AU FIL DES MOIS… AVRIL 2020

 

Les dix derniers jours de mars plutôt froid avec un vent d’est dominant a conduit nos colonies à rester confinées en attendant des jours meilleurs, mais attention, les premières visites ont pu faire ressortir que les réserves s’épuisent petit à petit, la ponte augmente, le couvain prend de plus en plus de place, il va être temps maintenant de faire une bonne visite de printemps par une température d’au moins 16° et en l’absence de vent. Durant cette visite, il faudra mettre des cadres cirés à construire ou pour ceux qui ont choisi les cadres à jambage, les positionner entre le cadre à pollen et celui du couvain. Pensez à les numéroter, par exemple 20 pour cette année, et lorsqu’ils sont construits et pondus, les replacer au centre du nid à couvain, ainsi leur renouvellement se fera plus aisément. Il faut impérativement faire de la place afin que la ponte puisse garnir une bonne partie des rayons. Un couvain compact et concentrique sera le signe d’une reine prolifique.

Cadre ciré

Numéroter les cadres

Profitez également de ces premières visites pour repérer la reine et la marquer, cela sera plus aisé que d’attendre que les populations soient importantes. Pour le marquage, deux façons de procéder : utiliser le piston pour encager la reine et la marquer avec un stylo type Posca (une encre à l’eau) ou pour les plus habiles, sans gants, vous attrapez la reine entre vos doigts et vous la marquez. Pour les débutants, vous pourrez vous entraîner sur des mâles afin de pouvoir maîtriser la pression sur l’insecte pour ne pas l’écraser…

Marquer la reine

Marquer la reine en bleu cette année

La colonie croît rapidement, les naissances se font de plus en plus nombreuses, il faut impérativement donner du travail à la nouvelle génération d’abeilles. Il faudra également penser à préparer les hausses,.. car depuis quelques années maintenant, nous faisons une récolte de printemps et l’an dernier, en certains endroits, cette récolte a été presque aussi bonne que celle d’été.

Le couvain de mâles commence à apparaître sur certaines colonies mais attention : s’il est trop important, c’est peut-être déjà un message que la colonie se prépare à essaimer.

Abeille et faux-bourdon

Nous l’avons déjà vu lors des cours du rucher-école, mais une petite révision n’est jamais néfaste. Une fois née, l’abeille passe par différents stades :

  • À peine sortie de sa cellule, elle commencera à s’affairer pour la nettoyer, afin que la reine puisse pondre de nouveau, la jeune abeille jouera ce rôle pendant à peu près deux jours.
  • Ensuite viendra le stade « nourrice » pendant une dizaine de jours, elle secrétera, à l’aide de ses glandes hypopharyngiennes la gelée royale qui servira à alimenter pendant les trois premiers jours, toutes les jeunes larves et bien sûr la reine. De même, durant cette période, elle contribuera, car « tout le monde » s’y met durant la nuit, butineuses comprises, à maintenir une chaleur constante, estimée à 35°.

  • Après ces stades de nettoyeuse, couveuse et nourrice, viendra celui de cirière ou maçonne pendant une petite dizaine de jours, Elle produira des petites écailles de cire grâce à des glandes situées sous l’abdomen. Elle s’affairera à réparer et à construire de nouvelles alvéoles. Saviez-vous qu’il faudra à la colonie consommer entre cinq et sept kilos de miel pour fabriquer un kilo de cire ?

  • Un nouveau statut lui est maintenant défini, celui de ventileuse et gardienne. Grâce à ses battements d’ailes, elle maintiendra une température constante, ventilera l’excédent d’humidité et, en se trouvant sur le devant de la porte d’entrée, elle assurera également son rôle de gardienne.

Ventileuses

  • Son dernier rôle, celui de butineuse pendant environ trois semaines. En fonction des conditions environnementales, de la distance à parcourir, de la météo, le stade « butineuse » peut durer beaucoup plus longtemps si les abeilles ne peuvent pas sortir, pour aller chercher le nectar, le pollen, l’eau nécessaire à l’élevage et la propolis pour assainir la ruche. Elle s’épuisera plus ou moins rapidement.

Abeille qui butine une fleur de Pittosporum « Garnettii »

RAPPEL : en cette période si particulière d’épidémie de Covid 19, avant de visiter vos ruchers, munissez-vous impérativement de votre attestation de déplacement dérogatoire, de votre déclaration de ruchers et également de la copie (à télécharger sur le site de La Manche Apicole) de l’autorisation de déplacements pour visites de ruchers en période de confinement.

Rendez-vous maintenant en mai. A.L. et K.L.

 

2 réponses
  1. RENE Patrick dit :

    Bonsoir
    je souhaite faire une division
    méthode éventail.
    Je ne l ai jamais fait.
    combien de temps dois je laisser les 2 ruches ensembles ?
    Faut il les deplacer a plusieurs km ?
    Je me suis inscrit aux cours de st lo .mais cela me semble compromis
    J apprécie beaucoup votre message chaque début de mois
    a plus tard sous des jours meilleurs .cordialement

  2. Karl dit :

    Bonjour,

    la méthode dite « de l’éventail » est réservée aux colonies très fortes qui peuvent ainsi être divisées en 3 ruchettes (voire plus), qui, après répartition des cadres de couvain et de provision, sont disposées en « éventail » à la place de la ruche « souche ». Les butineuses s’y répartissent alors, la ruchette comportant la Reine en recueillera un peu plus. Il faudra ensuite, au fil des jours, écarter les ruchettes d’une vingtaine de centimètres, ou, de façon plus radicale, les amener à plus de 3 km de l’emplacement initial. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas « désertion » dans une ruchette au profit de celle comportant la Reine (cela m’est arrivé).
    Le principe peut très bien être appliqué avec seulement deux ruches comme vous le mentionnez (elles seront obligatoirement partitionnées) mais je pense que le plus simple est la « division » : on répartit de façon équitable les cadres de provision et de couvain et, dès que l’opération est terminée, on amène l’une d’elles à plus de 3 km. Cette dernière sera nourrie pendant plusieurs jours (1 demi-litre de sirop 3 ou 4 fois, à la tombée de la nuit pour éviter le pillage) car elle aura perdu beaucoup de butineuses. Dans l’une des ruches, on aura la Reine qui poursuivra sa ponte et, dans l’autre, les abeilles, se sentant orphelines, édifieront plusieurs cellules royales.
    Quelle que soit la méthode retenue, il faut SURVEILLER le remérage (le fait d’avoir une nouvelle reine en ponte) et, si 4 ou 5 semaines après avoir mené l’opération, on ne constate pas de ponte, il faut introduire un cadre de couvain ouvert comportant des œufs et de très jeunes larves pour que les abeilles puissent de nouveau élever une reine.

    Bien cordialement,
    KL

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.. et on dit quoi à la Reine .?. *