lutte complémentaire contre le varroa grâce au retrait du couvain de mâles

La très intéressante revue « La Santé de l’Abeille », à deux reprises (numéros 277 et 284, mars-avril 2018), a détaillé une technique de lutte complémentaire contre le varroa, ennemi numéro 1 de nos abeilles.

L’expérimentation a été réalisée dans une exploitation professionnelle, située en Bretagne (Gwénaël Delamarche, Morbihan).

Elle repose sur la faculté qu’a le varroa à parasiter de façon accrue les cellules de mâles. Effectivement, les mâles ou faux-bourdons naissent 24 jours après la ponte (21 jours pour l’ouvrière), le temps d’operculation est plus long, la cellule est plus grande et la larve plus grosse. Ainsi, les scientifiques ont établi que le couvain de mâles était de 6 à 12 fois plus infesté que le couvain d’abeille ouvrière (Fries et al., 1994), d’autres études évoquent une infestation multipliée par 8.

Sur l’exploitation apicole de Mr Delamarche, deux groupes de 200 ruches ont été constituées. Dans l’une, pas de retrait du couvain de mâles et, dans la seconde retrait de celui-ci, suite à l’introduction de cadres aménagés (couvain d’ouvrières dans la partie supérieure et construction libre dans la partie inférieure).

Pour l’année 2016, 3 retraits du couvain de mâles ont été effectués (fin avril, courant mai et mi-juin).

Les résultats de cette expérimentation « plaident » nettement en faveur de cette technique, malgré un surcroît de travail :

  • production de miel supérieure

  • baisse des pertes hivernales

  • production d’une cire de très belle qualité sur ce couvain de mâles retiré.

J’ai mis en place cette technique sur quelques ruches en 2017 et je pense que je vais la généraliser à mes ruchers cette année.

J’utilise tout simplement un cadre de hausse sur lequel je mets une punaise, afin de le repérer facilement. Ce cadre est placé dès le mois d’avril, près du nid à couvain. Le bas du cadre, composé intégralement de cellules de mâles, est récupéré toutes les 3 semaines, jusqu’à la fin du mois de juillet, ce qui représente peu d’interventions.

Au-delà de l’aspect sanitaire, je pense que le fait de laisser les abeilles construire librement la moitié d’un cadre, toutes les 3 semaines, peut aider à réduire l’essaimage.

A noter qu’il s’agit d’une technique complémentaire, qui ne peut en aucun cas se substituer aux traitements suivants la récolte et/ou d’hiver.

Deux semaines après l’introduction de ce cadre de hausse dans le corps, les abeilles ont construit des cellules de mâles juste en-dessous. Ce couvain n’est pas encore operculé en totalité, il devra être retiré une semaine plus tard (photo prise le 7 mai 2018). K.L.

2 réponses
  1. Chapron Antoine dit :

    Bonjour Karl,
    J’ai également appliqué cette technique sur quelques ruches l’an dernier et mis en œuvre sur toutes mes ruches Dadant cette année.
    Je n’ai eu aucune perte hivernale. Ce qui ne veux pas forcement dire que c’est lié. Je ne l’avais pas fait sur toutes.
    Par contre j’utilise la même technique que Gwénaël Delamarche qui a fait l’article, j’ai fabriqué les cadres à mâles en ajoutant juste un tasseau à 1/3.
    Avantage; quand tu sort ton cadre il est bien rigide et n’accroche pas au fond ou sur les côtés et avec un couteau c’est très rapide de le découper.
    Cette année elles ont bâti ce cadre et pondu très rapidement.
    Autre avantage de cette technique, cela permet une évaluation de la force de la colonie par comparaison. Celles qui étaient plus faibles ont mis plus de temps à bâtir et pondre.
    Cela fait quand même beaucoup de cellules de mâles à détruire, mais semble bénéfique pour la colonie.

  2. Legeay Karl dit :

    Bonjour Antoine,
    effectivement, le fait de mettre un tasseau à 1/3 donne plus de place pour la construction de cellules de mâles et évite l’adhésion au corps de ruche (que je n’ai pas connue jusqu’ici avec le cadre de hausse mais qui peut se produire).
    Je vais confectionner quelques cadres de cette façon.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *