AU FIL DES MOIS … JANVIER 2020

Mais que se passe-t-il donc à l’intérieur de la ruche ? Tout apiculteur, novice ou expérimenté, doit bien connaître le « fonctionnement » de ses colonies. Le froid est arrivé dans notre département après un mois de décembre globalement doux qui n’a fait que perturber nos abeilles. Les températures commencent à être négatives, la grappe est maintenant bien formée avec, en son centre, la reine et les provisions autour.

Pendant les mois d’hiver, les abeilles extérieures à la grappe constituent une « couche isolante » alors que celles du centre, en consommant le miel qui est désoperculé au fur et à mesure des besoins, réchauffent la grappe en contractant certains muscles. Attention, il ne faut en aucun cas les déranger, elles assurent leur survie en étant groupées, toute perturbation de la grappe peut mettre la colonie en péril. Lorsque le soleil sera bien présent et les températures un peu plus élevées, elles sortiront rapidement pour vider leur ampoule rectale ; pour ceux qui ont leurs ruches dans leur jardin, attention au linge qui est étendu, il pourrait se trouver maculé de tâches brunâtres…

La théorie voudrait que le couvain ne soit plus du tout présent, c’est donc le moment de faire un traitement complémentaire contre varroa (acteur principal dans la mortalité des colonies), à l’acide oxalique par dégouttement ou par fumigation, mais ATTENTION : protégez-vous en mettant un masque adapté qui protège des vapeurs d’acides organiques. Mettez également des gants et une combinaison car l’acide pénètre dans l’organisme par les pores de la peau ainsi que des lunettes de protection adaptées. Après ces traitements d’hiver, il est très intéressant d’observer les chutes de varroas pour avoir une idée de l’infestation et de l’efficacité du traitement d’été. Il n’est pas rare de constater la chute de plusieurs centaines voire de quelques milliers de ces parasites qui font des ravages dans nos colonies.

Si vous avez bien surveillé cet automne l’état des provisions, vous n’avez pas à vous inquiéter, mais si l’élevage a débuté, leur consommation va nettement augmenter ; n’hésitez pas à soupeser délicatement vos ruches et si vous jugez qu’elles n’ont pas suffisamment de provisions, vous pouvez déposer un demi pain de candi posé sur le trou de nourrissement en ayant pris soin de ne faire qu’un trou d’environ un centimètre pour éviter que le candi ne coule et englue la grappe. Pour ceux qui utilisent des nourrisseurs couvre-cadres, les soulever, posez délicatement le pain de candi ramolli au préalable sur la grappe d’abeilles, en ayant pris soin d’enfumer pour éviter les écrasements, mettre un journal ou une ou deux feuilles d’aluminium ménager pour calorifuger et retourner le nourrisseur (cette opération n’est possible que s’il fait suffisamment doux).

Pain de candi maison

Il semblerait qu’avec cette fin d’automne très clémente, les abeilles aient consommé beaucoup de réserves, il faudra donc être particulièrement vigilant et ne pas hésiter à distribuer du candi. Même si cet apport n’est pas le fruit de la récolte des abeilles, apporter du candi vaut mieux que de laisser une colonie « mourir de faim », c’est à la fois très contrariant et impardonnable…

Si vous voulez déplacer vos ruches de quelques mètres, c’est le moment opportun, après une période d’une dizaine de jours sans sorties, les abeilles ont perdu la mémoire de leur emplacement, et toujours avec précaution, sans choc, posez vos ruches sur leur nouvel endroit.

Faites le point sur le matériel à renouveler et à acheter, ne vous y prenez pas au dernier moment et pensez au temps de séchage des lasures ou autres produits protecteurs (ruches, ruchettes).

Il est temps également de fondre les cadres pour récupérer la cire ; surtout ne pas tout mélanger, faire un tri au préalable afin de différencier celle des corps et celle des opercules. La cire la moins belle servira à fabriquer des bougies ou sera vendue à un artiste sculpteur pour ses moules ou à un ébéniste pour la confection d’encaustique et l’autre pourra, à l’aide du gaufrier mis à disposition par votre syndicat vous permettre de fabriquer vos propres cires gaufrées qui seront d’ailleurs bien mieux acceptées que celles du commerce.

Fondre les cadres

Atelier cire : gaufrer sa cire

Atelier cire : fabriquer des bougies

Pour conclure, disons que l’automne et l’hiver sont les périodes les plus appropriées pour se cultiver et enrichir sa bibliothèque d’ouvrages apicoles ; vous pourrez y puiser de judicieux conseils car il faut reconnaître que le sujet est complexe ! Plus que jamais, il nous faut être informés. Rendez-vous maintenant en février.

Bonne année 2020 à toutes les apicultrices, tous les apiculteurs et toutes les abeilles de la Manche !

A.L. et K.L.

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *