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AU FIL DES MOIS… SEPTEMBRE 2020

Floraison de la bruyère dans la Hague

Champ de luzerne

Chaleur, canicule, sécheresse, vent dominant de nord-est : voilà ce que nous retiendrons de cette fin juillet et première quinzaine du mois d’août. Les récoltes sont maintenant terminées, quelques retardataires espèrent encore récolter sur le sarrasin, la luzerne ou la bruyère callune (peu présente dans la Manche). Le traitement anti-varroas a été effectué, les colonies resserrées pour celles qui ne garnissaient pas la totalité du corps de ruche, la visite complète pour vérifier l’état sanitaire réalisée, les portières mises. C’est l’heure maintenant du bilan,

Lanières anti-varroas

Le frelon asiatique : une présence équivalente à celle de 2019, il demeure néanmoins très actif sur certaines zones, comme le granvillais. Espérons qu’il ne perturbera pas trop nos colonies car la nouvelle génération d’abeilles, dites « abeilles d’hiver » va voir le jour et pourra ainsi assurer la pérennité et une bonne préparation à l’hivernage.

Attitude défensive

Vous pouvez quand même piéger sur les ruchers où il est présent, même si cela n’endiguera pas le prélèvement d’abeilles mais réduira la nuisance. Un petit rappel sur l’appât : 1/3 de bière brune, 1/3 de vin blanc et 1/3 de sirop de fruits rouges. Un autre appât qui fonctionne également bien : un mélange d’hydromel et de cidre, également l’eau résiduelle de la fonte des cires.

Quelques frelons asiatiques piégés.

Le stockage des hausses : à effectuer après les avoir fait lécher sur les corps de vos ruches. À la tombée de la nuit, vous pouvez en empiler trois par ruche, au-dessus du couvre-cadres, le trou de nourrissement ouvert, et vous les laissez trois ou quatre jours, pas plus car les abeilles peuvent à nouveau stocker, elles vous les nettoieront et reconstruiront ce qui a été détérioré.

Hausses préparées pour la prochaine saison

Les cadres avec du pollen seront remisés, la propolis grattée et vous pouvez déjà préparer la prochaine saison en laissant sur chaque hausse, un espacement équivalent à deux ou trois cadres qui seront remplacés en début de saison.

Afin de ne pas avoir de mauvaises surprises au printemps en découvrant la cire des cadres mangée par la fausse-teigne, empilez les hausses sur un support (type parpaings) recouvert par une grille à reine, un ensemble d’une dizaine de hausses coiffée d’une autre grille à reine et le tout sous une avancée, ce qui permettra une ventilation de la « colonne » et une effet « cheminée ». Ainsi, les larves de fausse-teigne ne pourront pas se développer. Surtout ne pas les stocker au fond du garage.

Fausse teigne

Dégâts occasionnés par la fausse teigne

Larve de fausse teigne

Cocons de fausse teigne

On trouve également chez les détaillants apicoles le bacille de Thuringe, ennemi des larves de lépidoptères, utilisable en agriculture biologique.

L’état des provisions : vous ne trouverez aucune homogénéité dans la gestion des provisions dans vos colonies, certaines seront conséquentes et pour d’autres il faudra leur apporter un complément en sirop non-dilué (celui du commerce présente un avantage : il est tout prêt et ne dégage aucune odeur, si bien que vous ne risquez que très peu le pillage). Un conseil : il vaut mieux nourrir au sirop car il est plus assimilable que le candi, plus indiqué en période hivernale.

 

 

Nourrisseur plastique dans une hausse vide

 

Cadre nourrisseur en bois

Resserrer ses colonies : c’est une gestion au cas par cas, certaines seront tellement populeuses que vous les laisserez sur les 10 cadres de corps. Cependant, beaucoup auront besoin d’être partitionnées, elles ne passeront que mieux la période hivernale.

Partition en position 10

Le regroupement : deux non-valeurs ne feront jamais une forte colonie… mais vous pouvez tout de même réunir deux petites afin qu’elles puissent passer la période hivernale ; pour cela, attendez le soir et vous superposez les deux ruches séparées de deux feuilles de papier journal (entaillées de quelques coups de couteau) ; la nature fera le reste, les odeurs vont se diffuser, se mélanger et la reine la plus vaillante tuera sa rivale. Le lendemain ou le surlendemain matin, les deux colonies n’en feront plus qu’une.

