolantes, type Apifoam, qui sont très recommandables.

Entretien du rucher. C’est la période où vous allez pouvoir élaguer si nécessaire l’environnement de votre rucher, rajouter des plots si vous souhaitez l’agrandir, passer un dernier coup de tondeuse ou de débroussailleuse pour être prêt pour le printemps.

Commande de matériel. Réfléchissez déjà à vos achats, ne vous y prenez pas au dernier moment car les fournisseurs ont du mal à fournir en pleine saison apicole. L’hiver, on peut également trouver du matériel d’occasion. Pour les ruches et les ruchettes, le temps de séchage peut être long avec certaines peintures, il est donc intéressant de les acquérir dès le début de l’année.

Réservation des essaims. Ils sont malheureusement très difficiles à obtenir dans notre département. Là aussi, si vous en avez besoin, il faut réserver ses essaims le plus tôt possible ; ce sera trop tard quand les beaux jours reviendront.

N’hésitez pas à passer une fois par semaine sur votre rucher, pour s’assurer que tout est en bon ordre.

Participez aux réunions organisées par les organisations apicoles (Manche Apicole et GDSA) : vous y apprendrez et rencontrerez des apiculteurs proches de chez vous.

Passez de joyeuses fêtes de fin d’année et rendez-vous maintenant en janvier.

A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2019

Fleurs de luzerne

Avec la première quinzaine d’août chaotique sur le plan météorologique, les récoltes sont terminées, à part peut-être pour certains quelques ruches mises sur le sarrasin, la luzerne ou sur la bruyère callune, mais en règle générale, tout est fini et bien sûr le traitement anti-varroas a été effectué, nous en avons déjà parlé le mois dernier.

Le frelon asiatique : cette année, pour l’instant, nous l’avons très peu vu et pensons qu’il perturbera moins nos colonies que l’an passé. La nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Vous pouvez quand même piéger sur les ruchers où il est présent, même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles mais réduira la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Quelques frelons asiatiques piégés.

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches. À la tombée de la nuit, vous pouvez en empiler trois par ruche, au-dessus du couvre-cadre, le trou de nourrissement ouvert, et vous les laissez trois ou quatre jours, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant sur chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support type parpaings, une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

On trouve également chez les détaillants apicoles le bacille de Thuringe, ennemi des larves de lépidoptères, utilisable en agriculture biologique.

Hausses préparées pour la prochaine saison

Cadres infestés de fausse teigne

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité de vos colonies dans la gestion des provisions, certaines seront conséquentes et pour d’autres il faudra leur apporter un complément en sirop non-dilué (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

Pillage dans une ruchette

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

Cadre nourrisseur en bois

Construction sauvage dans le nourrisseur

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, beaucoup auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition en position 10

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2019, cela a bien fonctionné). Elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Cadres à réformer

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

La louche de cire est étalée

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

Un livre consacré au frelon asiatique

Sortie prochaine (septembre-octobre) du livre du Dr ERIC DARROUZET consacré au frelon asiatique aux éditions du SNA (Syndicat National d’Apiculture): « Le frelon asiatique, un redoutable prédateur ».
Celui-ci fait le bilan des connaissances sur la biologie et l’écologie de ce frelon, il présente les outils de lutte actuels et prochains et se termine en donnant de nombreux conseils.
L’ouvrage fait 206 pages avec des textes accessibles au plus grand nombre, avec une riche iconographie de plus de 200 photos, schémas et cartes.
Le conseil départemental de la Manche est cité dans la partie remerciements de l’ouvrage.
Fiche de présentation de l’ouvrage avec son sommaire : Livre frelon asiatique Dr Darrouzet
Dr Eric Darrouzet
Université de Tours, Faculté des Sciences
Parc de Grandmont
37200 Tours, France
Pré-commande
Envoyez votre règlement par chèque
5 rue de Copenhague – 75008 Paris
ou par CB sur le site internet du SNA
www.snapiculture.com
AC

Premiers nids primaires de frelons asiatiques

Les premiers nids primaires de cette espèce sont signalés dans notre département. Ils sont situés dans des endroits abrités et, souvent, près des habitations. Rappelons que ce nid primaire ne comprend que peu d’individus et sera rapidement abandonné par la fondatrice qui le quittera, accompagnée d’ouvrières, pour fonder le nid secondaire.

N’hésitez pas à inspecter les bâtiments auxquels vous avez accès (dépendances, abris de jardins, greniers…) pour les détecter et incitez votre entourage à le faire.

Le signalement, conformément au plan de lutte existant dans la Manche en partenariat avec la FDGDON, doit être effectué en mairie.

Ce nid primaire avait la taille d’une balle de ping-pong et était situé dans un abri de jardin. Photo prise le 3 avril 2019 à Bourgvallées (centre-Manche)

Texte et photo KL

Pétition en ligne contre le frelon asiatique

Le syndicat national d’apiculture (SNA) vient de mettre en ligne une pétition afin de faire pression auprès de nos responsables politiques sur ce nouveau fléau qu’est le frelon asiatique. Si vous désirez signer cette pétition, suivez les indications du lien ci-dessous. Merci pour votre participation active.

« Halte au frelon asiatique ».https://www.snapiculture.com/petition-frelon/

A.L.

 

Lutte contre le frelon asiatique. Etudes menées par l’ITSAP

Évaluation du piégeage des reines fondatrices au printemps.

Une étude est menée depuis plus de 2 ans maintenant sur trois départements – le Morbihan, la Vendée et les Pyrénées-Atlantiques par une équipe de l’ITSAP (Institut de l’abeille).

Développement d’une méthode de destruction des nids par des appâts empoisonnés.

A lire sur le blog de l’ITSAP :

http://blog-itsap.fr/lutte-contre-frelon-asiatique-litsap-mene-deux-etudes/