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AU FIL DES MOIS… JUILLET 2019

Après avoir connu trois semaines de réelle disette où même les corps de ruche étaient secs, nos butineuses vivaient au jour le jour en attendant la miellée d’été qui a réellement débuté le 17 juin. Nous connaissons, sur le plan météorologique, une période assez chaotique, avec à partir du 24 juin, une période caniculaire qui donne bien sûr de la chaleur mais également qui peut roussir les fleurs de trèfle et de ronce.

Les essaims étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pas pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Maintenant, la miellée bat son plein, les nombreuses butineuses sont aux champs et travaillent sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit lorsque la température le permet. Les ventileuses ne chôment pas, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de reproduction touche à sa fin et les essaimages se raréfient.

Constitution d’un essaim artificiel

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte, n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2019 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Ventileuses

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire, le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ? Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir. Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 15-20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

AU FIL DES MOIS… JUIN 2019

Malgré le mauvais temps pendant la période dite « des saints de glace », les colonies qui étaient prêtes ont fait une récolte honorable, sûrement sur les colzas que nous commençons à avoir dans notre département, mais également sur les saules, pissenlits et érables… Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Le goût est peu prononcé voire neutre, c’est un miel facilement tartinable, mais attention à la cristallisation, il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte.

Un vent dominant nord nord-est a fait que le nectar a été peu présent en cette fin du mois de mai, et nous sommes au début de la période creuse, voire de disette où les fleurs de tilleul, châtaignier, trèfle blanc, ronce pointent mais ne sont pas encore ouvertes. Nous aurons à attendre encore une dizaine de jours avant la miellée d’été qui débute chez nous aux alentours du 10 juin. Les colonies sont prêtes, au summum de leur activité, avec leurs milliers d’abeilles, environ 70000 à cette période ; le pic de l’essaimage est passé, alors patience… surveillez bien vos essaims artificiels, ils peuvent manquer de nourriture.

Pour la petite information, saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années peut correspondre à 1 hectare de trèfle blanc, d’où l’utilité de planter également des arbres mellifères.

Fleurs d’Eleagnus angustifolia (Olivier de Bohème)

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux, la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

A partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain refroidisse.

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative (sans résultat probant signifierait que ni l’une ni l’autre ne donne satisfaction). En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol. Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa, avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-là, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse. Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2020 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près.

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.