Le conditionnement du miel : le miel ayant bien décanté (une dizaine de jours), il peut maintenant être mis en pots ; certains apiculteurs l’ensemenceront avec un miel à cristallisation très fine (la plupart des miels de printemps) pour lui donner un aspect plus crémeux et plus agréable en bouche avec sa cristallisation fine.

Que faire de la cire ? Il y en a deux sortes, celle des cadres réformés dite « de corps » qui sera fondue à la chaudière ou un peu plus tôt dans la saison, au cérificateur solaire (en cette année 2020, canicule oblige, cela a bien fonctionné). Elle sera revendue ou échangée chez votre fournisseur de matériel apicole.

Vous avez également de la cire d’opercules, moins abondante, mais d’une grande pureté, il faut l’isoler et la conserver sur plusieurs années en fonction du nombre de ruches dont vous disposez, et ensuite la recycler, La Manche Apicole prête à ses adhérents un gaufrier à cire à refroidissement par eau, le meilleur moyen pour utiliser ses propres cires, les abeilles vous le rendront bien.

La louche de cire est étalée

Prochain rendez-vous en octobre. A.L. et K.L.

 

Produire des feuilles de cire gaufrée plus souples

Nous avons la chance de posséder, au sein de notre syndicat La Manche Apicole, trois gaufriers à refroidissement à eau répartis par zone géographique sur l’ensemble du département auxquels chaque adhérent peut avoir accès gratuitement

La fabrication de ses propres feuilles de cire gaufrée, à partir des cires d’opercules, est très recommandable : elle permet de faire des économies non négligeables et il est facile de constater que ces cires sont acceptées plus rapidement et plus facilement par nos abeilles que celles « du commerce ».

Cependant, ce procédé aboutit assez souvent à la production de feuilles de cire manquant de souplesse et assez cassantes. Ce léger défaut n’est toutefois pas très gênant car il suffit de mettre les cires dans un local assez chaud afin de les manipuler plus facilement.

Suite à la rencontre d’apiculteurs en Picardie, nous (moi-même et Alain Lesclavec) avons pu échanger sur de nombreux sujets techniques, dont le gaufrage « maison ». Nos amis picards nous ont fait part de la possibilité d’utiliser de l’huile de colza afin d’assouplir les feuilles de cire gaufrée, sans toutefois en préciser le dosage.

Je n’ai rien trouvé sur Internet concernant cette utilisation lors du gaufrage. En revanche :

  • j’ai pu constater que les huiles végétales sont utilisées massivement pour la production de cires et de baumes auxquels elles confèrent de la souplesse1 ;

  • notre trésorier-adjoint, Antoine Chapron, a pu observer sur un site Internet2 que certains emballages à la cire d’abeille, les « bee’s wraps », contiennent des huiles de jojoba également pour apporter une texture plus souple.

J’ai pu réaliser, en ce début du mois de novembre, quelques essais et voici les conclusions que j’en tire :

  • l’assouplissement me paraît réel, même après refroidissement complet (voir photo) ;

  • la dose d’une cuillère et demi à soupe d’huile de colza par kilogramme de cire m’a donné satisfaction. Il faut les ajouter lorsque la cire est liquéfiée puis remuer ensuite (la température doit être comprise être 70 et 75 degrés).

Il faut avoir pesé la cire au préalable pour connaître la quantité d’huile à ajouter.

À cette dose, cela représente environ 20 grammes d’huile de colza par kilogramme de cire, donc une quantité assez faible (utilisez de l’huile BIO). Réalisez vos propres essais, il se peut que cette quantité diffère selon les cires, même si je pense qu’il ne faille pas trop augmenter cette proportion, les huiles végétales étant sensibles à l’oxydation et au rancissement.

Après refroidissement complet, j’ai pu constater une amélioration de la souplesse.

