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AU FIL DES MOIS… JUILLET 2020

Comme chaque année, après avoir connu quelques jours de disette, c’est aux alentours du 10 juin que la miellée d’été a réellement débuté. Quelques pluies orageuses ont permis au trèfle blanc de fleurir et de faire monter le nectar dans les ronces ; la deuxième quinzaine de juin a connu des jours d’intense miellée. Par ces journées très chaudes, même si les essaimages se raréfient, certains ont encore eu lieu, anéantissant le travail de l’apiculteur, mais c’est la loi de la nature, où l’homme peut intervenir, mais ne reste pas maître de la situation.

Très gros essaim

Les essaims faits par division étaient à surveiller car, par manque de nourriture, ils n’ont pu se développer et quelques pillages ont pu être constatés. Maintenant, la miellée bat son plein, et si la météo est clémente avec suffisamment d’humidité, les nombreuses butineuses sont aux champs et travaillent sans relâche du lever du jour à la tombée de la nuit lorsque la température le permet. Les ventileuses ne chôment pas, les faux bourdons sortent également à la recherche d’une reine non fécondée, mais, pour eux, les jours sont comptés, la saison de reproduction touche à sa fin.

Vous pouvez encore faire quelques essaims en ne prenant que des cadres avec du couvain ouvert qui ne pénaliseront pas la miellée en cours et n’affaibliront pas trop les colonies. En règle générale, les essaims faits à cette période essaiment peu la saison suivante car les reines débutant tardivement leur ponte, n’ont pas encore une année de ponte derrière elles. La prévention de l’essaimage aura été en 2020 (comme chaque année) une préoccupation majeure pour l’apiculteur et nous aurons connu des essaimages en assez grand nombre en juin.

Faire un essaim artificiel

Ce n’est plus le moment de mettre des cires à construire, le nombre de cirières a considérablement diminué et vous n’aurez plus de cadres bien bâtis ! Concentrez-vous sur la surveillance du remplissage des hausses ; en cas de chaleur humide, le nectar rentre à flot et une petite semaine suffit généralement pour les remplir, sachez que par une belle journée, ce sont plus de 10 litres de nectar qui peuvent rentrer sur les colonies les plus fortes… Allez le soir visiter votre rucher, vous sentirez des odeurs bien caractéristiques d’une miellée qui se déroule dans les meilleures conditions et vous observerez les ventileuses battre des ailes afin de créer un courant d’air pour assécher le nectar. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas ! Vous pouvez retirer des cadres operculés pour les extraire et dans la foulée les remettre vides, le dynamisme que cela engendre incite nos petites protégées à les remplir à nouveau… Dans tous les cas, ces cadres odorants seront remis à la ruche à la tombée de la nuit pour éviter le pillage (un mal souvent sous-estimé).

Ventileuses

Encore et toujours, surveillez les remérages. Dans les colonies où vous ne constatez pas de ponte, introduisez des cadres comprenant des œufs ou des très jeunes larves afin que les abeilles puissent élever une reine si elles devaient ne plus en avoir.

À partir du solstice d’été, la reine réduit considérablement sa ponte et plus on avancera dans le mois et moins les butineuses seront nombreuses. Après le 15-20 juillet, la grande miellée sera presque terminée. Pour ceux qui ont des ruches sur les bruyères de la lande de Lessay, des falaises de Champeaux, les landes de la Hague ou des emplacements à proximité de champs de sarrasin, la miellée pourra se poursuivre un peu mais l’essentiel aura déjà été récolté.

Préparons maintenant la miellerie pour accueillir les hausses et récolter le miel, récompense de tous nos efforts (le local doit être propre et sec).

Au mois prochain. A.L. et K.L.