Texte et photos Karl LEGEAY

: https://www.aroma-zone.com/info/dossiers-thematiques/les-bougies#les-ingredients-en-detail

: https://www.femmesdaujourdhui.be/cuisine/article/201044/bees-wrap-emballage-cire-abeille

                                                                                                       

L’ITSAP Institut de l’abeille communique :

Actualités sur le blog de l’ITSAP

Avis de l’Anses : reconnaissance du travail de l’Itsap et du réseau des ADA dans l’observatoire des résidus

Un avis de l’Anses a été publié le 5 février relatif à l’évolution de la réglementation liée à l’usage des pesticides visant à protéger les abeilles domestiques et les insectes pollinisateurs sauvages. Il répond à une saisine du ministère chargé de l’agriculture de juin 2018. Il fait suite à un premier avis apporté par l’Anses en mars 2014 destiné à mieux définir le terme « en dehors de la présence des abeilles » des mentions abeille. Dans le cadre de l’avis paru, l’ITSAP a été auditionné le 1er octobre 2018. Nous avons alors rappelé les facteurs environnementaux et climatiques influençant le butinage des abeilles. Nous avons également fait état des résultats de l’observatoire des résidus de pesticides quantifiant les co-expositions des abeilles à des mélanges de résidus d’insecticides, acaricides, fongicides et herbicides. Nous avons détaillé la récente étude de l’UMT Prade qui a révélé que certains de ces mélanges provoquent des effets négatifs sur l’activité de butinage. Finalement nous avons donné notre regard sur les pistes d’évolution des procédures de mise sur le marché des pesticides, en lien avec notre participation au groupe de la Commissions des Essais Biologiques et à notre travail de validation de la méthode de vol de retour à la ruche.
L’avis recommande de modifier la réglementation sur les traitements phytosanitaires en élargissant la restriction d’usage (et la demande de dérogation via les mentions Abeille) sur l’ensemble des produits (incluant les fongicides et herbicides) pendant la floraison ou la production d’exsudats. L’agence réitère son avis déjà exprimé en 2014 sur les traitements nocturnes des produits présentant une mention Abeilles. Elle demande également que les éventuels effets d’une exposition répétée ou sur le comportement soient mesurés. En réponse, le gouvernement annonce la création d’un groupe de travail sur le sujet.

Lire la suite : http://itsap.asso.fr/

Enquête nationale sur les pertes hivernales 2017-2018

A la suite de témoignages d’apiculteurs indiquant un taux de mortalité des colonies anormal durant l’hiver 2017-2018, le ministère chargé de l’Agriculture a réalisé une enquête à l’échelle nationale entre début juillet et fin septembre 2018.

Lire la suite : https://www.plateforme-esa.fr/sites/default/files/ENMHA%202017-2018%20Premiers%20r%C3%A9sultats_2018_10_24.pdf

Construction d’un Indicateur de Référence Ecotoxicologique de la CIRE (CIRE2)

L’ITSAP et l’INRA d’Avignon (UMT PrADE) se sont engagés dans le projet CIRE2 dont l’objectif est de définir des seuils toxicologiques à partir desquels la présence de résidus altère d’une part le développement et la longévité des ouvrières ou des reines et d’autre part la qualité des semences des faux bourdons.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/construction-dun-indicateur-de-reference-ecotoxicologique-de-cire-cire2/

Lutte contre Varroa : détecter au plus tôt pour intervenir efficacement

L’ITSAP-Institut de l’abeille était présent au congrès international d’apiculture et d’apithérapie de Rouen, organisé par le Syndicat National d’Apiculture, avec le Syndicat Apicole de Haute Normandie et l’Association Francophone d’Apithérapie. A cette occasion, l’ITSAP a tenu sur son stand un atelier devant une quarantaine d’apiculteurs.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/lutte-contre-varroa-detecter-plus-tot-intervenir-efficacement/

Résistance des colonies à varroa : la technique pour l’évaluer

Lors du congrès de Rouen, l’ITSAP-Institut de l’abeille, en collaboration avec l’INRA d’Avignon et LABOGENA, a animé un atelier sur la sélection d’abeilles résistantes à varroa.

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/resistance-colonies-a-varroa-technique-levaluer/

Dérogation pour l’approvisionnement en cire AB

Les cires exemptes de traces de résidus chimiques sont rarissimes et presque introuvables sur le marché. Pour favoriser l’approvisionnement en cire des apiculteurs exploitant sous le label AB, un groupe de travail a défini, dans le cadre de conditions dérogatoires, une liste minimale de résidus (acaricides, pesticides) à rechercher…

Lire la suite : http://blog-itsap.fr/derogation-lapprovisionnement-cire-ab/

AC