 

AU FIL DES MOIS… JUIN 2020

Cette année encore, les « saints de glace » n’ont pas failli à leur réputation : un vent de nord-est et des températures relativement basses ont prédominé pendant cette période. Une fois de plus, il y a eu une récolte de printemps, et pas des moindres pour certains apiculteurs car les colonies étaient bien développées. Peu de colza mais pissenlits, saules, érables et aubépines ont donné ce nectar qui emplit les hausses. Après avoir enlevé uniquement les cadres operculés et remplacé ces derniers par des cadres vides cirés ou juste avec une amorce de cire, le miel extrait, de texture très fine est caractéristique de par sa cristallisation rapide, due au pourcentage élevé de glucose présent dans les miels de printemps. Un goût de caramel blond ressort de ces récoltes printanières pour ceux qui n’ont pas eu de colza avec, pour ce dernier, un goût peu prononcé voire neutre, c’est un miel facilement tartinable, mais attention à la cristallisation : il faut le mettre en pots dans les deux à trois jours qui suivent sa récolte.

Cadre de hausse operculé

Un beau temps presque anormal en cette fin du mois de mai, et nous sommes au début de la période creuse, voire de disette (à part les ruches des villes) où les fleurs de tilleul, châtaignier, trèfle blanc, ronce pointent mais ne sont pas encore ouvertes. Nous manquons d’eau pour voir apparaître les trèfles blancs si généreux en nectar. Nous aurons à attendre encore une dizaine de jours avant la miellée d’été qui débute chez nous aux alentours du 10 juin. Les colonies sont prêtes, au summum de leur activité, avec leurs milliers d’abeilles, environ 70000 à cette période ; le pic de l’essaimage est normalement passé, alors patience… surveillez bien vos essaims artificiels, ils peuvent manquer de nourriture.

Cadre nourrisseur en bois

Saviez-vous qu’un arbre en fleurs d’une trentaine d’années a un potentiel énorme en production de nectar, d’où l’utilité de planter également des arbres mellifères pour ceux qui possèdent un peu de terrain.

A voir sur le site de l’itsap la liste des plantes attractives :

https://itsap.asso.fr/outils/acteurs-participer-a-protection-pollinisateurs/

Si vous êtes curieux et disposez de temps, vous pouvez faire des mini-extractions pour avoir des miels de différentes origines florales ; il est vrai que dans la Manche, il est toujours compliqué d’avoir des miels monofloraux, la météo nous joue souvent des tours. N’hésitez pas également à faire construire des cadres de hausse pour toujours avoir de la cire en bel état et essayer de prévenir l’essaimage, moins présent, mais toujours d’actualité.

A partir de mi-juin, un temps ensoleillé, une hygrométrie favorable, des fleurs en abondance et des butineuses en quantité favoriseront le remplissage des hausses ; passez régulièrement sur votre rucher, car en une semaine la hausse peut être pleine et si vous voyez que toutes les conditions sont réunies, vous pouvez mettre deux hausses d’un coup, aucun risque à la saison que le couvain ne refroidisse.

Hausses dans la Hague

La pose de la deuxième hausse : par-dessus ou par-dessous ? Voilà encore une question qui est régulièrement posée mais qui n’a de réponse que pour les apiculteurs convaincus de leurs certitudes. Nous avons essayé les deux méthodes sans aucune différence significative (sans résultat probant signifierait que ni l’une ni l’autre ne donne satisfaction). En tout état de cause, dans le doute, posez une deuxième ou une troisième hausse, cela donnera de la place à la colonie et évitera que les abeilles fassent la barbe sur la planche d’envol.

Une ruche qui déborde

Il faut penser que dans notre région la miellée est courte, donc ne passons pas à côté d’une récolte importante.

Bel essaim

Enruchage d’un essaim

Récupération essaim dans ruchette

Les essaims : vous en avez sûrement récupéré quelques-uns ; n’hésitez pas à les stimuler, ils se développeront rapidement et pour certains vous empliront une hausse. Pensez à les traiter contre le varroa, avant que le couvain ne soit operculé. Un conseil : une quinzaine de jours après sa récupération et après avoir vérifié la ponte sur trois cadres au moins, cherchez la reine et tuez-la, c’est probablement une reine âgée de plus deux ans, et potentiellement essaimeuse . Les abeilles lanceront un élevage royal et pour 2021 vous aurez une colonie dynamique. Comme toujours, le remérage sera à surveiller de très près.

Après ces quelques conseils, place à la miellée qui, espérons-le, sera abondante. Rendez-vous maintenant en juillet.

A.L. et K.L.